Affaire Polanski : la justice américaine ne renonce pas

Par SO avec agence, le 18 février 2009 à 16h07 , mis à jour le 18 février 2009 à 17h23

Depuis plus de 30 ans, le cinéaste est inculpé pour relation sexuelle avec une mineure. Roman Polanski demande que les poursuites soient abandonnées. La justice américaine vient de rejeter sa demande mais lui laisse une chance de se présenter devant la cour, en suspendant la décision.

Roman Polanski Roman Polanski, le 9 novembre 2005, au Brésil © Abacapress.com
L'affaire Polanski n'est pas terminée. Depuis 1977, le cinéaste Roman Polanski est accusé par la justice américaine d'avoir eu des relation avec une jeune fille de 13 ans. Plus de trois décennies plus tard et alors que la victime lui a pardonné, le cinéaste a demandé que les poursuites qui le visent soient abandonnées. Mais, mardi, lors d'une audience publique en Californie, un juge a rejeté sa requête.

Le juge de Los Angeles Peter Espinoza a toutefois suspendu sa décision jusqu'au 7 mai, afin de donner au cinéaste la possibilité de se présenter en personne devant la Cour. Dans une déclaration favorable au réalisateur de Rosemary's baby, le juge a estimé "qu'il y a eu, apparemment, une faute professionnelle substantielle" de la part du parquet quand l'affaire a éclaté, en 1977. Le juge de l'époque, Laurence J. Rittenbaud, avait juré qu'il aurait la peau de Polanski. C'était d'ailleurs toute l'argumentation des avocats du cinéaste, qui avaient déposé en décembre dernier une demande pour obtenir l'abandon des poursuites contre leur client. Ils affirmaient avoir mis au jour de nouvelles preuves montrant que le réalisateur, aujourd'hui âgé de 75 ans, n'avait pas bénéficié à l'époque d'une procédure pénale équitable. Les défenseurs citaient un film documentaire récent, Roman Polanski: Wanted and desired, qui décrivait "un ensemble de mauvais comportements et de communications entre la Cour et le bureau du procureur, en violation de l'égalité devant la loi".

Dans des conclusions écrites, le juge Espinoza a estimé que Roman Polanski n'a pas le droit d'obtenir satisfaction de ce tribunal tant qu'il reste en "fuite", mais le magistrat a ajouté qu'il "examinerait l'opportunité" d'une demande de rejeter les charges si Roman Polanski revenait dans le comté de Los Angeles. Le magistrat a fixé une nouvelle audience au 7 mai. Le parquet affirme depuis 30 ans qu'une audience ne peut pas avoir lieu en l'absence du cinéaste. Les avocats de ce dernier ont indiqué qu'il était peu probable qu'il revienne aux Etats-Unis, où, considéré comme "criminel en fuite", il court le risque d'être arrêté à son arrivée.

Polanski sous le coup d'un mandat d'arrêt depuis 30 ans

Roman Polanski, né en France de parents polonais, avait plaidé coupable de "relations sexuelles illégales" après avoir été arrêté en 1977 à Los Angeles à la suite de la plainte des parents de Samantha Gailey, une adolescente de 13 ans. Les faits s'étaient déroulés dans la demeure de Jack Nicholson à Hollywood. Selon la police, le réalisateur de Chinatown avait fait consommer de la drogue et de l'alcool à sa victime, avec laquelle il effectuait une séance de photos pour un magazine, avant de coucher avec elle. Mais aux Etats-Unis, même consentis, les rapports sexuels avec un mineurs sont classés sous la catégorie "viol".

Samantah Gailey, aujourd'hui âgée de 44 ans a pardonné depuis longtemps à Polanski. Elle a d'ailleurs déclaré récemment ne pas souhaiter que Polanski "qui n'a pas été traité avec justice, subisse de nouveaux châtiments". Mais bien qu'elle ait obtenu satisfaction au civil, le mandat d'arrêt lancé par le juge Rittenbaund, aujourd'hui décédé, court toujours. Le cinéaste n'a pas remis les pieds depuis plus de 30 ans sur le sol américain, ni pour recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur qui lui a été décerné en 2003 pour Le pianiste, ni pour se recueillir sur la tombe de son épouse Sharon Tate, assassinée par des adeptes du gourou Charles Manson en 1969, alors qu'elle était enceinte de huit mois.

Par SO avec agence le 18 février 2009 à 16:07
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3 Commentaires

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  • Geoffrey75, le 28/09/2009 à 13h04

    Nulle vengeance, nul acharnement mais le seul objectif de rendre une justice et de déferrer devant les tribunaux un inculpé en fuite depuis trente ans accusé de faits d'origine criminelle. Quelle excuse, celle d'être un artiste célèbre?? Voici un bel exemple de l'impartialité de la justice américaine qui poursuit avec persévérance un homme que les bien-pensants s'acharnent a vouloir défendre car celui ci appartient à leur caste supérieure.. SI vous étiez cet homme, les mêmes qui le défendent seraient les premiers à se réjouir de votre arrestation. Intérêt, Cupidité,Malhonnêteté, ces trois mots pour décrire l'oligarchie du pouvoir et des médias... Vive la Justice US

  • Jean, le 27/09/2009 à 16h33

    Il nous semble qu'il s'agisse là d' une vengeance a retardement. Un retour de bàton en somme. La justice Américaine ne semble pas étre meilleure que notre justice. Trente années aprés, cela donne un , drôle d'éffet? Le retard semble étre la cause de la justice. La personne Ne semble pas étre vengeresse, elle. .

  • Nouchka13, le 18/02/2009 à 18h34

    La justice aux USA n'ont pas mieux à faire que de dépenser les deniers publiques en vain pendant tant d'année. Même samantha gailey demande que ça s'arrête.

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