"Cathedral", série "Déluge" (2007) © David LachapelleRihanna accusée de plagier David Lachapelle dans son clip S&M
Les fans de l'extravagant David Lachapelle dénoncent sur internet des similitudes frappantes entre la vidéo de la chanteuse américaine et les mises en scène de certains clichés du célèbre photographe. Les comparatifs, en images, sont ici.
Publié le 08/02/2011
Les photos de David LaChapelle, c'est par ici.
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Une enseigne Burger King git, dans l'eau, éventrée. Un chariot, abandonné, a pris la tasse, destin funeste qui plane sur les habitants de ce Las Vegas dévasté par un déluge biblique. Ces rescapés, on le devine, auparavant gâtés par la nature ou par la richesse, tentent, à moitié nus, de sauver leur peau, s'accrochant à leurs maigres possessions.
Ce cliché Déluge, tiré de la série du même nom en 2006, le photographe David LaChapelle l'a voulu comme une allégorie de la dissolution de l'humanité dans la société moderne, consumériste et décadente, un des thèmes récurrents du travail de cet artiste américain hors normes qui fait l'objet d'une rétrospective à La Monnaie de Paris, jusqu'au 31 mai. Une occasion de découvrir, outre des photos bien connues de célébrités ayant déjà fait l'objet de publication dans des ouvrages des Editions Taschen, par exemple, des œuvres inédites, crées plus récemment, comme cette série Déluge, inspirée de la fresque de Michel-Ange, peinte sur la voute de la chapelle Sixtine, à Rome.
Un artiste populaire
Ainsi, à côté des clichés de stars comme Angelina Jolie, Pamela Anderson, Courtney Love, Naomi Campbell ou Cameron Diaz qui ont fait la renommée sulfureuse de David LaChapelle et de son style extravagant, mêlant à la fois "trashitude" kitsch et glamour déjanté, le visiteur pourra s'abimer dans la contemplation d'une cathédrale noyée par les flots où prient des fidèles à la foi vacillante ou d'un musée englouti dont l'eau renvoie le reflet d'œuvres à jamais abandonnées. Une bonne dose de noirceur, donc, qui, si elle fait particulièrement écho à notre époque tourmentée, n'a jamais été absente de l'imaginaire de l'artiste, malgré ses visions colorées et ses mises en scènes baroques.
David LaChapelle le confiait, lui-même, lors de la conférence de presse d'inauguration de cette rétrospective, jeudi, à Paris: "Exprimer mes angoisses par le biais de mes photos, c'est le moyen de m'en libérer". "Mais je ne communique pas avec l'élite, je veux toucher le grand public", insistait-il, pointant du doigt une installation, dans la grande salle de l'exposition, intitulée Decadence - The Insufficency of all Things Attainable.
Sorte de fresque, en trois dimensions, construite à la manière des décors de théâtre, aux panneaux de carton superposés, cette œuvre se veut un discours didactique "sur l'obsession des possessions matérielles", qui se feuillèterait, du regard, à la manière "d'un livre pour enfants", confie son créateur qui conçoit "l'art, non pas comme un miroir de la société" mais comme une "manière d'apporter des réponses aux questions suscitées par l'exploration du monde qui nous entoure". Une intrigante et tentante invitation à l'édification spirituelle, que l'on aura connue, en maints cas, plus rébarbative...
L'exposition rétrospective de David Lachapelle a lieu à La Monnaie de Paris, du 6 février au 31 mai 2009, 11 quai de Conti, 75006 Paris (plus d'infos sur www.monnaiedeparis.fr/musee).
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