Image d'archives © ABACA
![]() |
| Mauvais scénario pour Polanski |
L'affiche est belle : Costa-Gavras, Wong Kar-Wai, Fanny Ardant, Monica Bellucci, Abderrahmane Sissako, Tony Gatlif, Jean-Jacques Beineix, Bertrand Tavernier... Par le biais d'une pétition, des cinéastes et artistes du monde entier dénoncent "le traquenard policier" que constitue selon eux l'arrestation en Suisse de Roman Polanski et exigent sa "remise en liberté immédiate". "Roman Polanski est un citoyen français, un artiste de renommée internationale, désormais menacé d'être extradé. Cette extradition, si elle intervenait, serait lourde de conséquences et priverait le cinéaste de sa liberté", écrivent les signataires qui concluent : "nous exigeons la remise en liberté immédiate de Roman Polanski".
Le cinéaste franco-polonais de 76 ans a été arrêté samedi sur mandat d'arrêt américain à son arrivée à l'aéroport de Zurich alors qu'il s'apprêtait à participer au Festival du film de Zurich. Il fait l'objet d'une procédure ouverte contre lui par les autorités américaines il y a plus de trente ans pour une affaire de moeurs et n'a pu remettre les pieds sur le sol américain depuis 1978.
Que "ce chapitre se referme"
"Depuis fin 2005, les autorités américaines recherchent activement Roman Polanski partout dans le monde" pour "des actes d'ordre sexuel avec des enfants, notamment un cas de 1977 avec une mineure de 13 ans à Los Angeles", selon le communiqué des autorités judiciaires helvétiques. La justice américaine dispose de 40 jours pour présenter une demande d'extradition officielle. Polanski pourra de son côté contester toute décision auprès du tribunal pénal fédéral, puis du Tribunal fédéral, la plus haute instance judiciaire helvétique. L'avocat suisse de Roman Polanski devait déposer lundi une demande de mise en liberté. "J'espère que nous allons pouvoir mettre un terme très rapidement à cette situation qui me paraît totalement ubuesque", a dit Me Hervé Temime sur France Info.
Selon Hervé Temime, "il est complètement stupéfait de ce qui lui est arrivé, surtout dans la mesure où il vit une partie de l'année en Suisse: il s'y rend depuis trente ans tous les ans très souvent, et il possède un chalet à Gstaad". "Il était choqué, stupéfait, mais il est totalement combatif et déterminé à se défendre, très entouré", a ajouté l'avocat. "C'est à la justice suisse d'apprécier la situation et je suis très serein par rapport à cette décision à venir", a-t-il dit. S'agissant de la possible extradition de Roman Polanski - la demande n'a toujours pas été transmise aux autorités suisses -, Hervé Temime a rappelé que le cinéaste s'y opposait. "Il est très probable que nous prenions une position qui soit contraire à la demande des Etats-Unis, parce que je considère que sur un plan général, la demande des Etats-Unis est contraire à tous les principes les plus fondamentaux de respect des droits des citoyens", a-t-il expliqué.
Arrêté en 1977 à Los Angeles sur plainte des parents de Samantha Geimer, l'adolescente de 13 ans, Polanski avait plaidé coupable de "relations sexuelles illégales" et passé un mois et demi en prison. Fin janvier 1978, menacé de retourner sous les verrous, il avait fui en Europe où il vit depuis. De son côté, Samantha Geimer, aujourd'hui mère de famille de 45 ans, a demandé à la justice américaine d'abandonner les poursuites contre le cinéaste. "J'ai survécu, j'ai même surmonté (cette épreuve) et guéri de tous les maux que M. Polanski a pu m'infliger lorsque j'étais enfant", dit-elle, ajoutant qu'il est temps que "ce chapitre se referme".
"Tout ça n'est pas très joli" |
"Tout ça n'est pas très joli", a déclaré lundi le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sur France Inter. "Avec le ministre des Affaires étrangères polonais, nous avons écrit à Hillary Clinton", a-t-il annoncé. "C'est un peu sinistre cette histoire, franchement un homme d'un tel talent reconnu dans le monde entier, reconnu dans le pays qui l'arrête. Tout ça n'est pas sympathique", a souligné le chef de la diplomatie française. Dimanche, le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, a fait savoir que le président Nicolas Sarkozy suivait ce dossier "avec la plus grande attention" et souhaitait "une résolution rapide de la situation". Pour Frédéric Mitterrand, "de la même manière qu'il y a une Amérique généreuse que nous aimons, il y aussi une certaine Amérique qui fait peur, et c'est cette Amérique-là qui vient de nous présenter son visage". |
(D'après agence)
Pourquoi Polanski est rattrapé par la justice US :
(D'après agence)
Retour MYTF1

Chargement en cours...




