Image d'archives © ABACAPRESSL'arrestation de Roman Polanski a suscité de vives réactions de soutien au réalisateur en France, dont celle du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Elle a en revanche été beaucoup moins commentée aux Etats-Unis, dont aucun responsable ne lui a apporté publiquement son soutien. A quel traitement peut-il donc s'attendre si la justice américaine obtient son extradition ? Le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, a été clair sur ce point : le réalisateur, poursuivi depuis des décennies par la justice américaine pour une affaire de moeurs vieille de 32 ans, sera traité comme n'importe quel citoyen.
Schwarzenegger sauve le monde, dans l'armure de Governator
L'acteur et ex-gouverneur de la Californie a présenté, lundi, à Cannes, The Governator, un dessin animé le mettant en scène en super-héros, en collaboration avec Stan Lee, le célèbre dessinateur de comic books. Les images sont ici.
Publié le 05/04/2011
En sa qualité de gouverneur, Schwarzenegger aurait la possibilité de gracier Roman Polanski, poursuivi pour avoir eu une relation sexuelle illégale avec une mineure de 13 ans et arrêté cette semaine en Suisse après l'émission d'un mandat d'arrêt international. Mais interrogé sur cette possibilité, l'acteur entré en politique et aujourd'hui à la tête de la Californie a répondu sur CNN : "Je ne traiterais pas son cas différemment de celui de n'importe qui d'autre".
"Y a-t-il eu injustice dans cette affaire ?"
Lorsque Roman Polanski a plaidé coupable en 1977 d'avoir eu cette relation illégale, mais aussi d'avoir fait boire du champagne et avaler des sédatifs à l'adolescente, l'accusation a requis sa condamnation à 42 jours de prison, qu'il avait déjà purgés, en vertu d'un accord. Mais le cinéaste, lauréat de l'Oscar du meilleur réalisateur en 2003 pour Le Pianiste, a fui les Etats-Unis l'année suivante parce qu'il redoutait une condamnation plus sévère.
Arnold Schwarzenegger a expliqué qu'il admirait le travail de Roman Polanski mais ajouté que cela ne modifierait pas son regard sur l'affaire. "Peu importe que vous soyez un grand acteur ou un grand réalisateur ou producteur. Je pense que c'est une personne très respectée et j'admire beaucoup son travail", a-t-il dit. Avant de souligner "qu'il faudrait jeter un coup d'oeil à toutes ces allégations, pas seulement les allégations contre lui mais celles relatives à l'affaire. Y'a-t-il eu quelque chose de mal fait ? Y'a-t-il eu injustice dans cette affaire ?"
Les avocats de Roman Polanski ont déjà tenté de faire retirer les charges retenues contre lui pour des motifs de procédure, mais un magistrat de Los Angeles a requis la présence du cinéaste en Californie pour étudier cette demande. Et si les procureurs de Los Angeles obtiennent l'extradition de Roman Polanski, le cinéaste affrontera un système judiciaire qui pourrait traiter l'affaire plus sévèrement qu'il y a 30 ans. Le traitement des crimes sexuels s'est durci aux Etats-Unis depuis les années 70 et l'opinion publique ne semble pas se ranger aujourd'hui du côté du cinéaste. Ce que Stan Goldman, professeur à l'école de droit Loyola de Los Angeles, résume ainsi : "Il pourrait bien ne plus revoir la lumière du jour s'il comparaissait aujourd'hui devant un tribunal. A l'époque, les moeurs étaient un peu plus souples".
D'après agence
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