Couverture du livre "Saint Laurent mauvais garçon" et portrait de son auteur M.-D. Lelièvre © FlammarionL'adieu à Yves Saint Laurent
Le gotha de la mode et le couple Sarkozy ont assisté jeudi aux obsèques du couturier dans une église du centre de Paris.
Publié le 05/06/2008
Le dernier hommage à Yves Saint Laurent
<b> En direct sur LCI.fr</b>-La cérémonie en l'église Saint-Roch à Paris débutera à 15 heures 30 en présence notamment de Nicolas Sarkozy.
Publié le 04/06/2008
Yves Saint Laurent et Pierre Bergé étaient pacsés
Le compagnon dans la vie privée et professionnelle d'Yves Saint Laurent, indique s'être "récemment" pacsé avec le couturier mort dimanche.
Publié le 04/06/2008
Yves Saint Laurent laisse "un sublime héritage"
Nicolas Sarkozy, François Fillon et le monde de la mode rendent hommage au couturier français, mort dimanche.
Publié le 02/06/2008
Mort d'Yves Saint Laurent, le prince de la mode
En 44 ans de création, Yves Saint Laurent a révolutionné la haute couture et la mode. Il est mort dimanche à 71 ans.
Publié le 02/06/2008
Mauvaise chute pour Yves Saint Laurent
Yves Saint Laurent a été victime d'un accident, vendredi, en début d'après-midi, à Paris, à la sortie d'un grand hôtel du VIIIe arrondissement, a-t-on appris auprès des pompiers.
Publié le 06/10/2006
Portrait - Yves-Mathieu Saint-Laurent
Publié le 27/06/2008
Marie-Dominique Lelièvre, journaliste : Ce qui rend le personnage intriguant, ce qui m'a touché, c'est le ressort de sa tristesse. Yves Saint Laurent avait la beauté, le talent, l'argent, la renommée, mais il y avait toujours une tristesse en lui. La grande question est : pourquoi était-il si malheureux? A-t-il toujours été comme cela? Enfant, il était espiègle, joyeux et fonceur. Dans le garage familial, il avait, par exemple, créé une fausse boîte de nuit, où il invitait ses amis. De nombreuses photos d'époque en attestent, son caractère était déconneur et fêtard. Son humeur s'est assombrie, au fil des années.
TF1 News : Comment expliquez-vous cette évolution?
M.-D. L. : Je n'explique rien. Je donne des pistes. Le caractère d'Yves Saint Laurent a évolué à l'adolescence. Elève, il a été victime de brimades à l'école. Son homosexualité le rendait anxieux. Lorsqu'il arrive à Paris, il devient dessinateur chez Christian Dior dont il prendra la succession. A cet instant, il est le Petit Prince chez Dior, maison dont il sera évincé. Ainsi, lorsqu'il est appelé sous les drapeaux, il tombe de haut. Il prend conscience du fait que la mode est un monde instable. Il fait alors sa première dépression. S'ajoutent à cela, la très grande sensibilité de cet artiste mais aussi son histoire familiale, le poids des collections, des responsabilités et d'une jeunesse volée, puisqu'il a commencé à travailler très tôt.
TF1 News : La pression des collections, tous les couturiers ne la vivent-ils pas?
M.-D. L. : Certes. Mais Yves Saint Laurent était celui vers lequel tous les regards se portaient. Il était plus observé que les autres car il était plus jeune. Beaucoup de pression s'exerçait sur ce couturier, constamment sous les feux des sunlights. Il prenait son travail très au sérieux et s'est rendu malade. Il était très émotif, subissant la pression, tant sociale, que celle qu'il s'infligeait à lui-même.
TF1 News : Yves Saint Laurent était un homme timide qui parlait peu. Souffrait-il des contacts avec la presse, notamment pendant les interviews?
M.-D. L. : Yves Saint Laurent donnait assez peu d'interviews. Donc, ce n'est pas tant cela qui l'épuisait que l'angoisse des collections, à l'occasion desquelles il se faisait parfois démolir.
TF1 News : C'était pourtant un homme très entouré. N'était-il pas soutenu par ses collaborateurs et amis?
M.-D. L. : Yves Saint Laurent était, en effet, très entouré. De nombreuses personnes l'ont accompagné dans sa réussite. Mais pour que ses angoisses se dissolvent, il aurait fallu qu'il se confronte au monde. Or, pour s'en protéger, il a créé le cocon ignifugé de la mode. Dans sa maison de couture, en sa présence, il fallait porter des bas noirs, du rouge à lèvres rouge, être coiffée, bref, être impeccable. Quand il arrivait dans sa maison de couture, il pénétrait dans un univers de femmes idéales, un monde d'artifices.
TF1 News : Comment cette exigence était-elle perçue par son personnel?
M.-D. L. : Yves Saint Laurent était très apprécié. C'était un homme qui n'était pas spécialement gentil avec ses amis mais qui l'était envers les personnes avec lesquelles il travaillait. Il avait besoin d'être entouré de ses collaborateurs dont il tirait le meilleur. Les employées de son atelier de couture, par exemple, étaient ses doigts et ses mains. Il savait que, grâce à elles, ses dessins deviendraient une réalité, deviendraient des vêtements. De plus, l'apparence de fragilité qui émanait de lui, une fragilité qui était réelle également, donnait envie de lui porter secours. C'est la force des timides, la tyrannie des faibles. On ne leur en veut pas, même s'ils commettent des cruautés. Ils peuvent faire impunément ce que l'on reprocherait à d'autres.
TF1 News : Avez-vous finalement réussi à mettre à jour les ressorts de la tristesse d'Yves Saint Laurent?
M.-D. L. : Ce livre, fruit d'une véritable enquête, fait partie d'un projet global sur les personnages hors normes de la culture populaire et sur la manière dont ils ont influencé la société française. Après deux ouvrages sur Françoise Sagan et sur Serge Gainsbourg, j'ai eu envie de chercher l'être humain dissimulé derrière l'image publique d'Yves Saint Laurent et derrière les clichés que l'on connaît de lui, pour moi et pour les lecteurs. Mais, même si j'ai tenté de m'approcher de son intimité, en comprenant le ressort de sa tristesse, Yves Saint Laurent demeure toujours un mystère, mystère que d'autres tenteront, à nouveau, de percer.
Le livre Saint Laurent mauvais garçon de Marie-Dominique Lelièvre est disponible aux éditions Flammarion pour la somme de 19 euros (320 pages).
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