Benoit Poelvoorde et Dany Boon à l'affiche du film Rien à déclarer © Pathé Distribution "Les Belges n'ont pas cet accent-là", "Le Belge passe pour un con", "Cela manque de Flamands", "Les Français ne nous voient plus comme ça"... TF1 News a vu le nouveau film de Dany Boon, Rien à déclarer, avec des Belges, vendredi, à Bruxelles. Florilège d'avis bien tranchés.
Pathé devra partager le gâteau de "Rien à déclarer"
La société Pathé va devoir partager les recettes du film avec les héritiers du producteur Claude Berri, Thomas et Darius Langmann, a tranché le tribunal de commerce de Paris au bout de deux ans de bataille judiciaire.
Publié le 21/09/2011
"Rien à déclarer" de Dany Boon : la bande annonce est ici
Après le succès de "Bienvenue chez les Ch'tis", le réalisateur décrypte avec humour les relations franco-belges, en compagnie de l'acteur Benoit Poelvoorde, dans un nouvel opus intitulé "Rien à déclarer". Découvrez la bande-annonce ici.
Publié le 20/10/2010
Dany Boon: un projet de film en anglais "dans un coin de sa tête"
Le réalisateur a refusé récemment de tourner un remake de "Rien à déclarer", préférant plutôt se concentrer sur une idée de film sur la culture américaine vu par un français.
Publié le 29/01/2011
Blagues belges contre blagues françaises
Si les Français connaissent des blagues sur les Belges, de l'autre côté de la frontière nos voisins ne sont pas en reste. Voici un florilèges de blagues franco-belges à l'occasion de la sortie au cinéma de "Rien à déclarer".
Publié le 02/02/2011
Premier sujet qui fâche : l'accent. Sara s'insurge : Pour elle, seuls les Belges ont un accent, dans le film. Les Français, aucun : "Et encore, quel accent! Je mets au défi tout Belge de savoir d'où il vient. Pour ma part, je n'ai jamais entendu un seul de mes compatriotes parler comme cela. Et Dieu sait si, pourtant, nous avons de nombreux accents mais, en aucun cas, celui que les Français nous prêtent." "Dans Bienvenue chez les Ch'tis, Dany Boon nous avait prouvé que le Français du Nord parle avec un accent bien trempé, sans compter l'accent de Marseille ou celui de Paris qui n'est pas moins typé", se souvient l'employée de 37 ans : "Alors, pourquoi aucun des français de Rien à déclarer n'a-t-il le moindre petit accent ?"
| Les Français ne savent pas imiter le belge" |
"Moi, les accents belges m'ont amusé", observe François, étudiant de 22 ans : "Benoît Poelvoorde a l'accent de Namur, l'accent de François Damiens a un petit côté carolo et Bouli Lanners parle avec celui de Liège. C'est bien que les acteurs soient de vrais Belges car les Français ne savent pas imiter le belge. Ils font toujours une espèce d'accent brusselleer complètement à côté de la plaque, un peu comme Coluche dans ses sketches." "Le moment que j'ai préféré", explique François, "c'est celui où Dany Boon imite l'accent belge car sa petite amie lui fait remarquer qu'elle ne reconnaît pas son accent, ce qui montre bien que le réalisateur sait bien que l'accent belge imité par les Français n'existe pas en Belgique".
Les Belges "médiocres"
Colin, webmaster de 40 ans, constate, lui, "l'apparition brève d'une Flamande qui avait l'air d'avoir été placée là, parce qu'il le faut bien". "C'est vrai que ça manque de Flamands", remarque François : "J'aurais aimé qu'il y en ait plus pour représenter la diversité belge. Malgré les dissensions communautaires, les Flamands font partie intégrante de notre culture."
Daniel, cadre de 35 ans, se demande pourquoi, dans le film "les Belges sont tous médiocres, prêts à vendre leur âme pour un peu de fric, roupillent au boulot ou sont des fous furieux de la gâchette?" "Les Français, à part les criminels - qui, eux, se doivent d'être médiocres, c'est une qualité essentielle du criminel de comédie - sont ouverts, tolérants voire sensibles", s'étonne-t-il. Une réflexion partagée par Olivier qui trouve "bizarre et perturbant de devoir, en tant que Belge, s'identifier au personnage de Poelvoorde, le vilain jojo du film, alors que Boon est le gentil héros". "Je crois que cela fera plus rire les Français", poursuit le photographe de 33 ans, "même si les Belges ont beaucoup d'autodérision et savent rirent d'eux-mêmes". "C'est certain, cela aurait beaucoup moins faire rire les Français, si les rôles avaient été inversés", enchérit François, soulignant que "les Français ont beaucoup moins d'humour sur leur pays que les Belges".
"Fier d'être belge"
"Pendant tout le film, je me suis demandée si c'était parce que je suis belge que j'avais cette intense sensation que, finalement, il n'y avait que le Belge qui passait pour un con", s'irrite Sara : "Et puis non, j'ai en effet constaté, tout au long de Rien à déclarer, que le Belge y est présenté comme raciste, alors que s'il l'était, ils n'apprendrait pas autant de langues, ne voyagerait pas autant à l'étranger durant les vacances et ne vivrait pas si facilement dans un tout petit pays avec autant d'exilés, sans compter que le Belge, à la retraite, aime s'expatrier pour ses vieux jours."
| Le Belge n'aime pas le Belge" |
Pour Daniel, Rien à déclarer est un film "écrit par un Français pour un public français", où "le douanier belge est fier de son pays, c'est un patriote". "Or tous les sociologues le diront : le Belge n'aime pas le Belge", déclare-t-il : "Il trouve que le Belge est médiocre, que son accent est à chier et n'est absolument pas fier d'être belge. Et le fait de s'être fait écraser, en cinq jours pendant la Seconde guerre mondiale, ne l'a pas rendu patriote. De plus, jamais on n'entendra un Belge parler du 'beau royaume de Belgique', comme dans le film". "Moi, j'ai justement trouvé l'attachement du personnage de Poelvoorde à sa patrie profondément touchant", analyse, à contrario, François : "Ce sentiment d'appartenance à la Belgique fait tout a fait écho au mien. Je suis fier d'être belge."
"Les charmes de l'exotisme"
Colin déplore que le contexte de la rivalité franco-belge soit évoquée de manière "peu convaincante", dans le film : "Juste une haine sans racine particulière, ça aurait aussi bien pu être la haine des habitants du village voisin. Pas de préjugés connus, pas d'abandon à l'enfance par une mère française ou autre stéréotype du genre." Catherine, elle, se demandait comment allait être reconstituée la frontière franco-belge, où se situe l'action de Rien à déclarer, avant la création de l'espace Schengen.
| Le Belge n'est plus le brave type dont il est de bon ton de se foutre" |
"J'ai grandi dans les années 80. On passait par Beaumont et Philippeville pour aller faire faire de courses à Maubeuge", se remémore l'employée trentenaire : "C'était autre chose, ne fut-ce que par les panneaux de signalisations, les accents. C'était dépaysant de passer dans un autre pays." Catherine a renoué un peu avec "les charmes de l'exotisme", puisque, selon elle, "il y avait, quelques petits 'relents' de fin '80: un 'new wave' qui se fait contrôler au début du film, un sac à dos en forme de peluche...", autant d'éléments qui, d'après Julien, ne sont pas étranger à l'aspect nostalgique sur lequel surfe Rien à déclarer.
La "belgo-mania"
"Le film parle de la Belgique d'antan et d'une époque révolue", explique le journaliste de 37 ans : "Même si les clichés ont la peau dure, je suis certains que le Français ne considère plus le Belge comme le brave type monolithique dont il est de bon ton de se foutre." "Les Français nous voient de manière plus subtile, depuis la fin des années 90, avec la belgo-mania qui a fait connaître les talents du plat pays, avec des groupes comme Ghinzu ou Deus, des artistes comme Stromae et des actrices comme Cécile de France", ajoute-t-il.
"Maintenant, les Français se rendent compte qu'en Belgique, il y aussi la Flandre et que le pays est déchiré par les conflits communautaires", souligne-t-il : "Et ça, les Français n'ont pas vraiment envie de s'en moquer, sans oublier tous ceux qui viennent s'installer chez nous et véhiculent une image différente du Belge qui n'a plus rien à voir avec celle, tarte à la crème, des décennies précédentes". "En tout cas, moi, j'ai bien ri", lance François, en guise de conclusion.
La bande annonce de Rien à déclarer est visible ci-dessous :
| Un très bon démarrage en Belgique |
Les premiers chiffres de fréquentation de Rien à déclarer, sorti en Belgique et dans le Nord de la France une semaine avant le reste du pays, viennent de tomber. Le film a connu un très bon démarrage, dans le plat pays, avec 211.000 entrées en cinq jours, soit le double de Bienvenue chez les Ch'tis sur la même période, a annoncé, lundi, son distributeur. "Plus de 200.000 entrées de mercredi à dimanche, c'est phénoménal pour la Belgique", a expliqué à l'AFP le patron de la société de distribution Alternative Films. Les 56 copies du film distribuées, en Belgique, ont rassemblé, en moyenne, 3768 spectateurs chacune, a-t-il précisé. Le film traitant de la rivalité entre deux douaniers, un Français (incarné par Dany Boon) et un Belge (par Benoît Poelvoorde), sur fond de suppression des contrôles aux frontières des pays européens, dans les années 90, sort le mercredi 2 février dans le reste du territoire français. |
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