Couverture du livre "Les secrets de Victoria" aux éditions Jean-Claude Gawsewitch et portrait de son auteur, Victoria Silvstedt © Editions Jean-Claude Gawsewitch/Abacapress.comTF1 News : Vous êtes née en Suède, dans une famille aimante de la classe moyenne. Pourquoi avoir décidé de quitter cette existence heureuse pour venir exercer le métier de mannequin à Paris, dans un milieu que vous décrivez comme particulièrement difficile, voire cruel, dans votre livre?
Des vacances de rêve sur l'île aux blondes
Une île paradisiaque entièrement peuplée de belles femmes blondes : vous en rêviez, une société lituanienne veut le faire ! Une société d'ailleurs gérée à 100% par des blondes, qui ont fait de leurs attributs un argument commercial...
Publié le 04/02/2011
Victoria Silvstedt, animatrice télé : J'avais 18 ans, l'âge où l'on rêve de glamour et d'argent. J'étais une jeune fille naïve. J'ai participé aux concours Miss Suède et Miss Monde. A Paris, je m'attendais à rencontrer des gens professionnels, dans un milieu très organisé. Ce fut, à ma grande surprise, la douche froide! Ma première année, seule à Paris, à courir les castings, fut très difficile. C'était horrible. Mais je ne pouvais pas retourner en Suède. Pas question de renoncer.
TF1 News : Pourquoi?
V. S. : J'étais embarrassée. Je ne voulais pas que les gens ou ma famille pensent que j'étais quelqu'un de fragile. Je fais du ski depuis l'âge de cinq ans. Du cheval aussi. Je suis habitée par une volonté de compétition qui explique aussi, peut-être, pourquoi je me suis accrochée. Et, en même temps, je suis très sensible.
TF1 News : Comment avez-vous concilié cette sensibilité avec les difficultés rencontrées au début de votre carrière, ne fut-ce que la tentative de viol, relatée au début de votre ouvrage?
V. S. : Je gardais tout pour moi. Je ne disais rien à ma famille. J'ai tout bloqué et j'ai continué, tout simplement. Mais maintenant, je me sens gratifiée par ma réussite. Je peux gâter ma famille, dont j'ai changé la vie. Je m'en souviens : j'avais promis à ma mère que cette escapade parisienne n'était qu'une pause. J'avais promis de revenir pour aller à l'université. Et je ne suis jamais rentrée en Suède. J'étais assez rebelle, en fait. Ensuite, j'ai voulu l'Amérique et, deux ans et demi plus tard, je partais là-bas. J'avais besoin de m'échapper.
TF1 News : On a l'impression, à vous lire, que les Etats-Unis, où vous avez été playmate de l'année en 1997, vous ont mieux acceptée que Paris...
V. S. : Tout à fait. A Paris, j'étais trop grande, ou trop blonde, trop sexy, trop fashion... A cet âge-là, toutes les critiques, les déceptions qui s'accumulent, on les prend personnellement. Aux USA, par contre, j'ai été acceptée tout de suite. J'avais peur de travailler pour Playboy et j'avais tort. Quel professionnalisme! Avec eux, je pouvais même être un peu plus ronde.
TF1 News : En France, pas?
V. S. : J'avais fait beaucoup de ski et j'étais très sportive, donc j'étais trop musclée. J'ai dû arrêter le sport et manger beaucoup moins, en m'imposant des régimes. Je l'ai très mal vécu mentalement. Chez Playboy, ils ont adoré mes courbes. Puis, j'ai fait de la télé, dans d'autres pays et j'ai été très bien acceptée. Je suis revenue en France, par hasard, où je co-anime l'émission de Christophe Dechavanne, La Roue de la Fortune. Et maintenant, je m'y sens acceptée aussi, telle que je suis, même si je prends cinq kilos.
TF1 News : Vous êtes manifestement très proche de votre famille. N'avez-vous pas pris un risque de la blesser, en travaillant pour Playboy?
V. S. : Au départ, ma famille a été choquée mais maintenant, elle est fière et contente pour moi. Vous savez, je n'ai collaboré avec Playboy qu'une seule fois et, après, j'ai décroché un contrat de mannequinat avec la marque Guess Jeans. Par contre, ma mère trouve que je travaille trop. Elle voudrait que je ralentisse mes activités, histoire de penser à faire un enfant. Elle compte sur moi. Tic, tac. Tic, tac... (rires). C'est vrai que je ne dois pas travailler pour l'argent, même si on en veut toujours plus pour en profiter avec sa famille. Je n'ai pas toujours fait les bons choix et maintenant, je peux être plus sélective. Je vais peut être essayer de vivre plus tranquillement. Mais que voulez-vous, je suis hyperactive.
TF1 News : Vous déclarez, dans le livre, "même si un jour je remporte un Oscar, je resterai Victoria la bimbo". Avez-vous l'impression d'être prisonnière de votre image?
V. S. : Quand je travaille, je joue un rôle, celui de la blonde, fun et sexy. Cela m'amuse. Je ne sais pas pourquoi. Toujours est-il que je ne me prends pas au sérieux. Je sépare mon travail de ma vie privée. Quand je suis au repos, je ne suis pas sophistiquée. C'est marrant de constater comment les gens pensent que je suis celle qu'ils voient à la télévision.
TF1 News : "Ce serait formidable de faire des interviews d'hommes politiques", peut-on lire, sous votre plume. Une envie bientôt concrétisée?
V. S. : On peut toujours l'imaginer. J'adore l'info. Je suis branchée en permanence sur l'actualité du monde, sur CNN ou Fox News. Je lis le Herald Tribune. On verra bien. J'ai présenté Le grand Bêtisier de Noël, sur TF1, toute seule et j'ai adoré ça. Dès qu'il y a un challenge, je suis partante!
Les Secrets de Victoria
Victoria Silvstedt
En collaboration avec Christelle Crosnier
Editions Jean-Claude Gawsewitch
256 pages, 18,90 euros
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