Isabelle Adjani, à Cannes, le 18 mai 2010 © Abacapress.com"Ce qui m'a sauvée, c'est de pouvoir m'exprimer". C'est en ces termes qu'Isabelle Adjani décrit, dans une interview accordée à Gala, mercredi, son enfance douloureuse. A l'occasion d'un entretien croisé avec la réalisatrice Yamina Benguigui, avec laquelle elle vient de tourner un téléfilm narrant l'histoire d'Aïcha, une jeune française d'origine algérienne, les deux femmes réalisent, à l'invitation du magazine, une "plongée dans la mémoire de filles d'immigrés", leurs pères étant algériens.
Isabelle Adjani passe derrière la caméra
L'actrice Isabelle Adjani va co-réaliser son premier long métrage en portant à l'écran la vie de la peintre impressionniste française Berthe Morisot.
Publié le 11/05/2011
L'actrice française se souvient, ainsi, de sa réaction à la vision du documentaire Mémoires d'immigrés de Yamina Benguigui, en 1997 : "J'ai revécu des moments d'enfance à Gennevilliers. On habitait une HLM, il n'y avait pas de rideaux aux fenêtres, mais des bâches bleues, froides..." "Je voulais m'évader de cette condition qui isolait, condamnait", livre-t-elle.
"Enfances violentes"
Isabelle Adjani se remémore également "un père d'une sévérité dominatrice, car sa fille n'avait pas de droit, ne pouvait pas exister avec la liberté d'être elle-même". "Que ce soit Yamina ou moi, je crois qu'il ya une chose que l'on ne nous a pas accordée, c'est l'insouciance", observe la comédienne : "Et je trouve ça cruel." "Moi, j'étais punie pour tout et de tout", poursuit-elle : "Ce qui m'a conduite très tôt à un certain mysticisme d'ailleurs, pour pouvoir supporter ce que je subissais - que ce soient des corrections corporelles ou morales."
"Je me suis tenue en vie, droite, en me dépassant", raconte l'actrice : "A l'inverse, mon frère, lui, en a porté les stigmates jusqu'à sa mort récente (le 26 décembre dernier, NDLR)." "Il a continué à vivre dans la révolte de cette emprise tellement castratrice. Les filles ont une capacité de résilience inouïe, mais un garçon peut être brisé. Il l'a été. J'ai assisté à ça en tant qu'aînée, impuissante." "On a eu des enfances violentes", résume-t-elle.
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