Bruce Springsteen a célébré la fête nationale américaine, l'"Independance Day", mercredi avec la France, et avec le public parisien auquel il a offert un concert triomphal de plus de trois heures. C'est au son très "frenchy" de "La vie en Rose", jouée à l'accordéon, que le rockeur de 62 ans et son E-Street Band ont fait leur entrée à Bercy, qui était plein comme un oeuf. Même les gradins installés à l'arrière de la scène étaient remplis et de nombreux Américains, Britanniques et Allemands avaient fait le déplacement pour ce "Wrecking Ball Tour", du nom de son dix-septième album studio, paru en mars.
Bruce Springsteen a offert une place d'honneur à ce dernier opus, lui consacrant une large partie du début de son concert. Album engagé, "Wrecking Ball" est né de la crise financière de 2008, inspirant à Bruce Springsteen colère contre la cupidité, mais aussi empathie avec les pauvres et les chômeurs et appels quasi religieux à l'espoir. Et mercredi le concert a souvent pris l'allure d'une séance de réconfort collective. "Les temps sont durs en France. Eh oui, je sais", a-t-il dit au public en français. Allant au contact de son public, Springsteen a passé son temps à serrer des mains, à se laisser caresser les cheveux, les bras, les cuisses.
La France, "l'amie de l'Amérique"
Sur "Spirit in The Night", il s'est mué en chanteur de gospel, enjoignant ses spectateurs à garder l'espoir, entre chant et prédication. Visiblement très heureux d'être là, le "Boss" s'est aussi montré volontiers cabotin, s'affalant comme un Jake La Motta fatigué, dansant avec une quinquagénaire estampillée "fan depuis 1975" ou soulevant dans ses bras une jeune fille pour chanter "Waitin' on a Sunny Day". Pour "Because the Night", chanson qu'il a écrite pour Patti Smith, c'est avec une autre Patti, qu'il a partagé le micro : Patti Scialfa, sa femme. Au cours de cette soirée, il a vogué entre les styles : rock, blues, folk, chansons traditionnelles, blues, soul, entouré de son légendaire E- Street Band. Ne manquait que le saxophoniste Clarence Clemons, disparu l'année dernière et remplacé dans le groupe par son neveu, Jake.
Springsteen lui a d'ailleurs rendu hommage en silence et en images au milieu de "Tenth Avenue Freeze-Out". "C'est le 4 juillet et nous sommes heureux d'être à Paris ce soir car la France était l'amie de l'Amérique avant que celle-ci soit l'Amérique. Merci beaucoup", a lancé le rockeur avant une version assourdissante de "Born in The USA", suivie de "Born to Run". C'est à contre-cœur que le « Boss » a quitté la scène après 3 heures 25 de show. Le chanteur américain sera également en concert à Paris-Bercy jeudi (complet).









