"Y a-t-il au monde un endroit aussi beau que ce coin de paradis!", s'exclame l'actrice Grace Kelly en 1954 en surplombant Monaco au volant d'une décapotable au côté de Cary Grant, dans La Main au Collet d'Alfred Hitchcock. La future princesse, qui vient de slalomer sur une route en corniche où elle perdra la vie en septembre 1982, en est toujours l'une des meilleures ambassadrices.
"La Main au Collet est notre plus grand titre publicitaire de l'histoire", admet Guillaume Rose, directeur du tourisme de la principauté de Monaco, qui entame toutes ses présentations dans le monde en projetant cette scène d'anthologie.
Deux ans plus tard, elle épousera le prince Rainier, rencontré à Cannes. On est en 1956, Grace Kelly a 27 ans, est au sommet de la gloire mais abandonne sa carrière d'actrice pour honorer son titre de princesse de Monaco.
Trente ans après sa disparition tragique, un 14 septembre à 52 ans, "l'image de la princesse Grace ne faiblit pas", constate Guillaume Rose, qui perçoit aussi un retour de nostalgie. "Elle incarnait une époque de prospérité absolue.
L'on se souvient d'une princesse à la tête blonde toujours impeccablement coiffée, aux manières délicates, à la garde robe années 50 très distinguée. De Paris Toronto, en passant par Moscou, Rome, Londres ou Sao Paulo, cet héritage voyage à travers le monde depuis 2007 grâce à une exposition consacrée à la star hollywoodienne devenue princesse. Sa dernière halte en Australie a attiré cette année 153 000 visiteurs.
La mère des Monégasques
Devenue princesse, "Grace va faire venir le monde entier à Monaco", en développant les événements culturels, précise Guillaume Rose. Dans les années 50, la principauté un peu endormie a du mal à remonter la pente de l'après-guerre, époque où l'on hésite à afficher sa richesse. Puis le Rocher connaîtra une rapide expansion.
"La princesse a donné du lustre à Monaco", dès son arrivée en bateau des Etats-Unis, souligne son assistante personnelle durant 19 ans, Louisette Lévy-Soussan Azzoaglio. "Elle avait tourné une page sur sa carrière, mais elle était très fidèle en amitié", recevant régulièrement Frank Sinatra, Cary Grant, Ava Gardner, Liz Taylor, Richard Burton, David Niven ou encore Alfred Hitchcock, se souvient-elle.
"Elle venait d'un autre monde. On l'a qualifiée de froide et de lointaine, mais elle était enthousiaste et très curieuse de cette vie qu'elle découvrait", explique son ancienne secrétaire, louant "son grand sens de l'humour". "Elle avait été une actrice professionnelle, c'était une princesse professionnelle. Elle était dédiée à ce qu'elle pensait être son rôle de mère des Monégasques", créant nombre d'institutions caritatives ou des garderies, insiste-t-elle." A sa mort, j'ai vu la tristesse envahir Monaco".







