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L'affaire DSK plane (aussi) sur le Festival de Cannes

Edité par
le 17 mai 2011 à 16h57 , mis à jour le 17 mai 2011 à 18h53.
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4min
Denis Podalydès

Denis Podalydès, en 2007, en France / Crédits : Abacapress.com

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PeopleDenis Podalydès, l'acteur qui incarne Nicolas Sarkozy dans le film "La Conquête", et son réalisateur ont été invités par les journalistes à s'exprimer sur "l'affaire DSK". C'est qu'à Cannes, on ne parle que de ça.

"Quelqu'un m'a déjà demandé ça." Dubitatif, Denis Podalydès, l'acteur qui incarne Nicolas Sarkozy dans le film La Conquête, ne sait trop quoi répondre à TF1 à Cannes, mardi, qui le questionne sur l'intérêt cinématographique de "l'affaire DSK". "Attendez! Comme si j'allais dire : 'Cela m'intéresse. Laissez se développer l'histoire et prenez des notes'", lance-t-il avant de déclarer : "J'aime beaucoup Strauss-Kahn. Je le trouve mal embarqué dans cette histoire. J'ai le sentiment qu'il est piégé. Peut être pas dans une machination internationale de grande envergure mais un petit piège."
  
Bref, c'est indéniable, l'impact de l'affaire Dominique Strauss-Kahn a atteint la bulle cannoise et cinéastes, critiques ou encore scénaristes regardent avec stupéfaction, depuis dimanche, la réalité de ce fait divers politico-judiciaire dépasser la fiction. Au sein du Palais des festivals, les professionnels du cinéma ont les yeux  rivés sur les écrans plats installés dans les couloirs mais, pour une fois, ils  ne regardent pas la retransmission des conférences de presse des équipes des films en compétition. Ils suivent les chaînes d'information en continu : lundi, on parlait plus du patron du FMI que de la star américaine Brad Pitt, venue présenter The Tree of Life, le film événement de Terrence Malick, projeté le soir même (Regarder "Brad Pitt et Angelina Jolie enflamment le tapis rouge").
 
Michael Mann ou les frères Coen
 
"Aucun film ne semble aussi fort que l'affaire DSK", a affirmé le critique Serge Kaganski des Inrockuptibles sur TV Festival. "La réalité dépasse la fiction, en tout cas elle la concurrence, il y a  tous les ingrédients pour un faire un film, la charge politique, la charge romanesque ou la charge psychanalytique", poursuit-il, se prenant à penser, pour réaliser une fiction sur cette histoire, "à quelqu'un comme Michael Mann qui ferait un film très élégant ou peut-être les frères Coen, pour un film politique un peu kafkaïen".
 
"L'humanité, le pouvoir, les femmes, le sexe, l'argent, il y a tout", explique Jean-André Yerles, co-président de la Guilde française des  scénaristes, joint par téléphone par l'Agence France Presse. "Ce qui me fascine, si j'avais un film à faire sur cette histoire, ce n'est  pas le complot à deux balles qui ferait un film américain moyen, mais plutôt  l'autodestruction de ce personnage. On a l'impression de quelqu'un qui aurait conclu un pacte avec le diable et qui serait puni pour ne pas l'avoir  respecté", poursuit-t-il.
 
Un film "laid"
 
L'affaire n'inspire en revanche pas Xavier Durringer, le réalisateur dont  le film La Conquête sur l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy est présenté mercredi hors compétition. "Quelle que soit l'issue, ce n'est pas une histoire pour moi : je ne ferais pas un film dont l'enjeu serait son rapport aux femmes et la façon dont il a pu se comporter, avec cette femme ou avec d'autres : ça dépasserait mes limites morales", a-t-il expliqué.
 
"Ce n'est pas le genre de films que j'aimerais me colleter. Je trouverais ça très laid", a-t-il ajouté. Evoquant la sortie de "DSK", lundi, d'un commissariat new-yorkais, menotté dans le dos et entouré de policiers, le cinéaste a jugé "l'image terrible, très cruelle, faisant penser aux arrestations des séries américaines".
 
Cette image a également profondément choqué Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France, présent à Cannes pour un colloque sur le financement du cinéma. "Les séries américaines ont imposé leur rythme, leur manière de montrer les  choses. Mais justement, là, on est sur un sujet sérieux. C'est d'abord la vie d'un homme, sa destinée", a-t-il déclaré, alors qu'il renonçait à monter les marches lundi soir, jugeant le geste déplacé dans ce contexte.

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  • Dikilou : Je connais le neveu de Denis podalydès haha

    Le 19/05/2011 à 22h17
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