Couverture des Mystères Romy Schneider et portrait de son auteur Guillaume Evin (Timée Editions) © Timée EditionsAlain Delon et Romy Schneider "fracassés par les manques de l'enfance"
<b>Interview - </b> Le journaliste Bertrand Tessier décrypte avec TF1 News la nature des relations tumultueuses, puis complices, qui animèrent l'un des couples les plus charismatiques du cinéma français.
Publié le 09/02/2010
Alain Delon regrette de ne pas avoir épousé Romy Schneider
L'acteur se confie sur sa relation amoureuse avec la star disparue en 1982, dans les pages de La Provence, jeudi.
Publié le 12/03/2009
Expo Romy Schneider : ses plus belles images
Retrouvez les plus émouvants clichés de l'éblouissante "Romy", actrice inoubliable à laquelle une exposition est consacrée, près de Paris.
Publié le 03/11/2011
Romy Schneider : ses images inconnues
Découvrez l'actrice Romy Schneider comme vous ne l'avez jamais vue, dans le livre "Romy dans l'enfer", consacré au film inachevé de Henry-Georges Clouzot, L'enfer.
Publié le 13/11/2009
G. E. : Sans vouloir faire de la psychologie simplifiée, les causes de son mal-être trouvent peut-être leur origine dans sa tendre enfance. Après le divorce de ses parents, elle a été livrée à elle-même dans un pensionnat où ils venaient à peine la voir. Son père, lui, n'est jamais venu.
TF1 News : Peut-on parler d'un père absent?
G. E. : Oui, le manque de ce père l'a poussé à chercher son idéal masculin, sans jamais le trouver, notamment dans des passions excessives comme avec Alain Delon qui la quittera brutalement ou dans des relations avec des hommes plus âgés comme Harry Meyen, de quatorze ans son ainé. Elle divorcera de ce dernier qui se suicidera. Elle n'a jamais trouvé son alter-ego et passera d'échec en échec, en ayant du mal à se reconstruire. Elle portera le fardeau du suicide de son premier mari toute sa vie.
TF1 News : Vous évoquez également un autre fardeau, celui de la "culpabilité allemande" d'après guerre...
G. E. : D'un point de vue global, Romy Schneider fait partie de cette génération d'Allemands, nés dans les années quarante, qui a intégré cette culpabilité de la barbarie nazie, comme une trace indélébile de l'Histoire. Mais d'un point de vue personnel, elle a également dû vivre avec la relation ambigüe que sa mère avait entretenue avec le pouvoir nazi. "Je crois que ma mère avait une relation avec Hitler", a-t-elle déclaré, en 1976. Même si nous ne connaissons pas la nature exacte de cette relation, Romy Schneider jouait, petite, avec les enfants de Martin Bormann, la future éminence grise du parti nazi. C'est sans doute la raison pour laquelle elle a endossé quantités de rôles de victimes de la barbarie nazie, tout au long de sa carrière, comme dans Le vieux fusil, par exemple. C'était peut-être une manière de tenter d'évacuer cette culpabilité.
TF1 News : Comment était-elle perçue en Allemagne?
G. E. : Elle a vécu avec ce pays une histoire d'amour-haine, un peu comme une épouse choyée que l'on répudie. Elle était adulée avec les films Sissi mais quand elle est partie rejoindre Alain Delon à Paris, l'Allemagne ne lui a jamais pardonné. Il y avait un océan d'incompréhension entre elle et ce pays. C'est en France qu'elle a trouvé la sérénité, pays dans lequel elle a apporté la preuve de son talent, en se débarrassant de l'étiquette mièvre et sucrée de Sissi qu'elle vivait comme une véritable camisole.
TF1 News : Pourtant, à sa mort en 1982, un quotidien français titrera : "Sissi est morte, Sissi s'est tuée."
G. E. : Toute sa vie, ce rôle lui collera à la peau. Romy Schneider sera souvent comparée à Elizabeth d'Autriche dans sa manière dont, comme elle, elle refusera de porter le masque des apparences.
TF1 News : Peut-on dire que la mort de son fils, empalé sur les grilles d'un parc, à Saint-Germain-en-Laye, en 1981, sera le coup de grâce?
G. E. : Oui, d'autant plus qu'à l'horreur de la disparition de son fils, s'est ajoutée une pression médiatique énorme. Un journaliste indélicat n'a pas hésité à se faire passer pour un brancardier pour photographier la dépouille de son enfant. Elle était traquée. La mort de Romy Schneider demeure auréolée de mystère, puisqu'il n'y a pas eu de témoins. Mais elle ne s'est pas suicidée. L'usure, le trop-plein et les excès de la vie ont eu raison d'elle. Elle a lâché prise. Elle est morte, fatiguée de tout. Il fallait tirer le rideau. On retiendra son jeu, ses expressions, ses fêlures, sa gravité..., ceux d'une star populaire toujours brillante dans le cœur des Français.
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