La tradition datait de François Mitterrand. C'est lui qui avait instauré l'interview télévisée du chef de l'Etat le 14 juillet, devenue depuis lors un passage obligé pour chaque président. Nicolas Sarkozy y avait renoncé. Un autre François, Hollande, désormais installé à l'Elysée, l'a remise samedi au goût du jour. Mais c'est depuis l'Hôtel de la Marine, lieu de culture, plutôt qu'au palais présidentiel, lieu de pouvoir, qu'il a choisi de répondre aux questions des journalistes : Claire Chazal pour TF1, et Laurent Delahousse pour France 2.
Pourquoi un tel choix ? C'est la première question qui lui a été d'emblée posée. "Je l'ai dit dans ma campagne : je répondrai aux questions des journalistes dans un lieu qui ne soit pas l'Elysée pour qu'il y ait la plus grande liberté et la plus grande indépendance", a-t-il déclaré au début de son interview diffusée sur France 2 et TF1 depuis l'Hôtel de la Marine. Il a souhaité "la conversation la plus claire possible pour les Français", ajoutant avoir "fait en sorte que la fonction présidentielle soit exercée simplement".
Respect de la distinction vie publique / vie privée
Une volonté de simplicité et de "normalité" qu'il avait manifestée un peu plus tôt, lors des cérémonies du 14 juillet, en allant serrer des mains dans la foule. Une volonté qu'il compte voir, aussi, respectée par ses proches. Passage obligé : François Hollande est donc revenu, samedi, sur l'affaire du "tweet". Une affaire qui, a-t-il assuré, se reproduira pas.
"Je suis pour une claire distinction entre vie publique et privée, et donc je considère que les affaires privées se règlent en privé, et je l'ai dit à mes proches pour qu'ils acceptent scrupuleusement le respect de ce principe", a-t-il dit lors de son interview télévisée. "Les Français sont, j'allais dire, comme moi, ils veulent que les choses soient claires, que l'Etat soit dirigé par celui qu'ils ont choisi et qu'il n'y ait aucune interférence", a ajouté le chef de l'Etat.
L'affaire du tweet de soutien de sa compagne Valérie Trierweiler à un candidat dissident opposé aux législatives à Ségolène Royal avait, il est vrai, mis à mal la volonté du chef de l'Etat d'instaurer une "présidence normale". Et son fils, Thomas Hollande, a ravivé récemment l'affaire du "tweetgate" en reprochant à ce tweet d'avoir "fait basculer la vie privée dans la vie publique". "Ça me fait de la peine pour mon père. Ça détruit l'image normale qu'il avait construite", avait-il dit, selon les termes rapportés par Le Point. Thomas Hollande a affirmé que ces propos, tenus lors d'une conversation informelle, avaient été "déformés ou sortis de leur contexte", ce que l'auteur de l'article a nié.










