© INTERNELa plus petite région métropolitaine a toutes les chances de conserver son statut de grand bastion de la droite modérée. Car sur cette terre où centristes et gaullistes se sont toujours vivement concurrencés, l’UDF et l’UMP devraient partir ensemble à la bataille au premier tour des régionales de mars prochain. Sur cette terre où François Bayrou a obtenu son meilleur score lors de la dernière élection présidentielle, un accord est imminent entre, d’un côté, le conseiller régional et conseiller municipal centriste de Mulhouse Bernard Stoessel, et de l’autre, le président sortant UMP Adrien Zeller. Ami de Jean-Pierre Raffarin et ancien ministre de Jacques Chirac en 1986, ce transfuge de l’UDF est en poste depuis huit ans.
Ce choix de l’union est clairement motivé par le fait que l’Alsace figure parmi les régions à fort risque FN. Le Front national y connaît une expansion continue depuis plus d’une décennie. Le parti d’extrême droite avait enregistré un score de 20,5% en 1998. Cette fois, la liste conduite par le conseiller régional Patrick Binder affiche clairement ses ambitions : poursuivre sur la lancée de son chef en 2002. A l’époque, Jean-Marie Le Pen avait obtenu 23,4% des suffrages en Alsace. Son meilleur score national… Mais il faudra aussi compter sur Robert Spieler. L’ex-député FN, président-fondateur du Mouvement régionaliste alsacien (devenu Alsace d’Abord !) avec l’appui d’anciens du MNR, compte bien faire le plein de voix. Et faire de l’ombre au Front national, qui ne compte plus que deux élus.
L'UMP aux manettes
La gauche ne s’attend donc à aucun miracle dans une circonscription où l’UMP détient presque tous les leviers du pouvoir. Hantée par une élimination dès le soir du 21 mars, la tête de liste socialiste Jacques Bigot a convaincu à l’arraché les Verts de se rallier à lui. Après avoir décidé, en octobre dernier, à 85% de partir en autonomes au premier tour, les écologistes alsaciens se sont finalement ravisés fin janvier. Une aubaine pour le PS : lors de la dernière présidentielle, le candidat Jospin avait péniblement atteint les 11% dans la région.
Mais les Verts conduisent leur propre liste, et l’extrême gauche part unie derrière Françoise Ruch, étiquetée Lutte Ouvrière. Jacques Bigot mise donc sur la fusion annoncée entre les deux partis de la droite modérée dès le premier tour. "Cela nous permettra de capter l’électorat démocrate chrétien qui ne se retrouvent pas dans le libéralisme de l’UMP". Quant au Parti communiste, désormais quasi-inexistant de la vie politique locale, il ne devrait guère briller. Il cherche actuellement une alliance avec le PRG, le MRC et les alternatifs.
Photo : Robert Spieler, tête de liste de Alsace D'abord (AFP)
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