Les enjeux en Aquitaine

Par Frédérique Prabonnaud (RTL.fr), le 01 février 2004 à 16h45 , mis à jour le 01 février 2004 à 16h58

Xavier Darcos, ministre UMP délégué à l'Enseignement, et François Bayrou, s'affronteront au premier tour, dans une région symbolique du combat du patron de l'UDF.

Bayrou bordeaux © INTERNE

La droite se verrait bien reprendre l'Aquitaine, l'une des régions qui ont basculé à gauche aux dernières régionales. Un premier tour-primaires devra départager les deux postulants qui veulent évincer le socialiste Alain Rousset: Xavier Darcos, ministre UMP délégué à l'enseignement, et François Bayrou, le patron de l'UDF.

Hasard du calendrier ? C'est lundi 12 janvier, alors que Jean-Pierre Raffarin appelait de ses vœux un accord UMP/UDF pour les élections de mars, que François Bayrou a annoncé qu'il se présenterait pour les régionales en Gironde, dans le fief d'Alain Juppé. Le président de l'UDF avait annoncé dès décembre qu'il prendrait la tête d'une liste centriste en Aquitaine et ce malgré les efforts d'Alain Juppé pour obtenir l'union à droite: le président de l'UMP avait même proposé à son homologue de l'UDF de lui laisser la tête de liste. Refus François Bayrou qui veut "offrir un autre choix aux Français" et "défendre le pluralisme dans la vie politique".

Bayrou dans le fief de Juppé

Poussant un peu plus loin la stratégie de l'autonomie, François Bayrou a donc choisi de conduire la bataille non pas chez lui dans les Pyrénées-Atlantique (où il est élu depuis 1986) mais chez Juppé où il affrontera d'ailleurs une proche du député-maire de Bordeaux, Marie-Hélène des Esgaulx qui mène la liste UMP en Gironde. A ses côtés, Bayrou a enrôlé une adjointe de la mairie de Bordeaux, Véronique Fayet. "Si l'on veut gagner l'Aquitaine, c'est en Gironde qu'on la gagne": c'est ainsi que le Béarnais a justifié sa volonté de monter "en première ligne". La Gironde rassemble 1,3 millions d'habitants sur les 2,9 que compte la région Aquitaine. C'est aussi un département qui avec Bordeaux attire beaucoup d'actifs dans une région qui se classe au troisième rang français pour l'accroissement de sa population.

Face au patron de l'UDF, Xavier Darcos, ministre délégué à l'Enseignement scolaire qui conduit la liste de l'UMP. L'ancien maire de Périgueux, qui fut aussi le directeur de cabinet de François Bayrou au ministère de l'Education entre 1993 et 1995, parle de parachutage et regrette des "positions à géométrie variable qui n'ont pas grand rapport avec l'intérêt des Aquitains (et) qui passe par des stratégies personnelles". Le ministre de Raffarin n'a plus qu'à espérer une campagne sans dérapages et une union au second tour.

L'Aquitaine fait en effet partie des régions que la droite peut espérer reconquérir. Après deux victoires de la droite en 1986 et 1992, la région est passée à gauche en 1998. Avec 40 sièges sur 85, elle avait obtenu la présidence, le sortant Jacques Valade refusant finalement les voix de l'extrême droite. Le Front national avait obtenu 9 élus dans une région qui ne lui est pas favorable - ses scores y restent en général inférieurs à ses résultats nationaux et ne progressent pas. Une exception cependant: le Lot-et-Garonne. Le leader aquitain du FN, Jacques Colombier, s'est cependant fixé comme objectif d'obtenir autant de sièges qu'en 1998 et d'obtenir au moins 13% des voix.

Une liste LO/LCR dans toute la région

Même sans une forte concurrence de l'extrême droite, la bataille n'est pas gagnée pour la droite modérée puisque si les Pyrénées-Atlantiques restent acquis à la droite (même si le socialiste André Labbarère est maire de Pau depuis plus de 25 ans), les Landes, la Dordogne et la Gironde penchent à gauche.

Reste que la place du socialiste Alain Rousset est menacée. Il a négocié une liste commune avec les Verts mais les négociations sont délicates avec les écologistes. Outre le nombre de places éligibles, elles portent sur le contournement autoroutier de Bordeaux: les écologistes, Noël Mamère le député-maire de Bègles en tête, exigent que soit acté dans le contrat le désaccord Verts-PS sur ce projet. Le gouvernement a donné son feu vert en décembre dernier, au grand dam des associations, des Verts et des communistes. Le PCF présente une liste autonome, conduite par la conseillère régionale sortante Annie Guilhamet. A l'extrême gauche, LO/LCR présente Martine Mailfert.  A signaler enfin le poids des chasseurs: fort de ses 8 élus, le CPNT de Jean Saint-Josse se présente dans la région, celle des palombes et des ortolans.

Par Frédérique Prabonnaud (RTL.fr) le 01 février 2004 à 16:45
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