Les enjeux en Bourgogne

Par Loïc Farge (RTL.fr), le 01 février 2004 à 18h19 , mis à jour le 10 février 2004 à 13h05

Une rude bataille se profile en Bourgogne : les déchirures de la droite viennent conforter les espoirs de victoire d’une gauche qui a conquis Dijon lors des dernières municipales.

Patriat ps bourgogne © INTERNE

Au cœur du débat en Bourgogne : la candidature contestée de Jean-Pierre Soisson. L’incontournable président sortant (UMP), réélu en mars 1998 sous l’étiquette apparenté-UDF avec le soutien du Front national -ce qui lui avait valu d’être exclu de son parti-, s’apprête à affronter son ancienne maison. Emmenée par le député-maire de Vitteaux, François Sauvadet, âgé de 50 ans, la liste autonome UDF n’a de cesse de se présenter comme la relève au statu quo et un rempart aux socialistes. Un pari risqué, mais tout à l’honneur du député centriste de Côte d’Or. L’angle d’attaque des centristes est moins l’âge de Soisson -l’ex-ministre de Valéry Giscard d’Estaing et de François Mitterrand a 70 ans- que le manque de dynamisme de la région. Reste que leur porte-parole national et fidèle soutien de François Bayrou, doit rattraper un évident déficit d’image hors de son fief Côte d’Or. Seuls 40% des Bourguignons connaissent François Sauvadet, contre 91% pour Jean-Pierre Soisson.

De son côté, le patriarche laisse fuser les critiques sans broncher, conscient que l’UDF peut lui porter un coup de grâce dans un scrutin où l’unité est la clé de tout. Egal à lui-même, le président sortant joue la carte de la séduction, tant auprès de ses administrés que de ses relais parisiens. Dans cette ambiance délétère, l’éventualité d’une liste d’union UMP-UDF entre les deux tours reste bien incertaine. Ce qui fait les affaires de la gauche, laquelle a réalisé l’union derrière François Patriat, 60 ans. Désigné en octobre dernier lors d’une primaire par les militants socialistes, l’ancien ministre de l’Agriculture de Lionel Jospin se présente à la tête d’une alliance PS-PC-Verts-PRG-DVG.

Forte de 65 candidats, cette liste intitulée "La Bourgogne ensemble, la Bourgogne en mieux" s’est fixée pour priorités l’emploi , le développement économique, l’éducation, l’insertion professionnelle et l’accès à la santé. François Patriat a surtout réussi à ressouder ses troupes autour d’un argument de poids : la crainte d’une nouvelle poussée de l’extrême droite, dont l’électorat s’est fortement ruralisé ces dernières années. Le réflexe unitaire a ainsi permis de rallier les Verts et une frange dissidente de la Ligue communiste révolutionnaire. En revanche, feront listes à part le Mouvement écologique indépendant, de Julien Gonzalez, et LO-LCR, de Jacqueline Lambert.

Autre menace pour Jean-Pierre Soisson : le Front National, avec qui l’ancien maire d’Auxerre avait pactisé en 1998. Il y a six ans, le parti de Jean-Marie Le Pen avait obtenu neuf élus et 14,8% des suffrages exprimés. Cette année, le FN ne devrait pas se contenter de son rôle d’arbitre. Pour son leader régional, Pierre Jaboulet-Vercherre, un riche négociant en vins de 53 ans, l’objectif est simple : être présent au second tour.

Photo : François Patriat (PS) 

Par Loïc Farge (RTL.fr) le 01 février 2004 à 18:19
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