Les enjeux en Bretagne

Par Loïc Farge (RTL.fr), le 01 février 2004 à 19h40 , mis à jour le 09 février 2004 à 15h23

En Bretagne, la gauche unie va tout faire pour ravir la tête de l'exécutif au président du groupe UMP au Sénat Josselin de Rohan.

Bretagne Le phare de Kereon va tre automatis © Manreo

A la barre de la Bretagne depuis toujours, la droite va devoir mener sa barque intelligemment pour conserver les commandes de la région la plus agricole de France. Car la gauche, minoritaire au conseil régional à un seul siège près (38 contre 39), est à l'affût. A la tête d'une coalition PS-PC-PRG, Jean-Yves Le Drian, 56 ans, rêve ouvertement de ravir la tête de l'exécutif au président du groupe UMP au Sénat Josselin de Rohan.

Au fur et à mesure que le scrutin approchait, Jean-Yves Le Drian a multiplié les attaques contre son adversaire. Parmi les chevaux de bataille du député et ancien secrétaire d'Etat à la Mer : la politique des transports. Il conteste notamment l'instauration de voies rapides payantes et réclame la prolongation au plus vite du TGV Ouest jusqu'à Rennes. Sa liste ne manque pas non plus de mettre en avant la situation difficile de l'emploi dans les deux fleurons de l'industrie bretonne : l'agroalimentaire, frappée de plein fouet par la crise de l'agriculture, et le secteur de l'électronique et des télécoms, soumis à de fortes vagues de restructuration et de délocalisation.

Le Drian doit compter sur la fragilité du PS, fraîchement implanté dans la région et soumis à la concurrence de mouvements nouveaux. C'est ainsi que, malgré ses incessants appels à l'union, sa formation devra compter avec la présence d'une liste d'alliance entre les Verts et les autonomistes de l'Union démocratique bretonne (UDB). Elle aura à sa tête Pascale Loget, adjointe (Verts) au maire de Rennes. Parmi ses priorités: la reconquête de la qualité de l'eau, des paysages et d'un environnement sain, le développement d'une agriculture durable en lieu et place du système productiviste et la relance des activités maritimes. De leur côté, Lutte Ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire partent unies à la bataille derrière la LCR Françoise Dubu.

Pas de concurrence du FN

Pour Josselin de Rohan, la bataille s'annonce difficile. Au moins deux écueils menacent l’actuel timonier de la région. D'abord, un bilan contesté. La gauche, qui axe une partie de son discours sur la défense de l'identité bretonne, s’élève contre sa politique culturelle. Elle dénonce la timidité du soutien de l’élu UMP à la cause Diwan -les fameuses écoles de breton. Le président sortant dénoncé un exercice de "politique politicienne". Si les principales attaques viennent de gauche, certaines émanent aussi de la droite. Le candidat à sa propre succession risque fort d'être affaibli par la concurrence de l'UDF. La parti centriste a, en effet, décidé de faire cavalier seul derrière son chef de file local, le maire de Saint-Brieuc Bruno Joncour.

Seule consolation pour Josselin de Rohan: l'absence d'une réelle concurrence de l'extrême droite dans une région marquée par le catholicisme et dont le développement s'est fait via l'apport d'une faible population d'origine étrangère. Le Front national, qui recueille généralement des scores de moitié inférieurs à ses moyennes nationales, sera néanmoins présent, représenté par Brigitte Neveux. Le Mouvement national républicain de Bruno Mégret aura lui aussi une liste dirigée par Lionel David, un médecin de 32 ans de la région rennaise. N’oublions pas non plus la candidature du parti fédéraliste "Breizh 2004", emmenée par Eric Vallerie, professeur des écoles et maître-formateur en IUFM.

Par Loïc Farge (RTL.fr) le 01 février 2004 à 19:40
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