Les enjeux dans le Nord-Pas-de-Calais

Par Frédérique Prabonnaud (RTL.fr), le 01 février 2004 à 15h56 , mis à jour le 09 février 2004 à 15h28

Dans cette région de presque 4 millions d'habitants, une quadrangulaire n'est pas exlue avec au premier tour quatre listes à gauche, deux à droite, deux à l'extrême gauche.

A Lille les services de la DDE sont mobiliss contre la neige © Manreo

Quatre listes à gauche, deux à droite, deux à l'extrême gauche: les électeurs du Nord-Pas-de-Calais ont l'embarras du choix. Dans cette région de presque 4 millions d'habitants, chacun veut défendre ses couleurs. Pas sûr que cela suffise à convaincre les électeurs de se déplacer. Longtemps l'une des plus civique de France, la région a atteint 28% d'abstention au premier tour de la présidentielle de 2002. Autre clé du scrutin, les extrêmes: Front national et extrême gauche ne cessent de progresser.

Si le Nord Pas-de-Calais est la troisième région la plus peuplée de France, avec ses sept métropoles de plus de 100.000 habitants, et la plus jeune avec 28% de moins de 25 ans, c'est aussi l'une de celles où le taux de chômage est le plus fort: 12,3% contre 9,5% au niveau national. Une "insécurité sociale" exploitée par le Front national qui, avec l'épidémie de légionellose dans le Pas-de-Calais, peut aussi jouer sur "l'insécurité sanitaire". Tête de liste, Carl Lang, 46 ans, kinésithérapeute, secrétaire général du parti et élu régional depuis 1992, a ajouté au couplet sur "l'islamisation", une attaque contre "la politique ultramondialiste et ultralibérale" dont est victime le Pas-de-Calais. Il compte bien être au second tour en mars. En 2002, au premier tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen était arrivé en tête dans les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais puis lors des législatives, le FN avait fait plus de 14%. Le MNR de Bruno Mégret présente aussi ses candidats, derrière Yann Phelippeau, 73 ans.

A l'autre extrême, Arlette Laguiller et Olivier Besancenot, candidats à la présidentielle, ont attiré à eux deux 12,6% des suffrages - alors que Robert Hue plafonnait à 5%. Lors des régionales de 1998, Lutte Ouvrière a obtenu 7 élus (6,3% des voix). Dans ce contexte, la liste commune LO/LCR conduite par la trotskiste Nicole Baudrin peut espérer se maintenir au second tour.

"Si vous avez peur du FN, il gagne"

Une quadrangulaire avec l'extrême gauche et l'extrême droite ? L'hypothèse n'est pas exclue. Pas question pour autant pour l'UDF de faire front commun avec l'UMP. La droite modérée présentera deux listes séparées au premier tour. François Bayrou est venu à la mi-janvier à Lille pour convaincre les centristes de maintenir la stratégie d'autonomie décidée lors du conseil national UDF un mois plus tôt. Sa tête de liste, la sénatrice du Nord Valérie Létard, s'était en effet dite prête à constituer une liste commune avec les gaullistes: elle craignait le score du Front national. Réponse du président de l'UDF qui n'imagine pas une victoire du Front: "Si vous avez peur du FN, il gagne".

François Bayrou a défendu "le pluralisme" et Valérie Létard confirmé qu'elle conduirait une liste autonome. Son offre d'union rejetée, Jean-Paul Delevoye mènera donc seul la liste UMP. Ancien maire de Bapaume, conseiller général du Pas-de-Calais, député et sénateur, l'actuel ministre de la Fonction publique de Jean-Pierre Raffarin espère faire basculer cette terre traditionnelle de la gauche – elle y tient les deux conseils généraux, 12 des 17 plus grandes villes et 24 circonscriptions sur 38.

La gauche part divisée. Trois listes, plus celle des trotskistes: l'heure n'est plus à l'union qui prévalait dans l'assemblée régionale sortante. Daniel Percheron, sénateur du Pas-de-Calais, devenu président socialiste de la région en 2001 quand Michel Delebarre a décidé de se consacrer à sa ville de Dunkerque, se représente. Les Verts qui ont présidé la région avec Marie-Christine Blandin en 1992, veulent, derrière Jean-François Caron, exprimer leur "spécificité", sur le nucléaire, les OGM, "l'urgence écologique"... De leurs côtés, les communistes expliquent qu'ils ont tiré les leçons de l'échec du 21 avril: leur tête de liste Alain Bocquet veut "entrer en résistance contre la politique du gouvernement et le diktat du MEDEF". Le député-maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) qui préside le groupe du PCF à l'Assemblée fait de l'emploi sa première priorité et appelle la région à "entrer en résistance".

Par Frédérique Prabonnaud (RTL.fr) le 01 février 2004 à 15:56
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