© ManreoQuatre listes à gauche, deux à droite, deux à l'extrême gauche: les électeurs du Nord-Pas-de-Calais ont l'embarras du choix. Dans cette région de presque 4 millions d'habitants, chacun veut défendre ses couleurs. Pas sûr que cela suffise à convaincre les électeurs de se déplacer. Longtemps l'une des plus civique de France, la région a atteint 28% d'abstention au premier tour de la présidentielle de 2002. Autre clé du scrutin, les extrêmes: Front national et extrême gauche ne cessent de progresser.
Si le Nord Pas-de-Calais est la troisième région la plus peuplée de France, avec ses sept métropoles de plus de 100.000 habitants, et la plus jeune avec 28% de moins de 25 ans, c'est aussi l'une de celles où le taux de chômage est le plus fort: 12,3% contre 9,5% au niveau national. Une "insécurité sociale" exploitée par le Front national qui, avec l'épidémie de légionellose dans le Pas-de-Calais, peut aussi jouer sur "l'insécurité sanitaire". Tête de liste, Carl Lang, 46 ans, kinésithérapeute, secrétaire général du parti et élu régional depuis 1992, a ajouté au couplet sur "l'islamisation", une attaque contre "la politique ultramondialiste et ultralibérale" dont est victime le Pas-de-Calais. Il compte bien être au second tour en mars. En 2002, au premier tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen était arrivé en tête dans les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais puis lors des législatives, le FN avait fait plus de 14%. Le MNR de Bruno Mégret présente aussi ses candidats, derrière Yann Phelippeau, 73 ans.
A l'autre extrême, Arlette Laguiller et Olivier Besancenot, candidats à la présidentielle, ont attiré à eux deux 12,6% des suffrages - alors que Robert Hue plafonnait à 5%. Lors des régionales de 1998, Lutte Ouvrière a obtenu 7 élus (6,3% des voix). Dans ce contexte, la liste commune LO/LCR conduite par la trotskiste Nicole Baudrin peut espérer se maintenir au second tour.
François Bayrou a défendu "le pluralisme" et Valérie Létard confirmé qu'elle conduirait une liste autonome. Son offre d'union rejetée, Jean-Paul Delevoye mènera donc seul la liste UMP. Ancien maire de Bapaume, conseiller général du Pas-de-Calais, député et sénateur, l'actuel ministre de la Fonction publique de Jean-Pierre Raffarin espère faire basculer cette terre traditionnelle de la gauche – elle y tient les deux conseils généraux, 12 des 17 plus grandes villes et 24 circonscriptions sur 38.
La gauche part divisée. Trois listes, plus celle des trotskistes: l'heure n'est plus à l'union qui prévalait dans l'assemblée régionale sortante. Daniel Percheron, sénateur du Pas-de-Calais, devenu président socialiste de la région en 2001 quand Michel Delebarre a décidé de se consacrer à sa ville de Dunkerque, se représente. Les Verts qui ont présidé la région avec Marie-Christine Blandin en 1992, veulent, derrière Jean-François Caron, exprimer leur "spécificité", sur le nucléaire, les OGM, "l'urgence écologique"... De leurs côtés, les communistes expliquent qu'ils ont tiré les leçons de l'échec du 21 avril: leur tête de liste Alain Bocquet veut "entrer en résistance contre la politique du gouvernement et le diktat du MEDEF". Le député-maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) qui préside le groupe du PCF à l'Assemblée fait de l'emploi sa première priorité et appelle la région à "entrer en résistance".
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