Les enjeux en Haute-Normandie

Par Loïc Farge (RTL.fr), le 04 février 2004 à 20h57 , mis à jour le 04 février 2004 à 21h23

Droite divisée contre gauche unie. C’est plus ou moins la situation actuelle en Haute-Normandie à l’approche des élections régionales.

Haute-Normandie © INTERNE

Comme dans le Centre et en Provence Alpes Côte d’Azur, PS, PC, PRG et Verts sont parvenus à se rassembler autour de la candidature du président sortant, le socialiste Alain le Vern. En cas de victoire, les grands gagnants seraient avant tout les écologistes. Ils pourraient doubler leur représentation au conseil général limitée à trois aujourd’hui. Les radicaux passeraient, eux, de zéro à deux représentant. Seule une liste d’alliance LO-LCR a décidé de faire bande à part. Elle aura à sa tête Christine Poupin.

En revanche, la course au perchoir régional suscite toujours une prise de bec entre l’UMP et l’UDF. La nébuleuse "Unis pour la Normandie", emmenée par le maire du Havre Antoine Rufenacht, peine toujours à convaincre le député centriste de l’Eure Hervé Morin de ne pas partir seul à la bataille. Prenant comme référence l’union réalisée à droite à la mairie du Havre depuis 1995 et à la région de 1992 à 1998, l’ex-directeur de campagne de Jacques Chirac lors de présidentielle 2002, a supplié l’UDF de participer à "un travail d’équipe". En vain.

Pas de fusion à droite entre les deux tours ? 

Hervé Morin qui a constitué sa liste autonome sur le thème -très cher à son frère ennemi- de la réunification de la Normandie (aujourd’hui coupée en deux entités régionales), entend bien mener sa tactique jusqu’au bout. Pour ce proche de François Bayrou, Rufenacht veut faire passer le "mistigri de la désunion" aux centristes. D’ores et déjà, le ton est donné entre les deux camps : si le président du groupe UDF à l’Assemblée nationale ne cède pas d’ici février, l’UMP rejettera catégoriquement le principe d’une fusion entre les deux tours.

Pour l’instant, la pression est principalement sur la droite modérée : elle a vu son électorat rogné par le Front national ces dernières années. Le parti de Jean-Marie Le Pen, qui a aussi profité de l’érosion du Parti communiste, s’apprête à jouer le rôle d’arbitre. La tâche de son représentant local, Dominique Chaboche, devrait être facilité par l’absence probable d’une liste MNR en mars prochain, notamment en raisons de difficultés financières. Lors des derniers scrutins, le FN est globalement demeuré en-dessous de ses scores nationaux.

Outre le rêve d’une grande Normandie, l’emploi sera au cœur de la campagne. Classée au troisième rang des régions les plus riches de France (hors Ile-de-France) et fortement industrialisée, la Haute-Normandie vit en effet très mal les plans sociaux en cours et délocalisations annoncées. En témoigne la crainte qui gagne au sein de groupes pourtant bénéficiaires tels que Aventis, Chevron ou encore Exxon Mobil.

Par Loïc Farge (RTL.fr) le 04 février 2004 à 20:57
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience