Les enjeux en Lorraine

Par Loïc Farge (RTL.fr), le 05 février 2004 à 10h47 , mis à jour le 09 février 2004 à 12h13

L'UMP Gérard Longuet est bien décidé à poursuivre sa tâche à la tête de la région. Outre une liste UDF, il devra affronter une liste PS-PC emmenée par Pierre Masseret.

Longuet et Aillagon © INTERNE

Indétrônable, Gérard Longuet ? A la veille des régionales de 1998, personne ne donnait cher des chances de réélection de l’ancien quadra de la "bande à Leo" (Léotard, Madelin et lui-même). Empêtré dans ses démêlés judiciaires et mis à l'index par certains de ses alliés, il avait à l’époque beaucoup perdu de sa superbe mais conservé son siège de président de l’exécutif lorrain. La droite avait même frôlé la majorité absolue à quatre places près. Six ans plus tard, le sénateur UMP de la Meuse est toujours là, bien décidé à poursuivre l’aventure. Mais la dissidence s’organise dans son propre camp. Une fronde, emmenée par la députée UMP de Moselle Marie-Jo Zimmerman et le sénateur UMP Jean-Louis Masson, ont constitué une liste concurrente. Sans oublier la liste du divers droite Jean Kiffer. Autant dire que les négociations d’entre deux tours s’annoncent pour la distribution des places dans l’exécutif.

Gérard Longuet devra aussi affronter une liste UDF, emmenée Nathalie Griesbeck. Une concurrence qui ne devrait pas trop le gêner, vue la pagaille au sein de la fédération locale du parti de François Bayrou. Le choix de la première adjointe au maire de Metz comme tête de liste centriste n’avait pas emporté l’enthousiasme. Et c’est peu de le dire. "Si elle venait à être choisie, cela relèverait de la plaisanterie et du gag de l'année, d'autant plus qu'elle cumule les mandats et ne peut donc siéger au conseil régional de Lorraine ", s'étaient même exclamés plusieurs élus UDF locaux, insistant sur le fait que l’intéressée n'a même pas rejoint le groupe au conseil général de Moselle. Mais surtout, l’UDF semble avoir négligé que Gérard Longuet conserve un carnet d’adresses de son ancienne formation qui lui permet d’influencer certains éléments. 

Plusieurs listes à gauche

Mais si la droite part divisée, la gauche n’a pas la garantie d’enlever une région où elle a perdu dix de ses quinze sièges lors des législatives 2002. L’union n’a pas vraiment abouti, au grand dam de Jean-Pierre Masseret, tête de liste de l’alliance PS-PC. Si le chef de file socialistes mise sur le "secteur non marchand démarqué de la politique libérale" pour créer des emplois dans une région qui vit au rythme effréné des fermetures d’entreprises, son allié communiste Patrick Abate plaide de son côté en faveur du contrôle des fonds publics. Il leur faudra composer avec la liste LO-LCR de Christiane Nimsgern, la liste "La Gauche républicaine" (PRG et Divers gauche) de Daniel Delrez, mais aussi la liste Verts de Daniel Béguin.

A l’extrême droite, c’est Thierry Gourlot, un agent de maîtrise à la SNCF de 44 ans, qui portera les couleurs du Front national. Une désignation qui a aboutit au terme de longues négociations. Dans cette région où, lors de la présidentielle 2002, Jean-Marie le Pen avait renforcé le score du FN des dernières régionales, le chef de file local entend tâcler Gérard Longuet sur les "délocalisations et la désindustrialisation de la région." Le Mouvement national républicain sera aussi de la bataille, avec pour chef de file Annick Martin.

Enfin, deux autres listes viennent compléter ce tableau : celle du Mouvement Ecologiste Indépendant et celle de Chasse, Pêche, Nature et Tradition.

Photo : l'UMP Gérard Longuet et Jean-Jacques Aillagon (AFP)

Par Loïc Farge (RTL.fr) le 05 février 2004 à 10:47
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