© ManreoRégion à l'honneur lors du salon de l'Agriculture 2004, le Poitou-Charentes sera aussi très regardé lors des élections régionales. La droite en général, et Jean-Pierre Raffarin en particulier, veulent garder cette région présidée par l'actuel premier ministre jusqu'à sa nomination à Matignon. Elisabeth Morin qui l'a remplacé mène une liste d'union UMP/UDF pour garder son fauteuil. En face, le PS qui s'est allié avec les Verts et les communistes, compte sur Ségolène Royal pour remporter une victoire symbole.
Reprendre une région qu'a présidée Jean-Pierre Raffarin pendant quatorze ans (de 1988 à 2002): la gauche jubile rien que d'y penser. "Ce serait un symbole pour la gauche de conquérir Poitou-Charentes…avant de s'occuper du reste le moment venu", a déclaré François Hollande en lançant la campagne socialiste pour les régionales. Pour son premier meeting, le premier secrétaire du PS n'a pas choisi au hasard: il était, le 17 janvier, à La Rochelle en Charente Maritime, pour soutenir sa compagne Ségolène Royal. Députée des Deux-Sèvres (élue pour la première fois en 1988, réélue la dernière fois en 2002), présidente du Syndicat du pays du Marais poitevin (et initiatrice de l'appellation "AOC Chabichou"…), c'est elle qui conduit la liste de gauche. L'ancienne ministre de l'Environnement, de l'Enseignement scolaire puis de la Famille est d'ailleurs la seule femme choisie comme tête de liste au PS. Cette énarque, repérée par Mitterrand, se verrait bien à la tête de cette région où est né l'ancien président de la République (à Jarnac, en Charente).
Tous unis pour battre la droite: le Poitou-Charentes fait partie des quelques régions où la défunte "gauche plurielle" s'est reconstituée. PS, PC, Verts et PRG y sont unis dès le premier tour. L'extrême gauche - peu influente sauf dans quelques villes comme Poitiers - fait liste à part, liste conduite par Claude Quémar, membre de la LCR.
Tous unis pour garder la région: l'UMP et l'UDF se sont mis d'accord pour présenter une liste unique dès le premier tour. A sa tête, Elisabeth Morin qui préside depuis juin 2002 le Poitou-Charentes. Cette fille d'enseignants, agrégée d'histoire, est passée de gauche à droite, repérée par René Monory puis parrainée par Jean-Pierre Raffarin qui en a fait sa vice-présidente de région. Face à la médiatique Ségolène, elle joue la carte de l'anti-politicienne, proche du terrain et du terroir: "Nous, notre seule star, c'est la région", dit-elle.
Depuis Matignon, le Premier ministre garde un œil sur le Poitou: il ne manque jamais l'occasion de vanter les mérites de sa remplaçante, cette "femme de cœur et de terrain qui a tous les atouts pour mener son équipe à la victoire". Si Jean-Pierre Raffarin a assuré qu'il irait faire campagne dans toutes les régions sans privilégier la sienne, nombre de ténors de la droite feront le déplacement. C'est même Nicolas Sarkozy qui a lancé la campagne en Poitou-Charentes, le 29 janvier à Angoulême.
Quelles sont les chances de chacun ? Les quatre départements sont à droite, autour des grandes villes "roses" (La Rochelle, Niort, Poitiers), les campagnes restent "bleues" mais lors des dernières régionales, gauche et droite étaient au coude à coude. Et Jean-Pierre Raffarin n'avait dû son élection qu'à une poignée de ralliements dont ceux de chasseurs.
Face au "duel de femmes", le Front national qui a trois élus dans l'assemblée sortante, craint de ne pas passer la barre des 10%. Le chef de file du FN dans la région, Jean-Romée Charbonneau, employé de banque de 51 ans, ancien proche de Philippe de Villiers, conduira la liste. Le MNR de Bruno Mégret présente également son candidat, Pascal Markowsky. Enfin les chasseurs qui avaient deux élus dans l'assemblée sortante, se présente derrière Gérard Fontenay.
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