"Le Pen, un sans-papier de la vie politique"

Par PE, le 18 février 2004 à 15h45 , mis à jour le 18 février 2004 à 15h53

Renaud Muselier, candidat UMP à la présidence de région PACA, était mercredi l'invité du t'Chat tf1.fr/Metro/Wanadoo. Il ne croit pas à une invalidation de la candidature de Le Pen, par une "faute de débutant" et refuse le débat que lui propose Michel Vauzelle. Morceaux choisis…

muselier chat grande © INTERNE

Jean : Votre campagne contre Vauzelle se durcit. Vous l'avez traité de "triste sire" mardi soir à Nice. N'avez-vous pas intérêt à adoucir vos propos sur Vauzelle en cas de 2e tour difficile face au FN ?
Renaud MUSELIER : Je suis, comme dans toute campagne, cible d'attaque. M. Vauzelle comparaitra le 12 mars pour diffamation et allégations mensongères. Il a attaqué ma famille. Mon grand-père a donné la croix de Lorraine à la France libre. Mon père a été déporté à Dachau. L'ensemble de ma famille a été déportée, torturée, décorée. Donc on ne peut pas se permettre de dire n'importe quoi dans la vie politique. La dernière attaque en date a porté sur le fait que j'avais toujours le sourire : c'est vrai. Mais ce n'est pas parce qu'on est du sud qu'on est pas sérieux. Ce n'est pas parce qu'on sourit qu'on est pas travailleur. Et ce n'est pas parce qu'on est jeune qu'on est pas compétent. Je me lève le matin, j'ai le sourire, et quand je me couche je dors bien. Je suis bien dans ma peau ce qui n'est, apparemment, pas le cas de M. Vauzelle.

Je véhicule un message de campagne très positif. Je ne fais que défendre et je n'attaque pas : je présente mon projet pour la région. Les électeurs vont se retrouver devant un choix entre d'un côté l'exclusion représentée par Jean-Marie Le Pen, d'un autre côté l'immobilisme représenté par le sortant qui sera sorti, et enfin moi et toute mon équipe qui proposons l'action. Ce choix est en train d'être fait puisqu'au premier tour j'ai entre 4 et 5 points d'avance sur mes adversaires et près de 10 points sur Jean-Marie Le Pen . On ne fait pas de la politique de la même manière et ma manière postive est entendue.

Jo : Puisque selon vous monsieur Vauzelle est le chef d’une coquille vide, pourquoi refuser un débat public ? Avez-vous peur de certaines vérités ?
Renaud MUSELIER : Je n'ai peur de rien. Mais j'ai surtout un grand respect pour la démocratie. Au 1er tour, il y a huit candidats. Or dans les sondages, moi je suis à 32 %, M Vauzelle à 28%, ça ne fait jamais que 60% des voix. Qu'est-ce qu'on fait des 40 % restants ? On ne les écoute pas ? Ca c'est une faute lourde dans la vie démocratique. Au 2e tour, nous ne serons plus que trois. Tout le monde dit que le 3e est hors-jeu. Donc je suis pour un débat à deux au 2e tour. Au 1er tour, un débat à huit c'est la cacophonie, à deux on confisque la démocratie.

Luigi : M. Raffarin s'étonnait mercredi matin des difficultés de M le Pen en PACA. Vous vous êtes montré incrédule... Et s'il ne peut pas être candidat, que cela va-t-il changer ?
Renaud MUSELIER : Je n'y crois pas . Il habite saint-Cloud tout le monde le sait mais les Parisiens ont toujours un petit studio quelque part dans le sud. Ce serait une faute de débutant, or Jean-Marie Le Pen n'est pas un débutant. Moi j'ai l'habitude de battre mes adversaires par les urnes. Ca fait deux ans que je me prépare donc on ne va pas me l'enlever maintenant ! Jean-Marie Le Pen nous explique toujours que PACA c'est la mère des batailles. Et il n'est plus là. La vérité c'est qu'il ne travaille pas ici, n'habite pas ici et essaye de se servir de la région comme d'un laboratoire et des habitants comme de cobayes. Il a déplacé le débat politique. On ne parle plus du fond mais des problèmes de Jean-Marie Le Pen, de savoir s'il a des papiers ou non. C'est un sans-papier de la vie politique.

LE PINS : Existe t-il un projet pour améliorer les transports en commun entre Aix et Marseille ? Et à quelle échéance peut-on l'envisager ?
Renaud MUSELIER : Il y a d'abord le "pass" unique train/bus/métro entre Aix et Marseille. Il y a un projet de desserte en tramway des quartiers nord de Marseille, par l'extérieur, sous dix ans. Il y a enfin le doublement de la ligne train Aix-Marseille, sous 3 à 8 ans.

Mireille : je vis en cité, et c'est l'enfer, puis-je espérer un changement dans ma qualité de vie ?
Renaud MUSELIER : Ce ne sont pas les régionales qui feront du changement. C'est d'une part l'action de la municipalité, d'autre part l'action de l'Etat. La région ne peut que s'y greffer dans le cadre de ses compétences. Il n'y a pas de recette miracle. Il faut une présence policière, sociale, une présence des institutions, de l'écoute. C'est le mélange de tous ces systèmes qui font que la république fonctionne. Il n'y arien de pire que l'abandon de territoires par la république.

Vous dressez un bilan très sévère de la présidence Vauzelle…
Renaud MUSELIER : Il y a une dérive financière : on est passé à 68% de dépenses de fonctionnement. Il n'y a plus d'investissement. Qunad vous avez une institution qui n'investit plus vous n'avez plus d'avenir. Je m'inscris à l'opposé de cette démarche.

a_buravand : Quels sont pour vous les engagements prioritaires et les objectifs à atteindre si vous êtes élu, notamment dans le sujet épineux des inondations ?
Renaud MUSELIER : Il faut revoir les lois parce qu'à l'heure actuelle nous n'avons pas le droit de creuser le fleuve. Avant le Rhône débordait, on faisait des digues et ça ne débordait plus. Maintenant ça redéborde, et on nous dit qu'il faut casser les digues pour faire des vases d'expansion. La logique m'échappe un peu. J'aimerais qu'on m'explique pourquoi ce qui était valable avant ne l'est plus aujourd'hui. Il me semble tout à fait anormal que des zones entières d'habitation soient inondées tous les ans. C'est la répétition qui rend cela insuppportable. Pourquoi les permis de construire ont-ils été donnés ? Il faut avoir une logique sur l'ensemble du Rhône afin que nous qui habitons en bas ne soyons pas inondés à cause des fautes de ceux qui ont bétonné le haut.

del83 : j'habite St Raphaël je suis maman de deux jeunes enfants et j'aimerais savoir comment vous compter ouvrir des formations aux femmes dans ma situation si nous n'avons pas de structure d'accueil pour nos enfants.
Renaud MUSELIER : pour les enfants, cela dépend de l'organisation locale pour les crèches. Un effort national est fait pour l'ouverture de crèches. Une ville qui a des crèches protège ses enfants. C'est très important d'un point de vue politique. Je propose dans mon programme des "nouvelles gares" avec des crèches au sein même des gares. Cela procure une sécurité de vie. Quant à la formation professionnelle, elle est du domaine de compétences de la région. A l'heure actuelle au Coneil régionale PACA, il y a plus de monde qui travaille sur la communication de l'institution que sur la formation ! Dans notre région, nous avons des demandes d'emploi en grand nombre mais nous n'avons pas les formations adaptées.

Par PE le 18 février 2004 à 15:45
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