© INTERNEAprès trois semaines d’absence, Alain Juppé a retrouvé jeudi soir le terrain militant. L’occasion pour le président de l’UMP d’égratigner son homologue de l’UDF, François Bayrou, qui avait prononcé mercredi un discours très critique envers la gauche mais aussi envers la droite, lors du débat sur la motion de censure du PS à l'Assemblée nationale. "Le seul orateur qui a soutenu le gouvernement (lors de ce débat), c'est l'orateur de l'UMP. Tous les autres me sont apparus comme extraordinairement critiques et donc dans l'opposition", a estimé le président de l’UMP depuis l’Herault.
Puis, au cours d'un meeting à Castelnau-le-Lez, il a affirmé, sans le nommer, que le parti de François Bayrou, était une "catégorie particulière, ni adversaire, ni partenaire". "Il y a un Béarnais qui était venu nous lancer qu'il allait nous empoisonner la vie, eh bien il a tenu parole!", a-t-il lancé, devant un millier de personnes, en référence à la convention du 23 février 2002, à Toulouse, où François Bayrou s'était invité par surprise.
Interrogé jeudi soir sur France 2 François Bayrou, président de l'UDF, a répondu que son parti était "partenaire" avec le parti d’Alain Juppé. Avec l'UMP, "on est partenaires. Nous avons des différences que non seulement j'assume mais que je revendique. Mais je peux travailler avec des gens qui sont différents de moi", a-f-il affirmé. Selon lui, "sans les voix de l'UDF au deuxième tour" des élections régionales, qui se tiendront les 21 et 28 mars, "il n'y a pas beaucoup de régions qui pourraient être gagnées" par la droite et le centre. "Un jour viendra dans les régions françaises où l'on pourra faire travailler ensemble des gens qui n'appartiennent pas au même bord, de l'UMP à la partie raisonnable du PS", a-t-il dit. "Pour que le gouvernement réussisse, il faut qu'il change", a ajouté François Bayrou en estimant qu'il fallait également "adresser un message de changement" au Parti socialiste, "qui n'a pas beaucoup évolué et qu'on n'entend pas beaucoup".
Succession à l'UMP ? Interrogé par les journalistes sur sa succession à la tête de l'UMP, après l'annonce de son retrait en novembre, le député-maire de Bordeaux a séchement répondu: "Cela ne me concerne pas. Je ne suis pas venu pour ça". Son entourage a précisé que M. Juppé était là pour soutenir les candidats aux élections régionales et cantonales en Languedoc-Roussillon et que, par conséquent, il ne répondait "pas aux questions nationales". |
Photo d'ouverture : Alain Juppé, lors du meeting à Castelnau-le-Lez (DR)
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