TF1-LCI - la réunion socialiste de Lens le 16 setpembre 2006 © TF1-LCIA Lens, les supporters de foot ont l'habitude d'un gagnant et d'un perdant. Samedi, après plus de trois heures de débat de bonne tenue, les militants socialistes ont eut peine à désigner un vainqueur parmi les candidats déclarés ou potentiels. "Rien n'est joué", entendait-on ici ou là, tout le monde se réjouissant d'un tel rendez-vous à deux mois du vote des adhérents. Un rappel à l'humilité nécessaire face à l'avalanche de sondages "qui peuvent être si trompeurs", comme l'a rappelé un jeune adhérent.
Ainsi "la compagne commence", comme l'affirmait début septembre Lionel Jospin. Col ouvert et sans cravate, l'ancien Premier ministre a affirmé que le candidat "devrait porter les valeurs de la gauche et entraîner les forces populaires", se posant en défenseur du parti que Ségolène Royal est accusée de contourner. La matinée a offert un nouvel épisode du duel à distance entre la présidente de Poitou-Charentes et Lionel Jospin, avec Laurent Fabius dans le rôle du "troisième homme", livrant un discours musclé, la voix tantôt brisée par la colère, tantôt par l'émotion. Alors que les enquêtes d'opinion le classent dernier de la primaire interne, le député de Seine-Maritime a fait jeu égal à l'applaudimètre avec ses principaux concurrents. "Pour moi, Ségolène reste la meilleure mais Laurent nous a vraiment ébranlés ce matin", a expliqué, émue, Janine, 61 ans dont 20 de parti. "Fabius s'est enfin lâché, c'est certain. Mais quel impact cela aura dans la presse et au sein du parti, on ne sait pas", a commenté Laurent, 33 ans, un des ses partisans.
"Ségolène apprend vite"
Comment déterminer également l'effet du discours tonique et rassembleur de Lionel Jospin chez les militants? "Il a bien parlé, nous aurons besoin de lui, mais pour moi, c'est un peu l'homme du passé. L'heure est venue d'une nouvelle génération", affirmait Martine, une ségoliste enthousiaste. Même tonalité à l'autre bout de la salle pour Paul, un fonctionnaire de 38 ans : "Strauss-Kahn a été bon. Lionel, je ne l'ai pas senti déterminé et dans la peau d'un candidat, mais plutôt d'un guide rappelant ce que doit défendre la gauche".
Déterminée, Ségolène Royal, elle, l'est plus que jamais. La réunion n'a pas tourné au plébiscite, mais la très probable candidate à la candidature a été chaleureusement applaudie lors de son départ avancé pour cause de rendez-vous en Espagne. Souvent critiquée pour les distances qu'elle prendrait avec le programme du parti, la députée des Deux-Sèvres s'est référée d'emblée au "projet socialiste", suscitant l'approbation de Georges, 63 ans, militant fabiusien: "Si elle est désignée, elle aura besoin de s'affirmer sur des idées en rupture avec celles de Sarkozy. Et nous la soutiendrons sans état d'âme". Sur la forme, si certains adhérents l'ont trouvée "un cran en dessous", en comparaison avec le souffle d'un Fabius, tous ont reconnu "qu'elle apprenait très vite". "Je ne l'aurais pas imaginée à ce niveau il y a un an, confie un des nombreux militants qui n'a pas encore fait son choix. Et puis, si elle a pu paraître un peu tendue , on peut le comprendre : elle n'avait pas le droit de trébucher pour ce premier débat". Un exercice réussi donc.
Défendre un projet
A écouter les militants, le déferlement des petites phrases assassines ces dernières semaines n'a pas marqué les esprits. Le PS a franchi samedi dans le calme l'obstacle de son premier round entre présidentiables. "Quand on a la chance d'avoir deux anciens Premiers ministres et quatre anciens ministres qui d'ailleurs ont tous travaillé ensemble à un moment donné, on ne doit pas se disperser dans les divisions", a résumé Guy Delcourt, le maire de la ville qui accueillait ce grand oral.
A l'unisson, deux militants MJS de 25 ans ont rappelé que "l'objectif était avant tout de défendre un projet. Lors de nos tractages sur les marchés, on ne nous parle pas de Ségolène, de Lionel ou de Laurent mais de chômage, salaires et crise de l'éducation. Nous aurons au final un bon candidat". Après le 3 octobre, date de dépôt des candidatures, d'autres débats seront organisés par le parti. Un exercice irremplaçable pour "que les sondages n'influencent pas trop notre choix", espère Fabien qui presse le pas pour faire dédicacer un livre par Lionel Jospin. "Et ce ne sera pas forcément le souvenir d'un homme du passé", sourit-il. Réponse dans deux semaines.
(Image TF1/LCI - Les militants réunis à Lens, le 16 septembre)
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