Lionel Jospin, lors de la réunion de Lens le 16 septembre 2006 © TF1-LCILionel Jospin va-t-il se lancer dans la bataille pour l'investiture socialiste ? Lundi matin, sur Europe 1, il a maintenu le suspense : "Je suis le fils d'une sage-femme, j'irai au terme", a-t-il dit, au terme de la date de dépôt des candidatures, fixée à samedi prochain, ajoutant que "rien ne pouvait l'empêcher" d'y aller. Il lui reste donc quelques jours pour arrêter son choix, même si certains de ses proches laissent entendre qu'il sera bien candidat avec un objectif de plus en plus affiché : barrer la route à Ségolène Royal.
Chaque jour qui passe montre un ancien Premier ministre de plus en plus virulent contre la candidate à la candidature même s'il ne la cite jamais. Selon lui, le débat doit "poser les enjeux de la présidentielle". "On ne peut pas faire une présidentielle sur la carte scolaire, l'encadrement militaire ou sur une remise en cause des 35h", a-t-il lancé dans une charge sévère contre les thèmes avancés par Ségolène Royal. Et de poursuivre : "Nous sommes dans une phase où les débats ne me paraissent pas être centrés sur ce qui sera important pour le pays. Je vois beaucoup de futilités, je vois beaucoup de courses à l'opinion, beaucoup de débats sur des micro-mesures et parfois de la démagogie", a estimé Lionel Jospin.
Quand j'entends un socialiste dire : "Les Français sont les meilleurs experts" et même "meilleurs que les experts", je dis que c'est de la pure démagogie", a-t-il ajouté. Partisane de la "démocratie participative", Ségolène Royal met en avant dans ses discours les "citoyens experts", à qui elle veut donner la possibilité de reprendre en main la politique. Les Français "peuvent s'organiser en syndicats, en partis politiques, en associations mais ils subsistent des savants, des experts", a affirmé l'ancien Premier ministre.
"La raison contre l'opinion"
Si Lionel Jospin a concentré ses attaques sur Ségolène Royal lundi matin, François Hollande n'a pas été en reste. Au nom de " l'unité" du PS, Henri Emmanuelli avait demandé dimanche au député des Landes de "prendre ses responsabilités " en se présentant " car il possède "la légitimité pour mener le combat". Cette proposition, " l'idée d'un leader qui rassemble", aurait "sa logique", a reconnu l'ancien Premier ministre. "Mais, tout ça se prépare puis ensuite s'impose politiquement, naturellement. Donc, la question qu'on peut se poser (...) c'est, est-ce que ça n'est pas un peu trop tard", a-t-il ajouté. .
L'intervention de Lionel Jospin sur Europe 1 n'a pas éclairé sur ses intentions d'être ou non candidat. Elle a en tout cas donné les contours de son éventuelle campagne interne : faire figure de gardien du temple au sein du PS et ramener de "la raison" contre l'obsession de "l'opinion".
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