Lionel Jospin après son annonce de ne pas être candidat à l'investiture du PS pour 2007 © TF1/LCI Depuis des mois, Lionel Jospin répétait qu'il voulait être pour les socialistes "une solution et non un problème". L'histoire dira sans doute que pour être cette "solution", l'ancien Premier ministre aurait du commencer beaucoup plus tôt son retour. Après son retrait au lendemain de sa défaite de 2002, il choisit le silence pour quelque temps. Mais dès avril 2003, il dit ne pas vouloir "revenir à la vie politique" en précisant toutefois que "le choix n'est pas entre silence et retour". Mais que doit comprendre l'opinion ? Que peuvent comprendre les militants socialistes, blessés par son attitude au soir du 21 avril ? Ce non-choix va se traduire dans les mois qui suivent par un retour par petites touches, illisible pour les Français.
Début 2004, il soutient à Marseille des candidats socialistes aux régionales et cantonales. Le 28 août, arrivant à La Rochelle, en provenance de l'île de Ré, il note : "J'étais un peu trop près pour rester loin". Le 27 octobre, paraît son ouvrage, "Le monde comme je le vois", occasion d'une longue tournée de promotion en France et à l'étranger. Son livre est un succès, Lionel Jospin conserve bien dans l'opinion une aura et une figure d'autorité morale.
Ce n'est qu'en juin dernier que l'ancien Premier ministre aborde la question de l'élection présidentielle. Il déclare sur TF1 qu'il se poserait la question de sa candidature s'il apparaissait qu'il était "le mieux placé pour rassembler". Mais déjà, son offre rencontre peu d'échos. Depuis des mois, Ségolène Royal caracole en tête des sondages et les autres prétendants à l'investiture socialiste tracent leur route. Le 26 août, à La Rochelle, voix nouée et larmes aux yeux, Lionel Jospin assume sa responsabilité personnelle dans l'échec de 2002, un aveu nécessaire pour lui permettre de rebondir. Mais de l'avis de nombreux militants, cette clarification est tardive et insuffisante; pour beaucoup, il est désormais "l'homme du passé".
Trois lignes politiques
Pourtant, l'ancien Premier ministre va essayer tout au long du mois de septembre de rattraper le temps perdu. Très présent dans les médias, il répète qu'il n'exclut pas d'être candidat "si cela a un sens pour les Français". Mais ses amis constatent que son éventuelle entrée en lice ne suscite aucune dynamique, ni dans l'opinion, ni même parmi les militants socialistes appelés à voter le 16 novembre. Sa candidature apparaît de plus en plus comme une volonté de faire barrage à Ségolène Royal plutôt que comme porteuse d'un projet. Lionel Jospin attaque sans la nommer la favorite des sondages et sa façon d'aborder la politique. Il défend la "démocratie représentative" contre la "démocratie d'opinion" et l'accuse de "démagogie".
Sans lever l'incertitude, Lionel Jospin indique il y a dix jours qu'il déposerait sa candidature s'il la juge "utile" tout en souhaitant qu'"il y ait moins de candidats" au sein du PS. Mais après avoir attendu en vain un appel de François Hollande en sa faveur, il constate que ni Dominique Strauss-Kahn, ni Jack Lang ne veulent se rallier à lui. Les membres de la "dream team" de 1997 ne veulent plus s'effacer devant la figure du père.
En se retirant de la course interne au PS, l'ancien Premier ministre laisse les militants devant trois lignes politiques. "Selon toute vraisemblance, elles seront sans doute trois : Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius (...) et ça donnera aux militants des choix extrêmement clairs de lignes politiques, quant aux personnalités quant aux manières d'incarner la République", résume Pierre Moscovici. Sans se prononcer pour l'un d'eux, Lionel Jospin a exclu de voter pour la présidente du Poitou-Charentes. Aux yeux des partisans de Ségolène Royal, le renoncement de Lionel Jospin ouvre la voie à la désignation de celle qui est plus que jamais grande favorite. "C'est une très bonne nouvelle" et "un pas décisif vers le rassemblement des socialistes", déclare Arnaud Montebourg, un de ses porte-parole. Analyse évidemment contestée par ses challengers. "C'était déjà jouable, ça l'est encore plus aujourd'hui" puisque le nombre de candidats potentiels se réduit, estime Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




