Jean-Marie Le Pen à Valmy le 20 septembre 2006. © TF1-LCILe président du Front national Jean-Marie Le Pen a souhaité mercredi que la prochaine élection présidentielle soit "un nouveau Valmy", un sursaut face au risque de "disparition" de la France. "Dans sept mois, il s'agit de vaincre ou périr", a déclaré M. Le Pen au pied du moulin de Valmy, site de la bataille de 1792, devant une centaine de partisans et de nombreux journalistes. "Soit la France met en déroute les puissances hostiles" qui la menacent, "soit elle abandonne par un simple vote son histoire et son âme aux armées ennemies du libéralisme mondialisé, du communautarisme, de l'immigration sauvage, de la régression", a-t-il affirmé.
"Sarkozy Le Pen bourgeois"
J.M Le Pen a violemment critiqué ses rivaux potentiels à l'élection présidentielle, s'en prenant en particulier à Ségolène Royal, qui propose "le féminin pour tout changement", et Nicolas Sarkozy, qui "incarne la rupture dans le ton seulement". M. Sarkozy cherche à être "une sorte de Le Pen bourgeois, de Le Pen en cravate", a ironisé le président du FN. Quant à la gauche, "elle a troqué le véritable espoir, la vraie générosité, contre un habile plan média fait de baignade estivale, de poudre aux yeux et de poudre de perlimpinpin", a-t-il dit.
Alors que le Front national a souvent été accusé d'être un parti anti-républicain et xénophobe par le reste du monde politique, Jean-Marie Le Pen s'est posé en seul et dernier défenseur de la "République française"."Je vous invite à embarquer avec moi pour le grand large pour un nouveau chapitre de l'histoire de France", a lancé M. Le Pen, en incluant dans son appel les "Français d'origine étrangère". "Je vous appelle à communier sur nos valeurs dans la mesure où vous respectez nos coutumes et nos lois, dans la mesure où vous n'aspirez qu'à vous élever dans ce pays par le travail", a-t-il déclaré avant d'ajouter : "Il y a eu un Platini, il y a eu un Zidane, pourquoi ce grand dessein ne serait-il pas possible demain".
"Tous Français, non pas de souche ou de papier mais de coeur et d'esprit, nous pouvons constituer demain (...) cette armée hétéroclite des soldats de Valmy", a-t-il encore dit, en rendant hommage à la Constitution "laïque, démocratique et sociale".
Après son discours, le patron du FN est allé déposé une gerbe au pied de la statue du général Kellermann, le vainqueur de Valmy, en croisant à une cinquantaine de mètres des jeunes manifestants du Mouvement des jeunes socialistes, chantant la Marseillaise.
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