Nicolas Sarkozy accueillant les nouveaux militants de l'UMP, à Paris, Salle Gaveau © TF1/LCINicolas Sarkozy a affirmé samedi qu'il était devenu "le bouc émissaire" de l'extrême gauche, "l'homme à abattre" du Front national, et "la bouée de sauvetage" des socialistes "qui se déchirent" mais "ont trouvé leur point commun : haro sur moi". "Et même dans ma famille politique, certains ne sont pas frappés par la grâce de l'unité", a également affirmé le président de l'UMP, qui s'exprimait devant les nouveaux adhérents du parti, réunis à Paris à la Salle Gaveau (VIIIe arrondissement). Il faisait notamment allusion à Dominique de Villepin qui a pris des positions différentes des siennes sur la carte scolaire, les régimes spéciaux de retraites, ou encore le service civil obligatoire.
Pour cette quinzième réunion du genre, depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP en novembre 2004, 5.000 personnes environ étaient venues l'applaudir. Soit plus de deux fois plus que d'habitude, ces réunions rassemblant en général quelque 2.000 personnes. Pour la première fois également, Nicolas Sarkozy a signé des autographes ou des exemplaires de son dernier livre Témoignage (plus de 320.000 exemplaires vendus selon l'éditeur XO et l'UMP). Fait également inhabituel, à l'extérieur de la salle, il a fait arrêter sa voiture pour prendre un bain de foule tandis que de nombreux nouveaux adhérents criaient : "Sarkozy, président".
Appel à une "révolution politique et culturelle"
L'UMP comptait samedi 276.610 adhérents, contre environ 113.000 fin 2004. "Nous avons lancé la bataille des idées, mais en retour, je ne vois en face de moi qu'une bataille de personnes. Je suis devenu la cible, le vecteur, le tremplin de tous ceux qui n'ont rien à dire sur la France", a lancé Nicolas Sarkozy. Après une pique au Parti socialiste, il s'en est pris au parti de François Bayrou : "L'UDF, à défaut d'être entendu, a trouvé son créneau pour subsister: être différent de moi. Comme si c'était un objectif !", a-t-il poursuivi. Enfin, "l'extrême gauche est en miettes mais elle a trouvé son bouc-émissaire : moi. Quant à Jean-Marie Le Pen, il n'y a, pour lui, qu'un homme à abattre : moi !".
"A moi tout seul, je mettrais donc en cause l'indépendance de la justice, l'indépendance des médias, l'indépendance de la France. Pour un succès, c'en est un. Ça va finir par me gêner", a-t-il ironisé. Mais "ce tir croisé ne m'impressionne pas", a soutenu Nicolas Sarkozy. "Je ne devierai pas de ma route" et "j'aimerais qu'on comprenne qu'on ne peut pas faire de politique sans audace. Je veux la rupture avec la façon de faire la politique", ce qui "ne signifie en rien", a-t-il affirmé, "l'abandon des idéaux qui ont guidé notre peuple". Mais "ce petit monde ne supporte pas l'idée que cette rupture puisse être politiquement inclassable", a-t-il conclu, en appelant à une "révolution politique et culturelle qui fera de la France le pays de tous les possibles".
D'après agence
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