Les sites internet des partis politiquesA quelques mois de l'élection présidentielle, les partis de tous bords ont compris que le web pouvait se révéler une arme électorale de poids. Résultat, tous ont lancé ou vont lancer un nouveau site dans le courant de l'année. Avec 100.000 euros de budget internet mensuel (salaires compris), l'UMP fait figure de précurseur sur la toile. Le budget du PS est lui plus modeste : 10 000 euros par mois environ selon Julien Bézille, en charge des nouvelles technologies, pour la même fréquentation que le site UMP, affirme-t-il, soit a peu près 10.000 visiteurs uniques par jour.
Au PS, quatre militants, dont les rédacteurs de l'Hebdo des socialistes, remettent à jour le site en plus de leur activité militante. Au Mouvement Pour la France, trois personnes participent au bon fonctionnement du site : "Ce sont des bénévoles", précise Romain Létang, responsable communication internet. "Nous ne disposons malheureusement pas des moyens des grands partis". Avec 5000 à 10.000 visites uniques par jour, le MPF affirme cependant rivaliser avec les grands partis.
Un million de visites en un week-end
A l'UMP, environ quinze personnes se consacrent à la conception et la remise à jour du site. Et cette différence se fait sentir lors des événements politiques comme la dernière Université d'été de Marseille. Le site proposait alors des concours de podcasts avec des lots à gagner ou encore la création de blogs. Et cette approche marketing de la politique a porté ses fruits. Le pic d'audience du site a été pulvérisé : "Nous avons dépassé le million de visiteurs uniques lors du week-end", se réjouit Thierry Solère, conseiller exécutif en charge des blogs à l'UMP.
Ce succès s'explique également par le référencement sur Google. Une révolution en politique. La méthode consiste à acheter sur AdWords des mots-clés sur des sujets qui font l'actualité et qui permettent à n'importe quel internaute effectuant une recherche de connaître la position de l'UMP. Chaque vague d'achat coûte environ 20.000 euros. Et la méthode semble fonctionner. 35% des nouveaux adhérents se sont inscrits sur le site suite à la campagne menée sur le web. "Quand les liens sponsorisés tombent en panne, nous perdons environ 15% d'adhésions", assure Thierry Solère.
Le podcast, un passage obligé
Parmi les armes virtuelles classiques mais incontournables, la newsletter. 150.000 personnes sont abonnées à celle de l'UMP, et les adhérents reçoivent un SMS en cas d'intervention de Nicolas Sarkozy dans les médias. Le mailing représente également une force de frappe efficace : "Lorsque nous procédons à des campagnes d'e-mailing, la fréquentation du site peut passer de 300 000 à 1 million de visiteurs par mois", souligne Thierry Solère. Au PS, les abonnés ont le choix entre deux newsletters : une quotidienne et une hebdomadaire. Le MPF revendique 20.000 abonnés à la "Lettre de diffusion" et tous les autres partis envoient aussi leur newsletter hebdomadaire.
Et comme il est devenu capital d'aller chercher l'internaute, le podcast est désormais un passage obligé. L'UMP va y consacrer une place importante, avec des "rendez-vous hebdomadaires et quotidiens pendant la campagne", assure Thierry Solère. "Nous voulons mettre en avant l'interactivité", renchérit Julien Bézille du PS. Jean-Marie Le Pen tient depuis un an un podcast vidéo récurrent sur son "Journal de bord" et le MPF inaugurera prochainement un "Journal de campagne" online dans lequel Philippe de Villiers et Guillaume Peltier "parleront aux Français", souligne Romain Létang.
Think tank
Internet est donc devenu un support électoral vital pour les politiques, mais il constitue aussi une manne inespérée d'idées nouvelles. Ainsi, tous ou presque sont informés par leur équipe des mails reçus. "Des mails en provenance de Belgique et du Canada ont permis à Dominique Strauss-Khan de nourrir sa réflexion sur le mariage gay et l'adoption", souligne Benjamin Grivaut, conseiller de l'ancien ministre de l'Economie. "Il lui arrive même de répondre à quelques mails", ajoute-t-il. De même pour Nicolas Sarkozy, à propos du mariage gay, sur lequel il s'est exprimé récemment.
Si le PS et l'UMP s'opposent sur le plan des idées, c'est également le cas pour la stratégie de développement des blogs. Le parti de la majorité joue la carte de l'ouverture totale : tous les militants qui le souhaitent peuvent créer leur blog. Plus de 430 ont déjà été crées. Les blogs du PS sont en revanche uniquement réservés aux élus, aux sections et aux fédérations. Le PS et l'UMP s'accordent cependant en proposant régulièrement une synthèse des meilleurs blogs ou commentaires sur leur blog "amiral" respectif.
Les autres partis comme la LCR ou l'UDF ne proposent pas encore de contenus en adéquation avec le web 2.0 et ne sont clairement pas encore totalement entrés dans l'ère de l'"e-campagne". Il leur reste huit mois pour le faire.
| Habillez vous aux couleurs de votre parti avec les "e-boutiques" |
Puisqu'un parti a toujours besoin d'argent, tous ou presque ont désormais leur "e-boutique". Le militant PS peut par exemple s'équiper en t-shirts, offrir des cravates, des boucles d'oreille, des tasses ou encore jouer au bridge aux couleurs du parti. Et si les tongs UMP, qui ont fait fureur sur les plages cet été ne sont pas disponibles, les militants ont toujours la possibilité d'équiper leur ordinateur d'une souris aux couleurs du parti ou de jouer au foot entre amis avec un ballon UMP.... |
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