Michèle Alliot-Marie © TF1/LCITrès agacée par un article samedi du Parisien annonçant sa candidature comme imminente, Michèle Alliot-Marie n'a pas tardé à recadrer les choses. Dans un long entretien publié mardi par le Figaro, elle s'explique sur sa démarche et son calendrier. Sur le sens d'une éventuelle candidature à la présidentielle, elle avance des atouts : son image dans l'opinion est intacte et elle pourrait neutraliser l'atout féminin que représente la favorite socialiste des sondages.
"De nombreux militants me disent d'être candidate ou me disent que je suis la seule à pouvoir battre Ségolène Royal", explique-t-elle. Michèle Alliot-Marie, qui a créé une association, Le Chêne, dit avoir autour d'elle des élus, des experts, des économistes, des chefs d'entreprises et des "responsables sociaux". Elle disposerait d'ores et déjà du soutien d'une cinquantaine de parlementaires.
"Un soutien financier pas indispensable"
La ministre de la Défense rejette l'idée d'une coalition "chiraquienne" contre Nicolas Sarkozy, aujourd'hui favori des sondages. "Arrêtons les fantasmes !" déclare-t-elle. "Commençons par construire notre projet. Il sera largement temps de voir au début de l'année prochaine qui est le mieux à même de le faire gagner", déclare-t-elle. Au début de l'année prochaine ? Ce calendrier est en train de devenir la pomme de discorde au sein de l'UMP. En effet, Nicolas Sarkozy a répété lundi sur France Inter que plusieurs candidats pouvaient solliciter le soutien de l'UMP pour la présidentielle mais à condition de respecter les règles fixées par le parti. Et de réaffirmer que les candidats éventuels devraient "se faire connaître à la fin du mois de novembre".
Selon cette règle, les militants de l'UMP seront invités à désigner leur candidat lors d'un congrès le 14 janvier. "Ce congrès n'est pas fait pour investir un candidat (...) mais pour apporter le soutien, notamment financier, du parti", rétorque cependant Michèle Alliot-Marie. "Un soutien financier d'un parti est toujours préférable et plus confortable. Mais ce n'est pas indispensable." "Comment le chef de l'Etat, garant de l'unité nationale, à ce titre au-dessus des partis politiques, pourrait-il représenter tous les Français s'il n'est considéré que comme l'émanation d'un parti ?" souligne-t-elle.
"Cela contribue à la division"
La perspective de voir l'an prochain face à Nicolas Sarkozy un candidat estampillé chiraquien provoque des tensions de plus en plus visibles au sein de la majorité. Et les amis du patron de l'UMP ne mâchent plus leur mot. "Ceux qui ne peuvent pas nous faire gagner ne doivent pas nous faire perdre. Oui au débat, non à la division", a lancé mardi matin le ministre délégué à l'Aménagement du territoire. Christian Estrosi a ajouté à propos de Michèle Alliot-Marie que "les militaires ont horreur des tireurs embusqués". "Si elle est candidate, qu'elle le dise (...) S'interroger à voix haute tous les jours pour dire peut-être, je ne sais pas, on verra, cela contribue à la division", a-t-il dit.
Il a demandé à Michèle Alliot-Marie de "dévoiler tout de suite ses véritables intentions", au nom d'une nécessaire "clarification". Lundi, c'était Nicolas Sarkozy en personne qui demandait à Dominique de Villepin de dire s'il était oui ou non candidat. S'il conserve depuis des mois une forte avance dans les sondages, le président de l'UMP a désormais une certitude : il n'aura pas dans la bataille qui s'annonce un boulevard devant lui à droite. Certains dans la majorité ne se résignent pas à le voir comme candidat naturel de leur camp l'an prochain. Et les poches de résistance s'organisent.
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