Les trois prétendants à l'investiture PS pour 2007 lors du débat au Zénith de Paris © TF1/LCI"Il faut que chacun calme ses troupes. Je ne veux pas minimiser ce qui s'est passé ni y mettre trop d'éclairage. J'espère que l'épisode d'hier restera isolé. Moi je suis la seule à ne jamais critiquer les autres. Ce qui est important, c'est que demain, je puisse rassembler tous les socialistes". A l'évidence, Ségolène Royal a difficilement vécu le débat du Zénith et cela transparaissait dans ses propos, vendredi matin sur France Info. La veille déjà, dès sa sortie de la salle parisienne, elle avait lancé : "J'espère que c'est la première et la dernière fois".
Il faut dire que les militants socialistes franciliens, qui étaient 6000 jeudi soir pour assister au débat entre les candidats à l'investiture, ont manifesté tout au long de la rencontre leur soutien bruyant à l'un ou l'autre de leurs champions. Le précédent débat devant les militants, à Clermont-Ferrand il y a une semaine, s'était déroulé devant une assistance attentive et placide. L'ambiance à Paris était au contraire électrique, et Ségolène Royal a eu droit à des huées.
"Laurent président", "DSK DSK"
Dès avant le début de la soirée, les militants faisaient un tour de chauffe : "Ségolène Ségolène!", lançaient les partisans de la présidente de Poitou-Charentes. Les voix étaient aussitôt couvertes par les "Strauss-Kahn Strauss-Kahn!", puis bientôt par les "Fabius Fabius!" Au passage des tourniquets, les responsables de la sécurité de la salle leur avaient souhaité, il est vrai, "bon spectacle". En fond d'estrade, le panneau rose déjà utilisé pour le meeting de Clermont-Ferrand, "réussir ensemble le changement". Sur l'estrade, les fédérations départementales d'Ile-de-France étaient représentées par leurs premiers secrétaires. Nombre d'élus socialistes parisiens -députés, sénateurs, adjoints au maire, maires d'arrondissement - étaient de la partie.
Laurent Fabius, le premier à s'adresser aux militants, a été interrompu fréquemment par des tonnerres d'applaudissements, et salué finalement par des "Laurent président" et une ovation debout de ses partisans. Les vivats ont redoublé quand Ségolène Royal montait à la tribune, robe noire et veste rose foncée, ses partisans hurlant leur soutien, ses opposants donnant aussi de la voix. A plusieurs reprises les huées ont dominé largement les applaudissements, notamment quand elle a évoqué ses thèmes favoris de "démocratie participative" et de "désirs d'avenir". Elle a été cependant, à la fin de son discours, longuement applaudie, également debout.
Dominique Strauss-Kahn, qui a pris la parole le dernier, a semblé particulièrement à l'aise devant une salle sous le charme qui a ponctué son discours de hourras et de "DSK DSK". Anne Sinclair, perdue dans l'assistance, était radieuse. Les trois candidats se sont retrouvés au final sur l'estrade, pour saluer les militants. Ségolène Royal, qui avait trois roses rouges en main, en a alors distribué une à chacun des ses adversaires.
D'après agence
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