Nicolas Sarkozy à l'Assemblée nationale - TF1/LCI © TF1/LCILa situation des ex-squatteurs de Cachan a provoqué une passe d'armes mardi à l'Assemblée entre Nicolas Sarkozy et les députés socialistes. Le ministre de l'Intérieur a en effet accusé le maire PS de la ville et des associations d'exploiter à des fins politiques la misère des familles réfugiées dans un gymnase. "Du côté du gouvernement, nous voulons soulager la misère et non pas l'exploiter", a-t-il lancé. "Il existe des associations politisées qui utilisent la misère de malheureux en leur conseillant de rester au gymnase pour provoquer des problèmes politiques", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy avait auparavant reproché à l'élu socialiste d'avoir voulu faire "un coup politique" en accueillant le 18 août dans un gymnase une partie des familles expulsées la veille d'un squat de la ville. Tandis que les députés PS manifestaient leur colère sur leurs bancs, l'élu visé, Jean-Yves Le Bouillonnec, a demandé à pouvoir bénéficier en fin de séance d'un rappel au règlement pour "fait personnel".
"Une offfre raisonnable"
Sur le fond, Nicolas Sarkozy a affirmé que le dialogue avec les représentants des 200 à 300 familles hébergées dans le gymnase avait repris "en ce moment même". Il a également réitéré son offre d'offrir une solution d'hébergement "à tous ceux qui sortiront du gymnase", une proposition refusée jusqu'à présent. "L'offre est raisonnable", a insisté le ministre de l'Intérieur. L'hospitalisation lundi de deux des six anciens squatteurs de Cachan en grève de la faim depuis le 21 août a souligné l'urgence du problème, notamment sur le plan sanitaire.
France Terre d'Asile a offert mardi de mettre à la disposition des familles 36 places d'hébergement dans un centre de transit de Créteil et 20 places en hôtel "compte tenu de la gravité de la situation à Cachan". Samedi, la préfecture du Val-de-Marne avait indiqué que 31 des 133 familles en situation régulière expulsées ont été relogées ou sont en voie de l'être.
Une réunion vendredi dernier entre des représentants des familles et une conseillère au cabinet du ministre de l'Intérieur, Rachida Dati, a permis de rétablir le contact, écrit mardi Libération. Dominique Sopo, de SOS-racisme, et Patrick Gaubert, président de la Licra, auraient joué les médiateurs officieux compte tenu du blocage depuis un mois et demi.
Limeil-Brévannes/Val-de-Marne : le juge incompétent |
Le juge des référés du tribunal de grande instance de Créteil s'est déclaré mardi incompétent dans le dossier opposant le maire (DVG) de Limeil-Brévannes au préfet du Val-de-Marne, qui ne lui avait pas laissé libre accès à des locaux réquisitionnés par arrêté pour y loger des expulsés de Cachan. Dans sa décision, le juge des référés estime que les "actes pris" par le préfet pour s'opposer à la mise en oeuvre de l'arrêté municipal de réquisition ne sont "pas susceptibles de recevoir la qualification de voie de fait et relèvent de la compétence exclusive de la juridiction administrative". En conséquence, le juge se déclare incompétent et condamne le maire, Joseph Rossignol, aux dépens. M. Rossignol avait assigné le 13 septembre en référé d'heure à heure le préfet, Bernard Tomasini, pour voie de fait. Il considérait que tant que son arrêté de réquisition, pris le 8 septembre, "n'a pas été déclaré illégal" par la justice administrative, "il est exécutoire". Le tribunal administratif de Melun, saisi en référé par le préfet, a suspendu le 21 septembre l'arrêté de réquisition. (D'après agence) |
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