Débat courtois, divergences sur le SMIC et les 35 heures

le 16 octobre 2006 à 21h06 , mis à jour le 18 octobre 2006 à 08h57

Debouts, sur fond clair, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal ont exposé leurs visions économiques et sociales pendant plus de deux heures. Malgré l'absence de confrontation directe, des différences sont apparues sur la façon de créer du pouvoir d'achat, et les suites à donner aux 35 heures.

Les trois candidats du PS à l'investiture - TF1/LCILes trois candidats du PS à l'investiture

Un échange plus long qu'annoncé (deux heures) pour parler 35 heures, SMIC, pouvoir d'achat, santé ou logement... Les trois candidats à l'investiture socialiste ont participé mardi soir à leur premier débat télévisé sans jamais sortir des règles fixées par le parti.  Résultat, une succesion de longs monologues dans une atmosphère courtoise mais figée.  "Le débat a été presque trop respectueux et ce formalisme un peu lourd. Je crains qu'il n'ait d'ailleurs un peu lassé l'opinion, mais je craignais un débat encore plus morne" a bien résumé Michel Rocard en fin de soirée.

"Aucune action politique parfaite"

"Je suis candidate pour faire gagner la gauche et ensuite pour faire réussir la France", a affirmé d'emblée Ségolène Royal, qui a voulu s'adresser aux Français et pas seulement aux militants socialistes. Face aux deux anciens ministres de l'Economie, la députée des Deux-Sèvres, qui avait exprimé des réserves sur ces débats internes, a fait valoir dès les premières minutes qu'elle n'aurait pas "réponse à tout" dans ce débat. "Etre socialiste, c'est répondre aux frustrations et au mal-vivre plutôt que réciter des formules pour faire croire que tout ce qu'on a fait était parfait. Aucune action politique n'est parfaite", a-t-elle lancé.

Ainsi, sur les 35 heures, elle a nié vouloir remettre en cause "les fondements" de cette réformes mise en place par le gouvernement Jospin, mais a affirmé qu'à ses yeux, "la noblesse de la politique c'est de faire du pilotage lorsqu'on applique un certain nombre de grandes réformes". A Laurent Fabius, qui ne veut "pas laisser dire que les 35 heures ont été un échec", la compagne de François Hollande a répliqué que la réduction du temps de travail devait aboutir "à un progrès social, pas à une régression". 

"Social-démocratie moderne"

Fidèle à sa stratégie "à gauche toute", Laurent Fabius a insisté sur son désir de changer les choses, car, a-t-il dit, "il y a des situations, des inégalités, des injustices que je n'accepte pas". S'il est élu président, il augmentera le smic de 100 euros immédiatement. Dominique Strauss-Kahn, qui veut allier "négociation et vérité", les deux piliers d'une "social-démocratie moderne", a exprimé sur ce sujet un "point de désaccord" avec l'ancien Premier ministre. "Le problème est beaucoup plus vaste, c'est le problème de l'ensemble des revenus et pas simplement celui des smicards", a-t-il expliqué.

Carte des "territoires compétitifs" à l'appui, la présidente de Poitou-Charentes a souvent proposé de transposer des solutions régionales à l'échelon national, notamment la suppression de toute subvention publique aux entreprises qui délocalisent.  Sur la question des délocalisations, Laurent Fabius a developpé "un principe nouveau, le principe du délocaliseur-payeur. Il faut attaquer à la caisse".

"Flous"

Mis à part quelques points d'achoppement, les trois candidats à l'investiture ont soigneusement évité de s'écharper. Plusieurs fois ont-ils même affirmé leur accord sur tel ou tel sujet, en évitant toutefois d'échanger le moindre regard. En conclusion, Fabius a tout de même jugé ses concurents "flous" sur le SMIC et les 35 heures. Et DSK de lui répliquer qu'il se trouvait plus "complet". Ségolène Royal a préféré terminer sur une note d'humour, en rappelant  à tous une "différence visible", sa féminité. Au total, ces deux heures ne devraient pas changer la donne dans la compétition socialiste, chacun ayant réussi sa prestation dans son style. Ceux qui attendaient une mise en difficultés de Ségolène Royal sur les sujets économiques et sociaux seront repartis déçus.

Ce débat s'est déroulé à un mois du vote des militants le 16 novembre. Un éventuel deuxième tour aura lieu le 23 novembre. Deux autres débats télévisés, à suivre sur LCI.fr, seront organisés d'ici le vote militant, sur les questions de société puis sur les enjeux internationaux.

le 16 octobre 2006 à 21:06
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105 Commentaires

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  • Michel, le 18/10/2006 à 12h06

    Etonnant... je veux dire que les réactions que je viens de lire sont étonnantes...90 % en faveur de la droite, à croire que seuls les électeurs ou militants de l'UMP ont regardé ce débat ! Et j'écris bien débat, n'en déplaise à ceux qui confondent débat démocratique et jeux du cirque. Il n'y eu pas de mise à mort et c'est sans doute ce qui énerve certains. Quant à avoir le même débat entre les concurrents de droite...chiche ! Intéressant aussi le mépris de certains envers Ségolène Royal, est-ce parce qu'elle est présidente de la région Poitou-Charente qu'elle n'a pas les compétences pour orienter la politique française ? Toujours ce sacré parisiannisme.

  • Gillou, le 18/10/2006 à 10h59

    Cher Vastre : "Ce débat est destiné aux militants socialistes". "Je ne comprends pas que la droite le commente". Alors pourquoi le téléviser, même sur une seule chaine et internet, il suffisait de le faire à huis clos avec vos militants plutôt que de nous bassiner toute la journée aux infos de ce soi disant "débat" qui n'était qu'un récitatif de chaque prétendant à l'investiture.

  • ALJADEM, le 18/10/2006 à 10h54

    Un simple constat à la lecture de tous les commentaires sur cet article : Les 3 candidats à la candidature du PS font l'unanimité (Et c'est peu dire) contre eux

  • Ketty, le 18/10/2006 à 08h50

    J'ai touvé que les 3 socialistes ont été solidaires sur le projet sacialiste, ensuite quelques appréciations différentes,je suis pour ce procédé car l'objectf est de BATTRE la droite et le pari est gagné!

  • HAD, le 18/10/2006 à 08h49

    Kevin !La place de la France dans le monde ,le niveau de son élite ,l'écho de la nation à l'international ,son nombre de chômeurs ,son endettement par rapport au niveau européeen ,sa capacité à intervenir dans les coups durs et surtout son niveau d'aide sociale , l'encadrement médical et niveau de soins ,sans compter 75 millions de touristes étrangers qui visitent ce beau pays ,suffisent à savoir si la France est bien ou mal gérée !Quant à nos critiques je pense que nos politiciens s'en inspirent sinon ce serait de parfaits imbéciles !

  • Norton, le 18/10/2006 à 08h33

    Mais alors qu'à apporter la gauche à la France, à part l'énorme trou de la sécu, des droits accrues pour les délinquants... RIEN ! Que ce soit de gauche ou de droite, le résultat à toujours été le même, des mots rien que des mots, des promesses non tenues..... C'est pas en augmentant le SMIC qu'on va règler les problèmes, serait temps déja de relever le niveau Financier de la France !

  • Daniel, le 18/10/2006 à 08h10

    Pas de télé,donc ni vu ni connu.

  • Patrick, le 18/10/2006 à 07h58

    Quelle est la valeur d'un vrai débat alors que celle, qui s'affiche comme la seule éligible, refuse d'emblée de répondre à certaines questions, préférant afficher sa féminité comme atout différenciel? Comment peut-on faire réussir la France sans pouvoir présenter la moindre référence en matière de gestion de crise ou de meneuse d'hommes (si ce n'est le sien)? Franchement, à ce stade et en analysant le bagage individuel des candidats de la gauche, seul Mr DSK paraît présenter le plus de crédibilité. Mr Fabius cache ses erreurs du passé par une suffisance déconcertante ou.... souffrirait-il d'amnésie sélective? Il ne suffit pas de paraître pour concurrencer Marianne, il faut savoir s'imposer par ses compétences et sa force tranquille pour la servir et préserver sa valeur emblématique. A suivre....

  • Vastre, le 18/10/2006 à 07h25

    Pour donner suite à l'avis de Kevin, New York, j'ai une proposition concrète à faire dans le domaine du temps de travail. Mais je ne fréquente aucun candidat, ni socialiste ni autre, donc ils ne connaitront jamais mon avis. Je propose de doubler le temps de RTT et de porter la durée hebdomadaire du travail de 35 à 40 heures, sans réduction de salaire. Voilà du concret !

  • DUCHEMIN, le 18/10/2006 à 07h12

    BARATIN..........BARATIN.... FINALEMENT ILS N ONT PAS GRAND CHOSE A PROPOSER . ON POURRAIT MEME DIRE RIEN !.... MAIS CELA NE NOUS ETONNE PAS . QUANT A SEGOLENE ROYAL ELLE N A VRAIMENT RIEN MAIS RIEN A PROPOSER !...SI CE N EST SON PHYSIQUE MAIS CELA N EST PAS SUFFISANT POUR PRETENDRE A DIRIGER UN GRAND PAYS COMME LA FRANCE .

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