Les trois candidats du PS à l'investitureUn échange plus long qu'annoncé (deux heures) pour parler 35 heures, SMIC, pouvoir d'achat, santé ou logement... Les trois candidats à l'investiture socialiste ont participé mardi soir à leur premier débat télévisé sans jamais sortir des règles fixées par le parti. Résultat, une succesion de longs monologues dans une atmosphère courtoise mais figée. "Le débat a été presque trop respectueux et ce formalisme un peu lourd. Je crains qu'il n'ait d'ailleurs un peu lassé l'opinion, mais je craignais un débat encore plus morne" a bien résumé Michel Rocard en fin de soirée.
"Aucune action politique parfaite"
"Je suis candidate pour faire gagner la gauche et ensuite pour faire réussir la France", a affirmé d'emblée Ségolène Royal, qui a voulu s'adresser aux Français et pas seulement aux militants socialistes. Face aux deux anciens ministres de l'Economie, la députée des Deux-Sèvres, qui avait exprimé des réserves sur ces débats internes, a fait valoir dès les premières minutes qu'elle n'aurait pas "réponse à tout" dans ce débat. "Etre socialiste, c'est répondre aux frustrations et au mal-vivre plutôt que réciter des formules pour faire croire que tout ce qu'on a fait était parfait. Aucune action politique n'est parfaite", a-t-elle lancé.
Ainsi, sur les 35 heures, elle a nié vouloir remettre en cause "les fondements" de cette réformes mise en place par le gouvernement Jospin, mais a affirmé qu'à ses yeux, "la noblesse de la politique c'est de faire du pilotage lorsqu'on applique un certain nombre de grandes réformes". A Laurent Fabius, qui ne veut "pas laisser dire que les 35 heures ont été un échec", la compagne de François Hollande a répliqué que la réduction du temps de travail devait aboutir "à un progrès social, pas à une régression".
"Social-démocratie moderne"
Fidèle à sa stratégie "à gauche toute", Laurent Fabius a insisté sur son désir de changer les choses, car, a-t-il dit, "il y a des situations, des inégalités, des injustices que je n'accepte pas". S'il est élu président, il augmentera le smic de 100 euros immédiatement. Dominique Strauss-Kahn, qui veut allier "négociation et vérité", les deux piliers d'une "social-démocratie moderne", a exprimé sur ce sujet un "point de désaccord" avec l'ancien Premier ministre. "Le problème est beaucoup plus vaste, c'est le problème de l'ensemble des revenus et pas simplement celui des smicards", a-t-il expliqué.
Carte des "territoires compétitifs" à l'appui, la présidente de Poitou-Charentes a souvent proposé de transposer des solutions régionales à l'échelon national, notamment la suppression de toute subvention publique aux entreprises qui délocalisent. Sur la question des délocalisations, Laurent Fabius a developpé "un principe nouveau, le principe du délocaliseur-payeur. Il faut attaquer à la caisse".
"Flous"
Mis à part quelques points d'achoppement, les trois candidats à l'investiture ont soigneusement évité de s'écharper. Plusieurs fois ont-ils même affirmé leur accord sur tel ou tel sujet, en évitant toutefois d'échanger le moindre regard. En conclusion, Fabius a tout de même jugé ses concurents "flous" sur le SMIC et les 35 heures. Et DSK de lui répliquer qu'il se trouvait plus "complet". Ségolène Royal a préféré terminer sur une note d'humour, en rappelant à tous une "différence visible", sa féminité. Au total, ces deux heures ne devraient pas changer la donne dans la compétition socialiste, chacun ayant réussi sa prestation dans son style. Ceux qui attendaient une mise en difficultés de Ségolène Royal sur les sujets économiques et sociaux seront repartis déçus.
Ce débat s'est déroulé à un mois du vote des militants le 16 novembre. Un éventuel deuxième tour aura lieu le 23 novembre. Deux autres débats télévisés, à suivre sur LCI.fr, seront organisés d'ici le vote militant, sur les questions de société puis sur les enjeux internationaux.
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