Le deuxième débat interne au PS : Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent FabiusLoin du débat convenu de la semaine dernière, Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn se sont nettement affrontés mardi soir sur les sujets de société et leur conception du pouvoir. Pour cette deuxième prestation commune, les trois présidentiables socialistes se sont retrouvés sur plusieurs sujets: défense de la laïcité, politique de la ville, mariage et adoption ouverts aux homosexuels.
Toutefois, pendant deux heures, ils se sont opposés, sur un ton parfois vif : d'un côté Ségolène Royal, qui n'a fait aucune concession sur ses "jurys citoyens", le traitement des jeunes délinquants ou la carte scolaire, de l'autre côté Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.
Premier à parler, Laurent Fabius, costume sombre et cravate bleue, a vertement critiqué les "jurys citoyens" dont Ségolène Royal veut faire une arme de "la démocratie participative". Selon l'ex-Premier ministre, "mettre sous surveillance les élus, c'est introduire une méfiance qu'ils ne méritent absolument pas". Il faut "surtout ne pas épouser une espèce de populisme qui ferait le lit de l'extrême droite", a-t-il mis en garde.
"Je revendique l'objectif d'ordre juste"
Ségolène Royal, veste gris chiné, a répliqué avec véhémence. "Tout ne va pas bien dans la France d'aujourd'hui", a-t-elle lancé, reprochant indirectement à ses contradicteurs de ne pas mesurer l'ampleur de la "crise démocratique". "Si je suis élue, je réunirai des jurys citoyens", a-t-elle affirmé, préconisant l'ouverture de conseils des ministres aux citoyens. Dominique Strauss-Kahn, costume et cravate bleue sombre lui aussi, a tenté de lui opposer le calme d'un homme d'Etat. "Il n'y a pas besoin d'élever la voix", a-t-il glissé, avant de contester le mot de "jury", "assez mal choisi".
Selon lui, la crise en France est "avant tout une crise sociale" et il faut "refonder la république". Le député du Val-d'Oise a critiqué le concept d'"ordre juste" de Mme Royal. "L'ordre ne peut pas à soi seul constituer un projet politique de gauche", a-t-il lancé. "Je revendique l'objectif d'ordre juste et de sécurité durable", a répondu Mme Royal, presque excédée. Elle a revendiqué à nouveau un assouplissement de la carte scolaire, condition d'"une certaine mixité".
"Les camps humanitaires, une alternative à la prison"
Pour Dominique Strauss-Kahn, il vaut mieux mettre "le paquet" dans les écoles des zones difficiles, avec "15 élèves par classe". Si tous trois se sont dits d'accord avec le mariage et l'adoption homosexuels, des conceptions différentes de la famille se sont exprimées. Mme Royal a insisté sur "les fondamentaux de la famille : protection, éducation, amour, transmission des interdits". "L'éducation est la base de tout", a-t-elle dit. M. Fabius s'est voulu libéral: "la droite aime la famille, la gauche aime et soutient les familles".
Sur la sécurité, la présidente de Poitou-Charentes a accusé le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy d'être responsable d'"un système de production de masse de la délinquance". Elle a proposé l'envoi de jeunes délinquants dans des "camps humanitaires encadrés par l'armée" comme "alternative à la prison". Sur ce point aussi, "je tiendrai bon", a-t-elle insisté.
Tout aussi déterminé, Laurent Fabius a dit "non" à cette solution, car "les militaires ont autre chose à faire". J'ai cru comprendre que maintenant, c'est l'encadrement humanitaire", a-t-il ironisé. Même chose pour M. Strauss-Kahn ("je ne peux pas partager ce qui a été dit sur un encadrement militaire"). Le débat a été plus consensuel sur la laïcité, "essentielle", et les banlieues. Contrairement à ce qui était prévu, il n'a pas été question d'environnement. ,
Le dernier débat télévisé aura lieu le 7 novembre. Les candidats y aborderont les questions de politique étrangère.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




