Deuxième round musclé entre présidentiables PS

Par PE avec agence, le 24 octobre 2006 à 21h12 , mis à jour le 25 octobre 2006 à 16h08

Face à Laurent Fabius évoquant "une espèce de populisme" et Dominique Strauss-Kahn pour qui "le mot jury est assez mal choisi", Ségolène Royal a maintenu qu'il fallait "un jury pour évaluer la politique".

Le deuxième débat interne au PS : Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent FabiusLe deuxième débat interne au PS : Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius

Loin du débat convenu de la semaine dernière, Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn se sont nettement affrontés mardi soir sur les sujets de société et leur conception du pouvoir. Pour cette deuxième prestation commune, les trois présidentiables socialistes se sont retrouvés sur plusieurs sujets: défense de la laïcité, politique de la ville, mariage et adoption ouverts aux homosexuels. 

Toutefois, pendant deux heures, ils se sont opposés, sur un ton parfois vif : d'un côté Ségolène Royal, qui n'a fait aucune concession sur ses "jurys citoyens", le traitement des jeunes délinquants ou la carte scolaire, de l'autre côté Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.

Premier à parler, Laurent Fabius, costume sombre et cravate bleue, a vertement critiqué les "jurys citoyens" dont Ségolène Royal veut faire une arme de "la démocratie participative". Selon l'ex-Premier ministre, "mettre sous surveillance les élus, c'est introduire une méfiance qu'ils ne méritent absolument pas". Il faut "surtout ne pas épouser une espèce de populisme qui ferait le lit de l'extrême droite", a-t-il mis en garde.

"Je revendique l'objectif d'ordre juste"

Ségolène Royal, veste gris chiné, a répliqué avec véhémence. "Tout ne va pas bien dans la France d'aujourd'hui", a-t-elle lancé, reprochant indirectement à ses contradicteurs de ne pas mesurer l'ampleur de la "crise démocratique". "Si je suis élue, je réunirai des jurys citoyens", a-t-elle affirmé, préconisant l'ouverture de conseils des ministres aux citoyens. Dominique Strauss-Kahn, costume et cravate bleue sombre lui aussi, a tenté de lui opposer le calme d'un homme d'Etat. "Il n'y a pas besoin d'élever la voix", a-t-il glissé, avant de contester le mot de "jury", "assez mal choisi".

Selon lui, la crise en France est "avant tout une crise sociale" et il faut "refonder la république". Le député du Val-d'Oise a critiqué le concept d'"ordre juste" de Mme Royal. "L'ordre ne peut pas à soi seul constituer un projet politique de gauche", a-t-il lancé. "Je revendique l'objectif d'ordre juste et de sécurité durable", a répondu Mme Royal, presque excédée. Elle a revendiqué à nouveau un assouplissement de la carte scolaire, condition d'"une certaine mixité".

"Les camps humanitaires, une alternative à la prison"

Pour Dominique Strauss-Kahn, il vaut mieux mettre "le paquet" dans les écoles des zones difficiles, avec "15 élèves par classe". Si tous trois se sont dits d'accord avec le mariage et l'adoption homosexuels, des conceptions différentes de la famille se sont exprimées. Mme Royal a insisté sur "les fondamentaux de la famille : protection, éducation, amour, transmission des interdits". "L'éducation est la base de tout", a-t-elle dit. M. Fabius s'est voulu libéral: "la droite aime la famille, la gauche aime et soutient les familles".

Sur la sécurité, la présidente de Poitou-Charentes a accusé le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy d'être responsable d'"un système de production de masse de la délinquance". Elle a proposé l'envoi de jeunes délinquants dans des "camps humanitaires encadrés par l'armée" comme "alternative à la prison". Sur ce point aussi, "je tiendrai bon", a-t-elle insisté.

Tout aussi déterminé, Laurent Fabius a dit "non" à cette solution, car "les militaires ont autre chose à faire". J'ai cru comprendre que maintenant, c'est l'encadrement humanitaire", a-t-il ironisé. Même chose pour M. Strauss-Kahn ("je ne peux pas partager ce qui a été dit sur un encadrement militaire"). Le débat a été plus consensuel sur la laïcité, "essentielle", et les banlieues. Contrairement à ce qui était prévu, il n'a pas été question d'environnement. ,

Le dernier débat  télévisé aura lieu le 7 novembre. Les candidats y aborderont les questions de politique étrangère.



 

Par PE avec agence le 24 octobre 2006 à 21:12
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77 Commentaires

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  • BARTEL Georges, le 25/10/2006 à 11h57

    Nos Présidentiables sont ''hors sujets '' Ils n'ont pas l'air de se rendre compte des réalités des difficultés, trop occupés a se faire élire sur des convictions personnelles. DROITE ou GAUCHE, qu'il se penchent sur les problèmes de la jeunesse et de son avenir ( c'est un sénior de 55 ans qui vous le dit ) Les jeunes chefs d'entreprises dinamyques qui partent s'instaler a l'étranger ? Fiscalement impossible de créer de la richesse en France ... Toute les professions qui créent des richesses sont ataquées ... Il faurait du temps pour en débatre. Le problème actuel sur la restauration ( employeur de beaucoup de main d'oeuvre )décourage complètement une profession. Les ''yeux fermés'' sur les monopoles ( La française des jeux sur les BETTEURS ) On a voulu l'EUROPE mais ont ne peut pas assumer. Il y a tellement de sujets qui découragent les bonne volontés. Nous observerons, par les abstentions ,les découragés du systeme politique qui resterons a la maison ...

  • Vastre, le 25/10/2006 à 11h44

    "Ségolène Royal a même interrompu Laurent Fabius à deux reprises, malgré l'interdiction de tout affrontement direct". La future présidente va sans doute faire un casting pour trouver des niais qui voudront bien cautionner les débats du ...seil des Ministres. Je veux bien en faire partie et profiter des dégustations de petits fours de l'Elysée. Je n'imagine pas que celà puisse être pire que ce que m'offre la préfecture du Gard. En des termes plus politiquement corrects, je conviens de me trouver en adéquation avec l'objectif de citoyennenté tracé par la volonté politique de Madame Royal.

  • Sedolau, le 25/10/2006 à 11h37

    Le désir de pouvoir transparaît tellement pour tous ces candidats qu'ils finissent par perdre leur crédibilité

  • ThomB, le 25/10/2006 à 11h30

    Pour moi DSK a dominé l'ensemble des sujets malgré les provocations racoleuses de Royal et le cinéma de Fabius. Il innove ("patrimoine de départ" pour les jeunes notamment), dit la vérité, connaît les problèmes pour les avoir gérés à Sarcelles. Il rassemblera les socialistes et les français plutôt que de semer la division pour amuser la galerie.

  • Had, le 25/10/2006 à 11h19

    Toujours pour une Femme au pouvoir,je suis obligé de constater que DSK se détache !La route est longue ,Ségolène a le temps de se reprendre et de s'affirmer comme une femme de pouvoir !Vouloir créer le jurys citoyens n'est pas très sérieux .Seront-ils payés ou simplement des bénévoles ?Selon le cas ils risqueraient d'être moins objectifs !

  • Marcel, le 25/10/2006 à 11h18

    Me Royal veut faire croire au peuple qu'il va gouverner relisez votre histoire toutes les dictatures communistes ont commencer ainsi plus une guerre civile or nous en somme pas trés loin

  • Arthur, le 25/10/2006 à 11h17

    Je ne suis pas socialiste, mais je trouve que S. Royale à des idées,qui dérangent peut-être les socialistes. Je serais pour le rétablissement du service militaire, cela mettrait peut-être un peu de plomb dans la cervelle de certains jeunes. Je suis retraité et j'ai fait 27 mois d'armée obligatoire, à l'époque il y avait peut-être moins illêtrés que maintenant. Ce n'est qu'un point de vue.

  • Garcia, le 25/10/2006 à 11h11

    J'ai été agacé par ce débat, car autant j'ai apprécié la subtilité de Mme ROYAL qui tout le long du débat, a titillée comme par jeu ses partenaires, en évoquant ses propositions innovantes, qui bien sur, doivent certainement être étudiées en profondeur pour les mettre en applications, mais je trouve que Mme ROYAL a su tirer son épingle du jeu en faisant preuve d'audace, à l'instar de ses deux concurrents qui étaient plus soucieux de jeter le discrédit sur les orientations de Mme ROYAL, afin de pouvoir se mettre en avant comme si c'étaient eux les meilleurs candidats. Personnellement, je pense que ces deux prétendants se sont fait piégés finement par Mme ROYAL, et je regrette le dédain exprimés par Mrs STRAUSS-KAHN et FABIUS à son encontre, car jusqu'à présent voir même encore maintenant, ma préférence allait à M.FABIUS.Si j'avais un conseil à lui donner, je pense qu'il devrait reconnaître que les idées de Mme ROYAL sont loin d'être dénuées de bon sens, et qu'il devrait plus mettre en valeur son charisme pour défendre ses positions, plûtot que de s'évertuer à vouloir diminuer sa concurrente qui il faut bien le reconnaitre, fait preuve de compétence,d'audace, d'imagination, car ses idées reçoivent une trés large adhésion auprés des citoyens que nous sommes mais surtout ce qui est trés important, d'une grande sincérité en utilisant un language compréhensible par tous. Chapeau bas Mme ROYAL.

  • Liliane Rueff, le 25/10/2006 à 11h11

    Ségolène agressive et crispée défend mal ses thèmes Fabius sur des thématiques pleines de bon sentiment, mais sans le moindre début de faisabilité. Seul DSK, avec un langage vivant et simple, donne des pistes de solutions crédibles , réalistes ; encore meilleur qu'au premier débat.

  • Marquis, le 25/10/2006 à 11h06

    Ce qui serait drôle, c'est de voir Mr Sarkosi élu avec une majorité de gauche à la chambre. Que ferait-il là est la question?

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