Laurent Fabius donnant à Pantin le coup d'envoi de sa campagne en vue de la désignation du candidat socialiste pour la présidentielle de 2007 © TF1/LCILaurent Fabius a donné dimanche à Pantin le coup d'envoi de sa campagne en vue de la désignation du candidat socialiste au mois de novembre, devant 1500 cadres du parti, membres de ses comités de soutien. Son discours a été marqué par une vigoureuse attaque contre Nicolas Sarkozy. "Celui qui devrait oeuvrer à l'apaisement, tout le monde voit bien qu'il joue l'embrasement. Celui dont la mission constitutionnelle est d'apporter le calme, il contribue, c'est triste de le dire, à la violence. Lui qui cherche à rassurer est un facteur d'inquiétude". Mais, a ajouté l'ancien Premier ministre, "la première chose que je lui reproche, c'est son inefficacité abyssale".
Laurent Fabius a demandé "respectueusement au chef de l'Etat, s'il a encore sur lui quelque influence, de rappeler son ministre de l'Intérieur à la fois à l'ordre et au calme". Selon lui, Nicolas Sarkozy "stigmatise un quartier, démoralise les élus locaux, dresse des populations les unes contre les autres, instrumentalise malheureusement les médias et finit par ridiculiser la police. C'est un mauvais service rendu à chaque fois. Un tel comportement n'est pas celui qu'on peut attendre d'un ministre de l'Intérieur, encore moins lorsqu'il veut être candidat à la présidence de la République".
"Je n'accepte pas les salaires de misère, les cadences insupportables..."
Selon le candidat à l'investiture socialiste, "il serait incohérent, et même inconvenant, que celui qui (...) depuis quatre ans échoue, puisse se prévaloir des conséquences de son propre échec pour en tirer électoralement un profit. La République c'est d'abord la paix civile. Si je suis élu je serai d'abord fidèle à ce message, à ce qui est le message de la République et de la France".
Outre cette charge contre le ministre de l'Intérieur, Laurent Fabius s'est présenté comme "le candidat du projet socialiste, le candidat du pouvoir d'achat, le candidat de la construction du futur. Je veux une France forte, une France forte parce que solidaire", s'est-il exclamé. "Je n'accepte pas les salaires de misère, les cadences insupportables, les pensions qui ne permettent pas de vivre, l'écart écrasant des richesses, je n'accepte pas que des dizaines de milliers de familles ne puissent se loger décemment (...) Je n'accepte pas que des jeunes puissent se voir refuser l'entrée d'une discothèque ou subir trois contrôles d'identité au motif de la consonance de leur nom ou de la couleur de leur peau".
Comme "candidat du futur", il a énoncé les défis à relever : "défi de la solidarité, défi écologique, défi démocratique". Il s'est à nouveau prononcé pour "une relance et une réorientation de l'Europe (...) mais pour une Europe différente, sociale, démocratique, environnementale". Il a pris ses distances avec la favorite des sondages Ségolène Royal sur le thème de "la nation" mis en avant par sa concurrente. "Il ne faut jamais laisser dire ou croire que la nation pourrait dériver vers le nationalisme", a-t-il averti.
D'après agence
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