
60% des Français estiment que les responsables politiques sont "plutôt corrompus", mais 24,6% seulement condamnent explicitement la corruption, selon un sondage réalisé par l'institut ISL pour La Croix. Ce sondage a été commandé et analysé par le Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences-Po). Ses conclusions doivent être présentées jeudi et vendredi lors d'un colloque.
Sur le plan des principes, les Français se montrent très sévères : 96,5% d'entre eux affirment qu'ils ne voteraient pas pour quelqu'un mis en cause dans une affaire, même s'il est très efficace - un principe qui semble pourtant battu en brèche dans les faits par les diverses réélections d'élus cités dans des affaires... Un tiers des sondés (32,6%) estiment qu'il y a plus de corruption aujourd'hui qu'avant. Plus des deux tiers des personnes interrogées considèrent que le niveau de corruption est élevé dans les principales institutions politiques : selon elles il y a "beaucoup ou assez" de corruption au sein du gouvernement (77,9%), à la présidence de la République (69,1%), chez les députés (68%). Les Français se disent prêts à dénoncer un acte de corruption dans 61,2% des cas, alors que 30,7% s'y refuseraient.
Corruption inacceptable... ou petits arrangements ?
Selon le Cevipof, les comportements de corruption caractérisés (exemple : un ministre faisant payer des frais de campagne par une entreprise, payer un policier pour éviter une forte contravention) "sont fortement réprouvés" (de l'ordre de 80 à 90% des réponses). Mais d'autres arrangements sont jugés moins sévèrement. Ainsi, demander une lettre de recommandation à un élu pour obtenir une place en crèche est jugé comme "peu grave" par 44,5% des personnes interrogées et "pas grave du tout" par 27,9%. De même, utiliser ses relations publiques pour trouver du travail à un ami est jugé à 70,2% pas ou peu grave.
Le Cevipof définit quatre types de comportements vis-à-vis de la corruption : il y aurait 25,9% de "tolérants", 14,4% de "réalistes fatalistes", 35,1% de "réalistes inquiets" et 24,6% de "dénonciateurs". Au total, un quart des enquêtés condamnent explicitement les différentes formes de corruption et les trois quarts la tolèrent parce qu'ils la jugent de faible importance, notamment parce que "le système marche ainsi".
D'après agence
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