François Hollande arrivant au Conseil national du PS à Paris © TF1/LCIDe François Hollande à Henri Emmanuelli en passant par Dominique Strauss-Kahn, plusieurs responsables socialistes s'en sont pris directement samedi, devant le Conseil national du PS, à l'action du ministre de l'Intérieur, accusé d'entretenir les tensions à la veille de l'anniversaire de la crise des banlieues. Le premier secrétaire du PS a ainsi estimé que ce que faisait actuellement Nicolas Sarkozy, notamment les descentes de police aux Tarterets et aux Mureaux, n'était pas "de l'ordre de la maladresse" mais qu'il s'agissait d'"une stratégie fondée sur la provocation, pour mettre les seuls sujets qui à ses yeux peuvent permettre la victoire de la droite au coeur de la prochaine campagne : la sécurité et l'immigration".
Craignant une réaction des jeunes des banlieues lors de "l'anniversaire triste des événements de Clichy et de ce qu'ils ont déclenché", François Hollande a affirmé qu'un affrontement "ne faisait pas peur" à Nicolas Sarkozy. "Il le recherche, le légitime, le provoque, l'attend", a lancé le premier secrétaire du PS. Il a estimé encore qu'il faudra "beaucoup de courage" aux maires de banlieue pour préserver la paix civile. Le PS, a-t-il annoncé, réunira tous les maires socialistes de banlieue "pour se préparer a cet anniversaire tragique".
Henri Emmanuelli en appelle à Jacques Chirac
Avant lui, Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture, avait également parlé de "provocations" de la part de Nicolas Sarkozy. "Je ne tolère pas l'idée que le ministre de l'Intérieur, qui est en charge d'une responsabilité majeure dans l'Etat, la mette au service de sa propre candidature", a-t-il ajouté. "Nous devons réclamer soit qu'il quitte le ministère de l'Intérieur soit qu'il ne soit pas candidat, mais nous n'allons pas vivre sept mois où le pays va être embrasé à cause des ambitions de Nicolas Sarkozy", a dit encore Dominique Strauss-Kahn.
Henri Emmanuelli, député des Landes, était allé aussi dans le même sens en soulignant sa "très grande préoccupation". "Nicolas Sarkozy joue la provocation, ce n'est pas le rôle du ministre de l'Intérieur de mettre à feu et à sang le pays au service de ses intérêts électoraux", a-t-il dit. Il a demandé au président de la République de "prendre ses dispositions pour ne pas exposer le pays à ce genre de risque".
D'après agence
L'hommage de Nicolas Sarkozy aux pompiers volontaires |
Nicolas Sarkozy, venu samedi à Pau clôturer le congrès des sapeurs-pompiers, a valorisé "l'engagement très fort" des 204.000 citoyens pompiers volontaires : "Vous, les volontaires, vous avez choisi de transcender l'égoïsme et l'individualisme ambiants, vous méritez que votre action soit encouragée et valorisée". Puis, s'écartant du texte de son discours, il a ajouté : "Il y en a assez, on ne parle que des gens qui empoisonnent la vie des autres !" Improvisant sur "les condamnations des pyromanes", il a estimé : "la punition, c'est la première des préventions". Affirmant qu'avoir un pompier volontaire employé dans son entreprise, "c'est une chance et non pas un handicap", Nicolas Sarkozy s'est de nouveau écarté de ses notes pour faire un parallèle ironique entre les pompiers volontaires et "ceux qui sont volontaires pour aller brûler des voitures". |
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