L'heure de la contre-attaque pour Royal

Par , le 10 octobre 2006 à 20h08 , mis à jour le 10 octobre 2006 à 20h29

La députée des Deux-Sèvres ne souhaite plus se taire lorsqu'elle "juge que ses propos sont déformés", une allusion aux critiques de Laurent Fabius.

TF1/LCI - Ségolène Royal lors d'une Fête de la Rose à Guingamp, dans les Côtes d'Armor, le 1er octobre 2006Ségolène Royal lors d'une Fête de la Rose à Guingamp, dans les Côtes d'Armor, le 1er octobre 2006 © TF1/LCI

"Quand deux concurrents vous critiquent pendant des semaines, quand vous perdez des points dans les sondages, il est normal de changer de stratégie". Ce proche de Dominique Strauss-Kahn commente avec satisfaction et ironie le changement de cap de Ségolène Royal : ne plus laisser passer une "attaque" la concernant. Il y voit un signe de nervosité dans le camp de la députée des Deux-Sèvres à dix jours du premier débat télévisé entre les candidats. "Pas du tout, rétorque Jean-Louis Bianco, porte-parole de la candidate. Mais l'on ne peut pas laisser passer éternellement critiques et contre-vérités". Il estime notamment que les déclarations faites la veille sur l'insécurité par Laurent Fabius ne font que "dévaloriser le débat politique".

"Je veux, pour ce qui concerne le Parti socialiste, que nous ne courions pas après Nicolas Sarkozy, qui lui-même court après J.M le Pen", avait déclaré l'ancien Premier ministre, sans citer Ségolène Royal mais en faisant clairement référence à ses prises de position sur les mineurs délinquants. Réponse de Jean-Louis Bianco : "l'insécurité n'est pas de droite ou de gauche, elle touche tous les Français, et d'abord les catégories populaires".

"Je ne veux pas laisser faire ça"

C'est lors d'un dîner lundi soir avec ses soutiens parisiens que Ségolène Royal a expliqué sa nouvelle stratégie. "S'opposer à ceux qui falsifient sa pensée et rabaissent le niveau politique. Concevoir le débat interne comme devant servir à éclairer les enjeux et pas à démolir l'autre par des arguments dévoyés. Sinon le risque est grand que les Français s'exaspèrent de voir les socialistes se regarder le nombril, et je ne veux pas laisser faire ça" a-t-elle confirmé au Monde daté de mercredi.

Depuis quelques jours, les fabiusiens concentrent leurs attaques sur la compagne de François Hollande. Objectif : faire apparaître leur champion comme LE candidat anti-Royal et marginaliser DSK. Mais pour l'instant, les effets chez les sympathisants socialistes sont nuls et Laurent Fabius reste bon dernier dans les enquêtes d'opinion. "Depuis le début de la campagne interne, c'est Dominique Strauss-Kahn qui engrange les points. Sans attaquer ses rivaux, il développe ses thèmes et attire ceux qui ne soutiennent pas Ségolène tout en souhaitant la rénovation" analyse un de ses fidèles. Il gagne 8 points (60% de bonnes opinions) dans le dernier baromètre Ifop/Paris Match à paraître jeudi. Toutefois, la présidente de Poitou-Charentes est jugée comme celle qui ferait le meilleur président de la République. Avec 47%, elle devance de 13 points DSK (34%), Laurent Fabius étant loin derrière (11%).

Chez les trois candidats, on se pose la même question : y aura-t-il ou non un second tour ? "Il faut absolument gagner dès le 16 novembre", a ainsi affirmé samedi lors d'une réunion à huis clos Pierre Mauroy à l'adresse des partisans de Ségolène Royal. En effet, ses amis sont persuadés qu'en cas de duel, l'effet de surprise bénéficierait à son concurrent et la dynamique de campagne de la candidate serait cassée.

Par Renaud Pila le 10 octobre 2006 à 20:08
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15 Commentaires

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  • Peluche, le 11/10/2006 à 13h56

    Désunion à droite, désunion à gauche, tout cela nous invite à voter Jean Marie, il est le seul à avoir un programme et de la volonté ( et pourtant je suis U M P mais déégoutée.

  • Hadry, le 11/10/2006 à 11h24

    Pourquoi pas un bon face à face Ségolène Royal vs Sarkozy Nicolas?! je parie au moins 10 millions de spectateurs !

  • Ulthuan, le 11/10/2006 à 10h06

    Comment ils sont jaloux... C'est vraiement n'importe quoi, je me demande jusqu'ou ils iront ces politiciens! Meme pas loyal!

  • Harper, le 11/10/2006 à 09h38

    Les inspirateur de Ségolène: D'abord ce fut Jean Claude Vandamme pour la politique générale. puis, avec le Rainbow Warrior, ce fut Richard Virenque. Quand ils ont insisté, on est passé à Nixon.

  • Otto, le 11/10/2006 à 08h51

    Avant de dire que d'autres baissent le niveau de la politique au sein du ps, encore aurait-il fallut qu'elle l'aide à s'élever.

  • NORZIELUS, le 11/10/2006 à 08h17

    Y en a marre! Ségolène ne propose rien, elle ne veut pas débattre, on sent qu'elle a peur de quelque chose. En tant que sympathisant socialiste, il nous faut des débats transparents et des propositions concrètes, et pas que des mots comme l'ordre juste. C'est important parce que si elle passe sans débattre, elle va se faire "boxer" par Sarkozy.

  • Mike, le 11/10/2006 à 08h10

    ET ça continu! Jamais d'accord entre eux, mais continuer votre N°, les Francais ne vous font pas confiance!!!

  • Vastre, le 11/10/2006 à 04h49

    Madame Royal doit rester sereine : Fabius n'a pas plus d'idées que Hollande. Il n'a rien à proposer et ne peut que critiquer ses adversaires. Ce n'est pas ainsi qu'on va à l'Elysée.

  • Roderic, le 10/10/2006 à 23h29

    Alors,si c'est bianco qui le dit, lui le gardien de la mémoire de François Mitterand (c'est une sacrée référence), nous ne pouvons que le croire!

  • Laurent, le 10/10/2006 à 23h16

    Ca se désunit au PS, ca va se désunir à l'UMP et on va se retrouver avec un duel Le Pen / Besancenot ... L'ANGOISSE

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