La menace de Ségolène Royal

Par , le 12 octobre 2006 à 18h26 , mis à jour le 12 octobre 2006 à 22h23

Depuis la Réunion, la députée des Deux-Sèvres a déclaré qu'elle pourrait ne pas participer à tous les débats internes organisés par le PS, s'ils étaient "détournés de leur vraie destination".

TF1-LCI, Ségolène Royal le 12 octobre 2006Ségolène Royal le 12 octobre 2006 © LCI

Initialement, elle s'était refusée à parler politique ou campagne interne au PS. Elle était venue à La Réunion pour "écouter, voir les attentes et les espoirs des gens". "Se requinquer" glissait un militant socialiste de l'île. Mais à cinq jours du premier débat télévisé avec ses deux concurrents, Ségolène Royal a fini par dire tout haut ce que ses proches pensent tout bas : "Je ferai les débats dans la mesure où ils sont nécessaires", a-t-elle affirmé aux journalistes qui l'accompagnent. Mais, a-t-elle ajouté, s'ils sont trop nombreux, si les débats sont détournés de leur véritable destination, à ce moment-là je me réserve le droit de ne pas m'y assujettir". "Je ne veux pas tomber dans les polémiques subalternes", a-t-elle ajouté.

Ces derniers jours, elle a dû subir les tirs croisés de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn. Ainsi, l'ancien ministre de l'Economie lui a fait la leçon mercredi soir après sa conférence de presse sur l'Europe. "Un candidat doit avoir une opinion sur les grands sujets" a-t-il affirmé, faisant référence à la formule de la présidente de Poitou-Charentes sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'UE : "mon opinion est celle du peuple français".

"Un appel serein"

Six débats doivent avoir lieu entre les trois présidentiables socialistes : trois débats télévisés les 17 et 24 octobre et 7 novembre, et trois débats devant les militants les 19 et 26 octobre et 9 novembre. "C'est beaucoup", a estimé la candidate à la candidature. "A l'issue des principaux débats, je verrai si il est encore nécessaire de les poursuivre ou si les Français sont exaspérés de voir les socialistes se parler entre eux au lieu de s'occuper des Français", a-t-elle insisté.

Quelques minutes plus tard, le député socialiste Gaëtan Gorce, membre de son état-major de campagne, a souligné que Ségolène Royal souhaitait seulement que les débats internes au PS "se passent bien et soient utiles", sans remettre en cause les débats eux-mêmes. "Elle appelle chacun à ses responsabilités, c'est un appel serein pour que les débats se passent bien et soient utiles", a-t-il indiqué.

"Pas à l'aise dans la confrontation"

En réalité, si les débats télévisés, dont l'organisation a été âprement négociée par les partisans de Ségolène Royal, ne sont pas menacés, certains débats régionaux devant les militants pourraient avoir du plomb dans l'aile.

"Les déclarations de Ségolène Royal sont surprenantes, mais pas totalement étonnantes", a réagi jeudi soir Jean-Christophe Cambadélis, bras-droit de Dominique Strauss-Kahn. "Ségolène Royal n'est pas à l'aise dans la confrontation, c'est pour elle un souci", mais "maintenant, la règle socialiste a été fixée et on ne peut pas revendiquer le respect de la règle et refuser de se la voir appliquer", a-t-il ajouté.


 

Débats, mode d'emploi

Après discussion en commission nationale, le PS a fixé jeudi le cadre dans lequel se dérouleront les débats entre les candidats à l'investiture. Chacun des trois débats télévisés, organisés à partir de mardi et diffusé, notamment, sur LCI, portera sur "dix thèmes incontournables", qui seront communiqués par avance aux candidats.
Le premier débat portera sur les questions économiques et sociales. Les candidats seront notamment interrogés sur la santé, le pouvoir d'achat, la retraite et l'emploi. Le deuxième, le 24 octobre, sur les questions de société et d'environnement, et le troisième, le 7 novembre, sur l'Europe et l'international. Chaque débat commencera à 20h35. Les postulants auront quelques minutes pour exprimer les raisons de leur candidature. Puis les journalistes interrogeront les candidats "à partir des questionnements des militants du PS", par Internet et par courrier. Les candidats auront ensuite quelques minutes pour conclure le débat.
Pour ce qui est des débats devant les militants, les lieux ont également été arrêtés. Le premier se déroulera le 19 octobre à Clermont-Ferrand. Celui du 26 octobre se tiendra dans la salle de la Mutualité à Paris et celui du 9 novembre à Toulouse.


Par Renaud Pila le 12 octobre 2006 à 18:26
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

21 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • MARIE-ANTOINETTE, le 13/10/2006 à 09h59

    Non-respect des règles du jeu égale sortie de match ! Où est l'arbitre ? J'espère que les militants socialistes apprécieront...

  • Bidou, le 13/10/2006 à 08h01

    Madame Royal n'a pas à craindre Fabius et DSK : le pire qui puisse lui arriver est que Jennifer soit candidate.

  • Gus, le 13/10/2006 à 06h17

    Et dire qu'elle veut devenir présidente... J'ai du mal à comprendre sa position.

  • Malaret, le 12/10/2006 à 22h40

    Elle a raison.imagine t-on un débat sarko-villepin-mam ? ce serait aussi débile

  • Stephane, le 12/10/2006 à 22h40

    Mme Royal vous etes candidate a la presidentielle et vous refusez de debattre !!! Cela nous promet de bonnes crises de rires (ou de honte) si vous devez gouvernez la France grace aux sondages Dans ce cas autant tirer au sort le president de la Republique si toutes les decisions doivent etre prise a la lecture des sondages et si cela consiste a eviter de debattre des sujets imortants pour la nation Francaise J'espere que les socialistes choisiront un candidat competent (DSK?) Continuez comme ca on se marre bien au moins grave a vous

  • Leila, le 12/10/2006 à 22h05

    Elle n'a rien à dire , vous n'avez pas compris ?

  • Denis, le 12/10/2006 à 21h46

    Pour les bons mots, à droite, nous avions le plaisir d'entendre la rafarinade et bien maintenant à gauche, il faut s'habituer, nous avons la royalinade !!!! La suite dans quelques jours !!!!

  • Bob, le 12/10/2006 à 21h42

    Bravo Ségolène Royale, continuez dans la voie de l'écoute et du rassemblement du peuple de France, plutôt que de cultiver l'autisme comme DSK et Fabius. Sur l'Europe, DSK n'a toujours pas compris le message du référendum, le message des Français. Et il prétend vouloir les représenter? Jamais!

  • Antoine, le 12/10/2006 à 21h06

    Avec Ségolène, l'on a atteint le niveau zéro de la responsabilité politique ! Le PS -parti de la désespérance populaire où domine une bourgeoisie caviar goguenarde - connaisait déjà avec Dufoix et Fabius les "responsables mais pas coupables". il vient de franchir un pas supplémentaire vers le néant avec une candidate officielle qui brandit son irresponsabilité et sa démagogie en étendard !

  • Socrate, le 12/10/2006 à 20h50

    Le refus d'un débat public à l'intérieur de son propre parti augure mal de la capacité de dialogue d'une candidate qui se veut à l'écoute du peuple. Les citoyens que nous sommes jugeront sur pièces.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience