TF1-LCI - Dominique de Villepin à l'université dété de l'UMP à Marseille le 1er septembre 2006 © TF1-LCI"Il faut stopper le soldat Debré !" a lancé mardi avec humour la députée sarkozyste Nadine Morano même si la nouvelle charge dimanche du président de l'Assemblée nationale contre Nicolas Sarkozy n'a pas du tout fait rire les parlementaires de la majorité. Très inquiets de la tournure qu'ont pris ces dernières semaines les hostilités à l'UMP, les députés ont demandé à leur président de groupe de tirer la sonnette d'alarme. Mardi matin, lors de leur réunion habdomadaire, Bernard Accoyer a donc lancé un appel "au calme et au sang-froid", demandant à chacun de "tourner la page des chamailleries". Prenant ensuite la parole, Dominique de Villepin a appelé les députés UMP à "ne pas se diviser à travers leurs propos" tandis que Nicolas Sarkozy jugeait qu'il fallait "être unitaire pour tout le monde".
Ces propos vont-ils rassurer les élus de terrain ? Pas si sûr. Nombre d'entre eux ne cachaient pas leur envie de dire tout le mal qu'ils pensaient des propos de Jean-Louis Debré qui a fustigé "les attaques incessantes" de Nicolas Sarkozy contre le gouvernement et Jacques Chirac. Mais, pire, aux yeux des députés, il avait adressé "ses voeux chaleureux à Ségolène Royal". Une phrase qui est restée en travers de la gorge des députés, qu'ils soient chiraquiens, comme Philippe Briand, centristes, sarkozystes ou proches de Jean-Pierre Raffarin.
"Commentaires assassins"
"Je suis chiraquien et j'en ai marre de me faire engueuler pour des phrases que je ne partage pas", s'est indigné Philippe Briand. Les deux benjamins, Edouard Courtial et Laurent Wauquiez, ont adressé une lettre à J.L Debré pour exprimer "leur inquiétude" devant les "ravages" provoqués par "le jeu des commentaires assassins au sein de la majorité". Jean-Louis Debré, qui participe habituellement aux réunions du bureau et du groupe, n'était pas présent. Il n'a pas non plus assisté au traditionnel petit-déjeuner du mardi à Matignon.
Mardi, les appels à l'unité n'en ont pas pour autant désamorcé les tensions entre sarkozystes et villepinistes, chaque camp campant sur ses positions. Dominique de Villepin a souligné que tous étaient "désireux de se rassembler autour de celui ou celle qui sera le mieux placé pour gagner en 2007". Manière de signifier que, pour lui, rien n'était plié s'agissant d'une candidature du président de l'UMP.
Nicolas Sarkozy a, quant à lui, voulu stigmatiser "les deux bêtises" de la semaine dernière, à savoir : dire qu'il est possible de se présenter "en dehors du parti" et prodiguer des encouragements à la favorite socialiste des sondages. Visés, Dominique de Villepin et Jean-Louis Debré. Nombre de députés exprimaient leur espoir mardi que la paix armée perdurerait, au nom du réalisme. La suite au prochain épisode...
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