Le Pen en (discrète) campagne en Corse

le 08 octobre 2006 à 12h08 , mis à jour le 08 octobre 2006 à 12h20

Déplacement surprise samedi pour le leader du FN, venu à Calenzana pour un meeting en comité réduit. Il y a exalté la Corse et sa "résistance farouche" au "multiculturalisme".

TF1/LCI : Jean-Marie Le Pen en déplacement à Calenzana (Corse)Jean-Marie Le Pen en déplacement à Calenzana (Corse) © TF1/LCI

Jean-Marie Le Pen est venu samedi à Calenzana, en toute discrétion, afin de déjouer toute manifestation d'hostilité, pour un méchoui sur un terrain privé qui appartient au secrétaire départemental du FN de Haute-Corse, Robert Jacob Dit Luzie. En 1992, puis en 1994, des déplacements du leader du FN avaient déjà été empêchés ou perturbés par des militants nationalistes. Mais le président du Front national est revenu depuis dans l'île sans incident. Le déplacement était symbolique : si en 2002, Jean-Marie Le Pen avait obtenu en Corse un score de 15,68% au 1er tour, inférieur à la moyenne nationale, il avait largement amélioré sa performance au deuxième tour, atteignant 20,22%.

C'est donc devant un comité réduit - une soixantaine de sympathisants avertis de sa venue - et assis à une modeste table de camping, mais au pied d'un immense drapeau tricolore, que Jean-Marie Le Pen a exalté samedi la Corse et sa "résistance farouche et instinctive à l'idéologie dominante" marquée par le "multiculturalisme". Le président du Front national a aussi lancé un appel à la clémence pour les jeunes Corses membres présumés du groupuscule Clandestini Corsi, jugés pour des plasticages visant des Maghrébins.

Les plasticages, "une réaction de désespoir"

 "On a assimilé les plasticages des Clandestini Corsi à du racisme, là où il n'y avait qu'une réaction de désespoir, le désespoir de jeunes gens qui refusent de voir leur culture disparaître", a assuré le président du FN. Une sanction "trop lourde" permettrait à l'Etat de faire un exemple, "pour culpabiliser le peuple corse, pour détruire en lui tout instinct de survie, pour lui faire accepter la société multiculturelle". Le FN "ne justifie pas les réactions de xénophobie", mais les jeunes de Clandestini Corsi "n'ont tué personne, que je sache", a ajouté Jean-Marie Le Pen. "La justice doit donc dans cette affaire juger autant les jeunes que les manques, les carences et les échecs de la politique d'immigration suivie depuis 30 ans".

Le procès de ces 12 jeunes membres présumés de Clandestini Corsi s'est ouvert début octobre devant la cour d'assises de Paris. Apparu en mars 2004, le groupe a revendiqué sept attentats visant des biens appartenant à des personnes d'origine maghrébine. Il affirmait notamment vouloir "stopper l'immigration qui ronge l'île" et menaçait "la communauté maghrébine en Corse d'élimininations physiques".

Evoquant quelques signes de reconnaissance de la spécificité corse, Jean-Marie Le Pen a également réclamé le rétablissement de l'exonération des droits de succession dans l'île et le rétablissement de la zone franche, pour gommer deux décisions "imposées par l'Europe". "Culturellement, historiquement, géographiquement, la Corse c'est la France", a-t-il déclaré toutefois devant la presse, se gardant de prôner une réforme du statut institutionnel de l'île.

D'après agence

le 08 octobre 2006 à 12:08
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