© AFPUne chose est sûre : à défaut de peser fortement sur le débat précédant l'élection présidentielle, il faut reconnaître la force de conviction de Christiane Taubira. Samedi, la députée de Guyane a livré un plaidoyer passionné pour sa candidature à la présidentielle, au Congrès extraordinaire du Parti radical de gauche (PRG), regrettant que "le vote utile soit devenu le seul projet politique de leaders raisonnables", visant à mots couverts le président Jean-Michel Baylet, lequel avait lancé quelques minutes plus tôt un appel à "l'unité" derrière le PS pour faire gagner la gauche. "Nous devons être présents dans cette élection" car "nous avons la responsabilité que cette société retrouve ses élans", a-t-elle affirmé, chaudement applaudie par une partie de la salle.
"Dans un scrutin à deux tours le premier est naturellement un tour de débat, le deuxième de rassemblement", a souligné Christiane Taubira. "Si vous ne voulez pas exister, je ne vois pas pourquoi les autres vous feraient exister", a-t-elle prévenu. Des déclarations qui vont à l'encontre de celles de Jean-Michel Baylet, qui prône lui une union des électeurs de gauche "pour battre la droite". Le président du PRG a en effet proposé aux militants de renoncer à toute désignation hâtive et de convoquer, après la désignation du candidat PS, une "convention commune" avec les socialistes portant sur le programme, puis un "Comité directeur du PRG" pour vérifier que le candidat PS est "en conformité avec la ligne du PRG".
"Si la gauche gagne, il y aura des ministres radicaux"
Une union éventuelle qui cache en réalité un "deal" politique passé avec le Parti Socialiste. Le PRG et le PS on en effet trouvé un accord cette semaine portant sur "36 circonscriptions" gelées au profit du PRG, ce qui devrait permettre d'avoir "à très peu de choses près un groupe PRG homogène" de 20 députés à l'Assemblée nationale. La seule condition : que le PRG ne présente pas de candidat à la présidentielle. "Si la gauche gagne, il y aura des ministres radicaux", a encore précise Jean-Michel Baylet.
Lors de son intervention, la députée de Guyane a laissé entendre qu'elle pourrait quitter le parti, si sa candidature n'était pas retenue. Une déclaration en forme d'ultimatum qui pourrait l'isoler au sein d'un parti déjà en proie aux tensions partisanes. Le Congrès du PRG doit décider dimanche de présenter ou non une candidature en 2007.
Tapie souhaite attendre |
Bernard Tapie s'est dit favorable samedi à ce que soit laissée ouverte la possibilité que le parti radical de gauche (PRG) ait un candidat à la présidentielle, si le candidat socialiste désigné n'était pas "dans la ligne" des radicaux. Refusant l'idée d'une "alliance immédiate" avec le PS, "quel que soit le candidat et ce qu'il va faire", il a aussi récusé aussi une candidature de Christiane Taubira. La suggestion du président du parti, Jean-Michel Baylet, "est sage", et "ne compromet aucune" hypothèse, a-t-il déclaré, en marge du congrès auquel il participe.
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