Primaires PS : passe d'armes autour du "projet socialiste"

le 26 octobre 2006 à 22h05 , mis à jour le 26 octobre 2006 à 23h18

Devant les militants réunis jeudi soir au Zénith, à Paris, Fabius a défendu le projet et Royal, même sifflée, a maintenu son idée de "jurys citoyens".

[Expiré] [Expiré] fabius royal strauss-kahn zenith débat PS © AFP/B.Tessier

Ambiance électrique, au Zénith. Les quelque 6000 personnes venues assister, jeudi soir, au deuxième débat devant les militants ont manifesté avec enthousiasme leur soutien à l'un, l'une ou l'autre des candidats à la candidature PS. Et à l'applaudimètre, difficile de dire qui s'en sort le mieux. Premier prétendant à l'investiture à s'exprimer, Laurent Fabius a vigoureusement défendu le projet socialiste. Sous les applaudissements. "Chaque jour ou presque, des idées jaillissent autour et même souvent chez nous", les socialistes, a affirmé l'ancien Premier ministre. "Je voudrais proposer l'idée la plus nouvelle, celle avec laquelle aucune autre ne pourra rivaliser : je propose qu'en 2007 le candidat désigné par le Parti socialiste applique le projet socialiste", a-t-il lancé, avant d'être hué par une partie du public quand lui a été demandé de préciser ses idées pour relancer l'Europe.

En défendant bec et ongles le projet socialiste, Laurent Fabius lance une pierre dans le jardin de Ségolène Royal, et dans une moindre mesure dans celui de Dominique Strauss-Kahn - l'ancien Premier ministre leur a souvent reproché, indirectement, de s'écarter du projet du PS. Certes, a dit Laurent Fabius, le projet socialiste n'est "pas un texte sacré", mais "il tire les leçons des modifications du capitalisme mondial, les leçons de notre expérience gouvernementale, il vise à transformer la société, il est seul capable de faire face aux défis qui nous attendent et de rassembler la gauche". 

Sifflets

Le projet socialiste? "Bien, mais pas suffisant", a répondu Ségolène Royal. Lors de son intervention, la présidente de la région Poitou-Charentes a estimé qu'il ne fallait pas "avoir peur du peuple" et a continué à défendre son idée de jurys citoyens. Même sous les sifflets d'une partie de la salle. "La démocratie c'est comme l'amour, plus il y en a, plus elle grandit", a-t-elle affirmé. "Alors j'entends dire que ce serait le retour à Mao ou aux Soviets ?", a-t-elle poursuivi, faisant allusion aux propos de certains élus UMP mardi à l'Assemblée nationale. "Mais le projet socialiste est bien plus audacieux que les jurys de citoyens", a-t-elle affirmé, citant le droit de pétition populaire qui permettrait à des citoyens d'amener une proposition de loi à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

Les catégories populaires "qui nous ont manqué en 2002, elles ne vont pas venir comme ça vers nous simplement parce qu'on agitera le projet", a dit la favorite des sondages, chaudement applaudie lorsqu'elle a évoqué l'Europe et le traité constitutionnel européen qui "est caduc".

"Goût du débat"

Déjà, à leur arrivée, les candidats à la candidature avaient affiché leurs différences. Ségolène Royal a approuvé l'idée de Dominique de Villepin de télédiffuser les conseils des ministres, tandis que Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius l'ont critiquée. "C'est une bonne chose si les bonnes idées sont reprises", a affirmé Ségolène Royal. DSK a raillé l'idée : "C'est du cinéma. Je ne crois pas que ce soit sérieux. Autant il est normal que les électeurs puissent savoir ce que les élus ont décidé, mais je ne crois pas qu'il faille confondre la transparence, qui est nécessaire, et la surveillance". "Je vois ça de façon amusée. Moi, je n'ai jamais été l'inspirateur de M. de Villepin", a encore affirmé Dominique Strauss-Kahn, en guise de pique à Ségolène Royal. Sur le même mode, Laurent Fabius a dit : "Je pense que (le Premier ministre) a repris plutôt l'aspect télévisé que l'aspect conseil des ministres". 

C'est le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a ouvert ce deuxième débat devant les militants, après celui de Clermont-Ferrand jeudi dernier, en saluant "le goût du débat" des socialistes mais "sans jamais remettre en cause notre unité".

D'après agence (avec Renaud Pila, sur place)

le 26 octobre 2006 à 22:05
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47 Commentaires

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  • MARTIN, le 27/10/2006 à 14h22

    C'était un débat surprenant... et un duel entre Fabius et Royal. En tant que nouvel adhérent, je suis resté surpris de ces jeunes pro-Royal, sifflant Fabius, et des pro-Fabius vengeant leur candidat en huant Royal. Au final, j'ai trouvé DSK très "présidentiel" : il a réellement donné sa chance à la Gauche. Je pense que je resterais miliant s'il l'emporte. Sinon...

  • Frédéric, le 27/10/2006 à 14h17

    Hallucinant ! Je lis les journaux ce matin et je vois des choses qui me font bondir. J'étais dans la salle hier soir, une ambiance du tonnerre et franchement, le rapport fait par les médias est simplement faux. Ca s'est pas passé comme ça ! Les partisans de Royal avaient placé une cinquantaine de jeunes juste au premier rang et c'est eux qui ont commencé à huer Fabius. Et c'est après que les fabiusiens ont répliqué. C'était flagrant ! Mais hier soir, y'en a un qui vraiment su conquérir et convaincre la salle, c'est DSK. Il a développé des vrais thèmes de Président, il a calmé le jeu et rassemblé tout le monde. J'ai été bluffé par ce mec ! Il est super bon. Il ne s'est pas fait huer et il a même drôle plusieurs fois. Franchement, Royal, hier soir, elle n'a vraiment pas dit grand chose et en plus elle était mal à l'aise et s'est mal exprimée. Et c clair qu'elle s'est fait siffler car elle racontait uniquement des généralités, des trucs à l'eau de rose (avec son histoire de caillou à la Réunion, ou son intro), avec même des contre-vérités parfois (elle a dit que les comptes-rendus de Delanoe, c'était ses jurys populaires). Du n'importe quoi. La gueule de Delanoe qui pouvait pas intervenir et rétablir la vérité. Franchement, elle a pas été convaincante et s'est franchement emmêlé les pinceaux pas mal de fois, avec une phrase super démago : La démocratie c'est comme l'amour. Plus il y en a, plus elle est grande !!! Tu m'étonnes que les militants la sifflent !

  • Philippe L., le 27/10/2006 à 14h03

    J'étais présent hier soir dans la salle. Laurent Fabius est intervenu en premier, devant un auditoire attentif, ponctuant ses interventions de quelques envolées lyriques applaudies par les militants. Evidemment quand est arrivée la question sur l'Europe, de nombreux militants l'ont pris à partie en scandant "le plan B, le plan B!!". Quand le tour de Ségolène Royal est arrivé, les choses ont pris un tour complètement différent. Manifestement, les ségolénistes avaient essayé d'organiser la claque. Quelques paquets de militants placés plutôt au devant de la salle portant de jolis badges colorés frappés du fameux "désirs d'avenir" ont alors scandés des "Ségolène, Ségolène!!". La réaction ne s'est pas faite attendre. Une puissante vague de huées venant de toute la salle à noyer les encouragements de ses supporters. Ensuite dans son intervention, elle a été particulièrement confuse parlant de généralités (anniversaire de Mitterrand, inauguration du Zénith par Mitterrand, etc.) suscitant l'impatience des militants. Ses interventions pour défendre les jurys populaires, pour clamer l'importance des sondages ont copieusement été huées. Il en a été de même de sa formule marketting "désirs d'avenir". Est alors arrivé DSK, avec une voix posée et en même temps impressionnante de force, la voix d'un ténor. Nul doute qu'il y avait l'étoffe de l'homme d'état hier soir dans son discours, porté par une vision d'ensemble de la société. En quelques phrases il a su à la fois rappeler les grandes conquêtes sociales de la gauche, rappeler l'engagement internationaliste des socialistes et dire son dessein pour une France forte, solidaire et rayonnante. Son intervention a été la plus applaudie. Contrairement à ce que laisse entendre les journalistes, la salle n'était pas entièrement cadenassée par les militants convaincus d'un bord ou de l'autre. Il y avait beaucoup de militants qui étaient venus pour écouter le débat sans avis préconçu.

  • Daniel, le 27/10/2006 à 13h46

    C?est vrai. Moi j?étais dans la salle, j?ai vu comment ça s?est passé ! Ce sont les partisans de Ségolène qui ont commencé avec les sifflements ! C'est ça que la presse devrait dire au lieu de la faire, encore passer pour une oie blanche et une victime.

  • Géraldine, le 27/10/2006 à 13h45

    Ségo, arrête ta démagogie ! tu as été ridicule hier soir avec tes faux hommages à Mitterrand ! Quelle récupération. Et quand tu as mis derrière « démo participative » tout et n?importe quoi, notamment les comptes-rendus de mandat de Bertrand ! C?était creux, que des formules !

  • Frédéric, le 27/10/2006 à 13h44

    Ce que j'ai vu au Zénith hier m'a désolé. Les pro-DSK, très organisés, sont prêts à tout pour l'emporter. Peine perdue car convaincre le peuple c'est autre chose que faire un carton chez les bobos parisiens

  • Zoubeda, le 27/10/2006 à 13h37

    Hier soir, moi j?étais là !, malgré ce que dit la presse, C?EST DSK QUI A GAGNE LE C?UR COMME LA TETE DES SOCIALISTES !

  • Fanny, le 27/10/2006 à 13h36

    DSK est pour moi celui qui peut faire gagner la gauche en 2007, déjà en rassemblant son propre parti. La preuve : aucun sifflet, contrairement aux deux autres !

  • Vincent, le 27/10/2006 à 13h36

    Moi aussi j?étais là hier soir, c?était magnifique. Pas de mot assez fort pour décrire ce qui s?est passé ! DSK a été phénoménal ! splendide discours sur le fond comme sur la forme ! Bravo DSK !

  • Katie, le 27/10/2006 à 13h35

    MOI J?ETAIS AU ZENITH contrairement à certains journalistes apparemment ! Il y a un vrai vainqueur : c?est DSK ! Il a retourné la salle ! DSK Y VA GAGNER !

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