© AFP/B.TessierAmbiance électrique, au Zénith. Les quelque 6000 personnes venues assister, jeudi soir, au deuxième débat devant les militants ont manifesté avec enthousiasme leur soutien à l'un, l'une ou l'autre des candidats à la candidature PS. Et à l'applaudimètre, difficile de dire qui s'en sort le mieux. Premier prétendant à l'investiture à s'exprimer, Laurent Fabius a vigoureusement défendu le projet socialiste. Sous les applaudissements. "Chaque jour ou presque, des idées jaillissent autour et même souvent chez nous", les socialistes, a affirmé l'ancien Premier ministre. "Je voudrais proposer l'idée la plus nouvelle, celle avec laquelle aucune autre ne pourra rivaliser : je propose qu'en 2007 le candidat désigné par le Parti socialiste applique le projet socialiste", a-t-il lancé, avant d'être hué par une partie du public quand lui a été demandé de préciser ses idées pour relancer l'Europe.
En défendant bec et ongles le projet socialiste, Laurent Fabius lance une pierre dans le jardin de Ségolène Royal, et dans une moindre mesure dans celui de Dominique Strauss-Kahn - l'ancien Premier ministre leur a souvent reproché, indirectement, de s'écarter du projet du PS. Certes, a dit Laurent Fabius, le projet socialiste n'est "pas un texte sacré", mais "il tire les leçons des modifications du capitalisme mondial, les leçons de notre expérience gouvernementale, il vise à transformer la société, il est seul capable de faire face aux défis qui nous attendent et de rassembler la gauche".
Sifflets
Le projet socialiste? "Bien, mais pas suffisant", a répondu Ségolène Royal. Lors de son intervention, la présidente de la région Poitou-Charentes a estimé qu'il ne fallait pas "avoir peur du peuple" et a continué à défendre son idée de jurys citoyens. Même sous les sifflets d'une partie de la salle. "La démocratie c'est comme l'amour, plus il y en a, plus elle grandit", a-t-elle affirmé. "Alors j'entends dire que ce serait le retour à Mao ou aux Soviets ?", a-t-elle poursuivi, faisant allusion aux propos de certains élus UMP mardi à l'Assemblée nationale. "Mais le projet socialiste est bien plus audacieux que les jurys de citoyens", a-t-elle affirmé, citant le droit de pétition populaire qui permettrait à des citoyens d'amener une proposition de loi à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.
Les catégories populaires "qui nous ont manqué en 2002, elles ne vont pas venir comme ça vers nous simplement parce qu'on agitera le projet", a dit la favorite des sondages, chaudement applaudie lorsqu'elle a évoqué l'Europe et le traité constitutionnel européen qui "est caduc".
"Goût du débat"
Déjà, à leur arrivée, les candidats à la candidature avaient affiché leurs différences. Ségolène Royal a approuvé l'idée de Dominique de Villepin de télédiffuser les conseils des ministres, tandis que Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius l'ont critiquée. "C'est une bonne chose si les bonnes idées sont reprises", a affirmé Ségolène Royal. DSK a raillé l'idée : "C'est du cinéma. Je ne crois pas que ce soit sérieux. Autant il est normal que les électeurs puissent savoir ce que les élus ont décidé, mais je ne crois pas qu'il faille confondre la transparence, qui est nécessaire, et la surveillance". "Je vois ça de façon amusée. Moi, je n'ai jamais été l'inspirateur de M. de Villepin", a encore affirmé Dominique Strauss-Kahn, en guise de pique à Ségolène Royal. Sur le même mode, Laurent Fabius a dit : "Je pense que (le Premier ministre) a repris plutôt l'aspect télévisé que l'aspect conseil des ministres".
C'est le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a ouvert ce deuxième débat devant les militants, après celui de Clermont-Ferrand jeudi dernier, en saluant "le goût du débat" des socialistes mais "sans jamais remettre en cause notre unité".
D'après agence (avec Renaud Pila, sur place)
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