Bordeaux : Alain Juppé dans un bureau de vote lors de l'élection municipale anticipée du 8 octobre 2006 © TF1/LCIC'est une victoire sans appel pour Alain Juppé, deux ans après sa condamnation à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR à Paris, et après son exil au Canada. La liste UMP-UDF-DVD qu'il emmenait à l'élection municipale anticipée de Bordeaux a remporté dimanche 56,24% des voix. Il n'y aura donc pas de deuxième tour, et l'ex-Premier ministre et ancien maire de Bordeaux en profite pour améliorer son score : en 1995 et 2001, il avait déjà été élu dès le premier tour par respectivement 50,28% des voix (avec un taux d'abstention de 39%) et 50,96% (45%).
Sa traversée du désert, qui s'achève avec son retour dans le fauteuil de maire de Bordeaux, Alain Juppé y a fait allusion dimanche soir, dans une première déclaration après l'annonce des résultats officiels des municipales : "Cette victoire, nous la devons surtout aux Bordelaises et aux Bordelais. C'est donc à eux que je veux m'adresser ce soir. Le peuple de Bordeaux m'a donné aujourd'hui sa confiance ; après une période difficile, vous comprendrez que c'est pour moi un nouveau départ".
Première étape de la reconquête
L'élection de dimanche a toutefois été marquée par un faible taux de participation (44,10%), soit un recul de plus de 10 points par rapport à 2001. La liste PS-PCF conduite par Jacques Respaud a obtenu 25,20 % des voix, en nette progression par rapport à 2001 quand la liste conduite alors par le député européen Gilles Savary avait obtenu 19,99%. Celle des Verts dirigées par Pierre Hurmic est créditée de 10,30% (contre 9,59%), et celle du Front national conduite par Jacques Colombier de 6,15% (5,04%). La cinquième liste en présence, menée par Emmanuel Bichindaritz, soutenue par la LCR, n'aura pas d'élu au conseil municipal, n'ayant rassemblé que 2,10 % des voix.
Pour Alain Juppé, cette élection est la première étape de la reconquête de ses mandats abandonnés après sa condamnation. Il a d'ores et déjà annoncé qu'il serait également candidat à Bordeaux lors des élections législatives de 2007 et a également indiqué qu'il se mettrait en ordre de bataille pour retrouver la présidence de la Communauté urbaine de Bordeaux, dirigée depuis son départ par le président socialiste du Conseil régional Alain Rousset. Interrogé dimanche sur son rôle éventuel dans la campagne présidentielle de 2007, il a simplement répondu : "Je suis en position pour servir les Bordelais".
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