Ségolène Royal lors d'un débat à la cité de la réussite © TF1/LCIDimanche, à la Cité de la réussite, Ségolène Royal a accusé Nicolas Sarkozy de pratiquer le "déni de démocratie". "Quand on entend un responsable politique aujourd'hui au pouvoir annoncer ses intentions s'il est élu, c'est invraisemblable", a dit la favorite des sondages à gauche. "Le pouvoir j'en ferai quelque chose, je ne trouverai pas je ne sais quelle échappatoire une fois élue pour dire "si je suis élue dans le futur, vous verrez ce que vous verrez" ", a-t-elle déclaré. "Quand on est aux responsabilités que l'on dit "vous verrez dans 6 ou 7 mois ça va être formidable si je suis aux responsabilités, c'est un déni de démocratie", a-t-elle ajouté sans jamais citer le nom du ministre de l'Intérieur.
Surveillance citoyenne
La candidate à l'investiture socialiste pour la présidentielle, a aussi accusé le gouvernement de "manquer de courage" et de "manquer à sa parole" en renonçant à deux dispositions phares du projet de loi de réforme de la Justice. Le garde des Sceaux, Pascal Clément, a annoncé que le projet qui sera présenté mardi en Conseil des ministres n'incluera pas des dispositions phares: la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et l'instauration de sanctions contre les juges pour faute professionnelle. "Pourquoi le projet du garde des Sceaux qui vient d'être déposé ne retient-il pas la réforme promise ?", a-t-elle demandé.
Elle a dénoncé des "intentions affichées et un projet de loi sur la justice qui fait l'impasse sur cette question". "Soit l'idée était mauvaise et elle est inapplicable, soit le gouvernement manque de courage et une fois de plus manque à sa parole et met en contradiction ses actions et ses actes", a-t-elle souligné. "Une fois de plus on a une démonstration flagrante du fossé entre le discours et les actes", a-t-elle conclu. Comme pour la contredire, Dominique de Villepin a annoncé dans la foulée que la réforme de la justice comprendrait bien un volet "sur la responsabilité des juges".
Elle persiste sur la Turquie
Au cours de cette journée, Ségolène Royal s'est aussi déclarée favorable à la limitation dans le temps à deux mandats pour tous les élus, chef de l'Etat compris, et favorable "à la réforme du statut pénal du chef de l'Etat". Elle a aussi plaidé pour la mise en place de "jurys de citoyens tirés au sort" afin de surveiller l'action des élus. Elle a précisé dimanche soir être pour "la limitation à deux mandats consécutifs pour le président de la République" et une limitation "dans le temps" pour les autres mandants d'élus.
A propos du référendum sur l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, elle estime que "la moindre des choses c'est de dire à l'avance que tout chef d'Etat respectera le verdict du peuple français". "Lorsque certains s'effarouchent à la seule phrase selon laquelle mon opinion est celle du peuple français, c'est dire le fossé qui s'est creusé entre certains responsables politiques et le peuple. Moi je n'ai pas peur du peuple, au contraire je le respecte", a-t-elle dit.
(D'après agence)
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