Royal juge Sarkozy "pas crédible"

le 13 octobre 2006 à 18h59 , mis à jour le 13 octobre 2006 à 22h10

"Quand on a le pouvoir, on doit en faire quelque chose, sinon demain comment sa parole sera-t-elle crédible ?", s'est interrogée depuis la Réunion la députée des Deux-Sèvres.

TF1-LCI, Ségolène Royal le 12 octobre 2006Ségolène Royal le 12 octobre 2006 © LCI

Ségolène Royal entre désormais dans le vif du sujet. Elle avait prévenu il y a quelques jours qu'elle répondrait désormais coup pour coup aux attaques. Jeudi, elle a ainsi indiqué à ses deux rivaux socialistes qu'elle pourrait ne pas participer à tout les débats s'ils se transformaient en pugilat. Vendredi, c'est à Nicolas Sarkozy qu'elle s'en est pris en commentant son discours tenu la veille à Périgueux. "On croit rêver", a déclaré la candidate à l'investiture socialiste. "S'il a des bonnes idées, qu'il les réalise ! Quand on est au pouvoir, c'est pour en faire quelque chose". "Le numéro 2 du gouvernement, le chef du principal parti au pouvoir, fait des annonces comme s'il était sur un voilier, à 10.000 km d'un pays qu'il s'apprêterait à reconquérir", a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes.

Nicolas Sarkozy a promis "une nouvelle République", dans son discours jeudi soir et a avancé des propositions dans les domaines notamment de l'éducation, du fonctionnement de l'Etat, de la justice et des inégalités homme-femme. "C'est se moquer du peuple de ne rien faire du pouvoir dont on est dépositaire", a estimé Ségolène Royal à propos du ministre de l'Intérieur. "C'est aussi la démonstration que s'il était à nouveau dépositaire d'un pouvoir, il n'en ferait rien", a-t-elle dit au second jour d'une visite à la Réunion.

Un virage à 180 degrés

Ségolène Royal a souligné que Nicolas Sarkozy était ministre des Finances dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin lequel a adopté une réforme des retraites "qui a fait reculer de manière drastique les droits des femmes (...), réforme qui a remis en cause les droits des femmes à l'accès à la retraite".

L'un de ses proches, le député Gaëtan Gorce, a de son côté affirmé que "les déclarations du président de l'UMP traduisent un retournement systématique dans son expression, dès lors qu'il aborde les questions de la République, de la solidarité et de la fonction publique."  "Après avoir mis en cause le 30 août devant le Medef notre Pacte social, il change d'orientation à 180 degrés à Périgueux en affirmant que la République, ce doit être le partage des fruits de la croissance" souligne-t-il.

Chikungunya : l'appel à Chirac

En visite à la Réunion, Ségolène Royal a "solennellement" interpellé le président de la République vendredi sur le virus du chikungunya, dénonçant le manque de mesures prises pour éviter une reprise de l'épidémie avec l'été austral. "J'interpelle solennellement le président de la République", a lancé la présidente de la région Poitou-Charentes, lors d'une rencontre avec des militants associatifs luttant contre la maladie, à Saint-Paul, une commune de l'ouest de l'île. Se déclarant "stupéfaite" du manque de mesures prises pour anticiciper le retour probable du moustique responsable de ce virus, Mme Royal a parlé de "l'urgence et en même temps la simplicité des solutions". "La République française a quand même les moyens de payer des vaporisateurs anti-moustiques à toutes les familles de la Réunion", a affirmé la candidate à l'investiture du PS pour la présidentielle.

le 13 octobre 2006 à 18:59
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