Ségolène Royal © LCIDepuis que la course à l'investiture socialiste pour la présidentielle est officiellement lancée, chacun des trois candidats n'oublie pas qu'une élection interne se gagne aussi à gauche. Même si le PS compte désormais 80 000 nouveaux adhérents sans doute moins marqués idéologiquement, la règle reste de mise. Ainsi, si Ségolène Royal a construit depuis un an sa popularité en marge du parti avec des propositions qui tranchent avec le socialisme traditionnel, l'un de ses porte-paroles n'a pas manqué de rappeler vendredi matin qu' "elle est beaucoup plus à gauche que beaucoup de candidats sur un grand nombre de questions sociales, environnementales et altermondialistes".
Pour Arnaud Montebourg, elle se montre "rénovatrice" sur les questions de la République, ce qui en fait "une candidature rénovée à gauche". Il a fait valoir aussi que la députée des Deux-Sèvres "s'attaque aux structures sur le terrain de la démocratie sociale", notamment en plaidant pour "un syndicalisme de masse". "Le rééquilibrage, ce n'est pas que le Smic, mais aussi l'organisation durable de rapports sociaux différents", a ajouté le député de Saône-et-Loire, une pierre dans le jardin de Laurent Fabius qui a fait de la hausse du salaire minimum l'un des pivots de sa campagne.
"La démagogie, ça rend plus à gauche ?"
L'une des soutiens de l'ancien Premier ministre a justement mis en garde vendredi matin sur LCI sur le positionnement du futur représentant de l'opposition à la présidentielle. Marie-Noëlle Lienemann a voulu rappeler que la gauche "était variée" et qu' "il serait mortel de prendre des positions politiques qui rendent politiquement impossible le vote d'un certain nombre de nos électeurs". Et de déplorer "la ligne grosso modo blairiste" de Ségolène Royal. La députée en a profité pour lancer un appel à Jack Lang : "Dans la fidélité à François Mitterrand, à une certaine idée de la politique" et parce qu'"il connaît les couches populaires du Pas-de-Calais, Jack Lang devrait voter pour la gauche du parti et pour Laurent Fabius", a-t-elle dit.
Jeudi soir, le troisième postulant à l'investiture s'est exprimé sur Canal+ sur cette question du positionnement en posant une question : "Je ne prends pas les Français pour des imbéciles auxquels on peut raconter n'importe quoi, a affirmé Dominique Strauss-Kahn. Est-ce que la démagogie ça rend plus à gauche ? Je veux dire la vérité, et ce que je dis qu'on peut faire, on peut le faire". Notant que souvent en France on n'était pas réélu après une mandature, il a estimé que c'était "parce qu'on raconte n'importe quoi". L'ancien ministre de l'Economie fait de la crédibilité de ses propositions un argument majeur pour convaincre les militants de le choisir comme candidat le 16 novembre prochain.
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