
Après une semaine de tensions entre ses partisans et les chiraquiens, Nicolas Sarkozy a choisi de ne pas répondre aux attaques jeudi soir lors d'un meeting de pré-campagne à Périgueux. Tout juste a-t-il affirmé au début de son propos qu'il se portait "garant de l'unité de la majorité et que s'il le fallait, il serait unitaire pour les autres car il ne laissera personne voler la victoire" en 2007. Objectif du président de l'UMP, prendre de la hauteur et plaider pour une "République réelle" par opposition à une "vision incantatoire" du modèle républicain.
Devant près de 5000 personnes, le ministre de l'Intérieur s'est fait le chantre pendant une heure et quart du volontarisme en politique dans un discours aux accents gaulliens. Le "miracle" français est aujourd'hui menacé, a-t-il lancé. "L'Etat s'abîme dans l'impuissance, la nation s'abîme dans la repentance, la République dans le communautarisme, les discriminations, le chômage". "Comme en 1958, il faut refaire l'Etat. Sauf que le problème aujourd'hui n'est pas dans la Constitution. Il est dans les comportements, dans les façons de penser, dans la manière de gouverner" a-t-il affirmé, en plaidant de nouveau pour "la rupture".
Défendre le France qui travaille
Multipliant les "je veux", "je propose", Nicolas Sarkozy a fustigé ceux " qui ne croient pas en la capacité de changer les choses" car "la République, ce n'est pas proclamer des principes que l'on n'applique pas". Voulant réveiller la fierté nationale, il a affirmé ne pas vouloir laisser "le monopole de la République" au PS et celui de la nation à l'extrême-droite. Selon lui, "la France est prête à faire des efforts pour mieux intégrer ceux qui viennent d'ailleurs, pour leur donner des droits, pour lutter par tous les moyens contre les discriminations. Mais elle ne veut pas accepter le communautarisme".
S'adressant tantôt aux électeurs de droite, tantôt aux franges de la population, des classes moyennes aux classes populaires, sans oublier les fonctionnaires, le président de l'UMP a rappelé "ce en quoi il croit" et formulé des propositions. A la droite, il a répété maintes fois sa défense de la valeur travail "contre l'égalitarisme et l'assistanat". "Je défendrai la possibilité pour chacun de léguer à ses enfants en franchise d'impôt le fruit de son travail" a-t-il affirmé. Aux fonctionnaires, il a assuré qu'il n'aimait pas "la façon dont on parle d'eux" et promis de faire en sorte qu'ils soient "mieux payés et mieux considérés".
Aux femmes, il a notamment proposé que le temps passé à l'éducation des enfants soit "intégralement pris en compte" pour le calcul des retraites. Enfin, affirmant "qu'il y avait en France beaucoup trop de travailleurs pauvres", il a proposé que les heures supplémentaires soient exonérés de charges salariales pour que "ce ceux qui veulent travailler davantage puissent le faire".
Pour un jury populaire en correctionnelle
Nicolas Sarkozy a tenu aussi à s'adresser aux magistrats. "Je veux dire aux juges que je sais à quel point leurs conditions de travail sont difficiles, à quel point leurs moyens matériels et humains sont insuffisants", a-t-il affirmé. Mais l'indépendance de la justice ne peut les exonérer d'avoir à rendre des comptes au peuple", a-t-il ajouté, en faisant cette proposition : "introduire un jury en correctionnelle, pour les affaires les plus importantes".
Après la Marseillaise et d'ultimes applaudissements, le patron de l'UMP a ajouté quelques mots improvisés. "Je veux m'adresser à tous les Français sans aucune exception. Je veux faire revenir dans le camp républicain ceux qui en sont partis, non pas parce que Le Pen les a séduits mais parce nous les avions désespérés. Et je veux m'adresser aussi à tous ces électeurs sincères de la gauche, qui sont à gauche parce qu'ils ne peuvent se résoudre à l'ordre immobile mais qui ne peuvent accepter le discours si archaïque du Parti socialiste", a-t-il ajouté. La démarche de personnalités "engagées à gauche et qui m'ont rejoint me touche profondément et je veux remercier Pascal Sevran d'être parmi nous", a-t-il conclu.
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