Les trois candidats cultivent leur style

le 19 octobre 2006 à 22h17 , mis à jour le 20 octobre 2006 à 06h43

Royal dans le registre de "la proximité", DSK dans celui de la pédagogie, Fabius dans les convictions anti-libérales : à Clermont-Ferrand, chacun a tenté de faire entendre sa différence.

[Expiré] [Expiré] dominique strauss-kahn ségolène royal laurent fabius primaires © AFP/T.Zoccolan

3000 personnes. Assises sur des chaises, des gradins ou entassées sur des marches. Une salle comble. Les militants étaient au rendez-vous, jeudi soir, à Clermont-Ferrand, pour le premier débat régional entre les présidentiables PS. Et les caméras étaient bannies. Mais le débat est resté courtois, voire aseptisé, et les trois candidats, loin de s'ignorer, se sont donné à plusieurs reprises du "Ségolène", du "Dominique" et du "Laurent"...

"Merci pour votre chaleur, pour votre ferveur", lance à 21h Ségolène Royal, désignée par tirage au sort pour prendre la parole en premier. La favorite des sondages s'en est prise sans détour au système bancaire français, l'accusant sous de vifs applaudissements de "faire du profit sur le dos des pauvres". "Les riches ont le moyen de renégocier leurs prêts, les pauvres croulent sous les tarifications bancaires", qui sont "un vrai scandale". Selon la présidente de la région Poitou-Charentes, qui répondait à une question sélectionnée par les organisateurs, il faut "remettre de l'ordre sur les tarifications bancaires (...), interdire les publicités scandaleuses qui plongent des familles dans le surendettement". Ce passage de son intervention a été, de loin, le plus applaudi.

Strauss-Kahn en champion d'une gauche de "la vérité"

Dans son intervention liminaire de 20 minutes, la députée des Deux-Sèvres a jugé qu'il fallait "mettre fin à l'insupportable distance entre les discours et les actes, qui sape la confiance en la politique". Elle a souhaité aussi "mener une campagne participative, ne pas seulement convier les citoyens pour des meetings, mais répondre à leur soif de participer, leur prouver qu'ils comptent pour quelque chose, les remettre au coeur du projet". "Car de cela dépend le pacte social que nous aurons à nouer pendant cette campagne, et le prochain président de la République aura la responsabilité de tenir sa parole sur ce pacte social", a-t-elle ajouté.

Dominique Strauss-Kahn s'est quant à lui présenté comme le champion d'une gauche de "la vérité", seule à même de ne pas décevoir pour avoir trop promis. "Nous devons changer le rapport de la politique à la vérité dans notre pays. Non, on ne distribuera pas plus que l'on a produit", a affirmé le candidat à l'investiture, invitant ainsi les socialistes à ne pas négliger la production de richesses au profit de leur redistribution.

Fabius : "ne pas mettre ses pieds dans les thèmes" de la droite

Selon lui, il faut "cesser de faire croire que les socialistes veulent fuir dans le déficit, car la dette publique c'est payer des intérêts, et alors, l'effort de redistribution est presque annihilé par la dette publique". Le député du Val d'Oise a revendiqué la capacité de la gauche à assurer "une bonne gestion des finances françaises". "Je ne veux plus que la gauche élue soit chassée apres cinq ans" de gouvernement, ce qui implique de mener une action patiente et persévérante pour changer les choses progressivement. "Il faut dire qu'il faut du temps pour mettre en oeuvre les réformes", a-t-il ajouté. DSK a dit qu'il fallait aussi "que nous donnions un nouveau souffle au socialisme, un nouveau souffle a la gauche, un nouveau souffle a la France". "Ce que je propose aux Français, c'est la France d'après Nicolas Sarkozy", a déclaré Dominique Strauss-Kahn.

Lanterne rouge dans les sondages auprès des sympathisants - mais ce seront les militants qui voteront -, Laurent Fabius, très souvent applaudi, est celui qui a le plus mobilisé la salle, en usant de ses talents reconnus de tribun. Il s'est fait l'avocat tranchant d'"une politique offensivement anti-libérale", la seule orientation capable de faire gagner la gauche en 2007 et de faire oublier l'échec de Lionel Jospin en 2002, selon lui. Il a invité la gauche à "ne pas mettre ses pieds dans les thèmes" de la droite, le plus sûr moyen à ses yeux de courir à l'échec.

D'après agence

le 19 octobre 2006 à 22:17
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26 Commentaires

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  • Cis, le 20/10/2006 à 09h34

    DSK et la vérité ! je vous le dis la vérité d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier !c'est clair !Aujourd'hui on ne vous ment plus !

  • Candide, le 20/10/2006 à 09h32

    Je souris avec la fumisterie des 35 heures car l'élite continue à bosser 50/60 heures si c'est pas plus et le bon peuple obéissant à le droit de n'en faire que 35 !!!!Finalement les syndicats sont peut-être de méche avec les cadres dirigeants et les élites qui ns gouvernent,!Rappelez vous , Blondel en tête, avec un chauffeur qui dépassait le nbre d'heures requis et sa femme au travail -Madame Blondel-!!!!??les français devraient pouvoir travailler le temps qu'ils souhaitent et être payés en conséquence !le pouvoir d'achat de la france d'en bas s'en trouverait mieux portant !c'est ça la france "participative"!!!

  • Ydrah, le 20/10/2006 à 09h23

    "Peuple de france avec tes 35 heures au boulot tu as le temps de m'aider à gouverner la france "cela pourrait être un bon plan !!

  • Hadry, le 20/10/2006 à 09h22

    Ce qui me fait sourire avec les 35 heures mis en place par la gauche :c'est de voir que la france d'en bas obéit "travaille 35 h" tu pourras profiter de la vie ! et la france d'en haut continue à travailler au-delà du raisonnable !Pourquoi ?

  • HAD, le 20/10/2006 à 09h20

    La raison des 35 heures :c'est pour permettre au bon peuple de "participer"à la politique participative !

  • Danie, le 20/10/2006 à 09h16

    Ségoléne n'aura qu'à faire une bonne mouture de l'ensemble des propositions et faire son programme sur le tout en évitant les erreurs commises !Impérativement une femme au pouvoir !

  • Albanie, le 20/10/2006 à 09h14

    Démago, démago quand tu nous tiens ....

  • Albert, le 20/10/2006 à 09h01

    De l'aveu des journalistes, FAbius a été le plus tranchant et le plus applaudi... Pourquoi, donc, ne lui consacrer systématiquement que la place la plus réduite dans les commentaires?? "Fabius a été le meilleur", mais "les lignes ne bougent pas", etc. Pourquoi ce décalage dans les discours des journalistes, par rapport à la réalité que perçoivent les militants?

  • Sartre, le 20/10/2006 à 08h44

    Y a-t-il moyen pr corriger 1 faute d'orthographe sur 1 réaction déjà partie?

  • Sartre, le 20/10/2006 à 08h41

    Les médias se sont-ils concertés pour NEANTISES des candidatures potentielles,ou réelles,AUTRES que celles du PS et l'UMP,? par ex BAYROU QUI fait 1tabac ds les électeurs qui surfent(et évitent les lavages de cerveau "télés")?

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