L'Assemblée nationale © TF1/LCIDominique de Villepin s'est déclaré "profondément attaché au rassemblement de son gouvernement et de la majorité", mercredi à la sortie du Conseil des ministres. Le Premier ministre, qui ne s'exprime habituellement pas dans la cour de l'Elysée, a du faire ce commentaire au moment où de nouvelles tensions apparaissent entre chiraquiens et sarkozystes. Elles ont été attisées mardi soir par une visite symbolique de Michèle Alliot-Marie à la Grande Mosquée de Paris pour la rupture du jeûne de ramadan - lieu où s'était déjà rendu Nicolas Sarkozy en sa qualité de ministre des Cultes. A cette occasion, la ministre de la Défense, qui laisse planer le doute sur une possible candidature, a vivement critiqué la discrimination positive chère à Nicolas Sarkozy ("parce que je suis opposée aux discriminations", a-t-elle justifié) et les quotas qui "sont contraires au principe d'égalité de notre République". Mercredi matin sur Europe 1, sans lever l'ambiguïté sur ses intentions, elle a indiqué qu'elle regardera "très objectivement" la situation début 2007 avant d'annoncer une éventuelle candidature
Mise en garde de Xavier Bertrand sur LCI : "deux candidats UMP au premier tour, cela veut dire aucun candidat UMP au second". Pour sa part, Alain Juppé, qui va retrouver son mandat de maire de Bordeaux, s'est dit "disponible" s'il pouvait "servir à réunir" l'UMP, tout en réaffirmant qu'il ne recherchait "aucune responsabilité nationale". L'ancien Premier ministre était interrogé sur France Info sur les propos de François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, qui a estimé qu'il était "en mesure de calmer le jeu" au sein de l'UMP et "d'empêcher des aventures personnelles" en 2007.
Rumeurs d'orage chez les élus UMP
Calmer le jeu : c'est ce que n'a pu faire mardi le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, en lançant un rappel à l'ordre, lors de la traditionnelle réunion de son groupe avant le début des questions au gouvernement. Bernard Accoyer a demandé "solennellement au Premier ministre" de faire respecter "l'unité" du gouvernement, après les tensions des jours derniers. "On ne peut pas être unis en fin de semaine et ne pas l'être la semaine suivante", a-t-il lancé, rappelant que la semaine dernière, les députés UMP avaient "fait bloc" derrière le gouvernement pour voter le projet de loi GDF, contesté par une partie du groupe. Nicolas Sarkozy, souffrant d'une "migraine" selon ses proches, n'était pas présent à cette réunion, pas plus qu'au petit déjeuner hebdomadaire de la majorité le matin même à Matignon.
Les piques se sont multipliées ces derniers jours. Dominique de Villepin répète qu'il n'a pas d'ambition présidentielle mais refuse de dire s'il pourrait ou non être candidat. Suscitant l'agacement de Nicolas Sarkozy : si Dominique de Villepin veut être candidat, "qu'il le dise", a lâché lundi le leader de l'UMP. Conséquence de ce jeu de petites phrases: les députés UMP, surtout les sarkozystes, s'inquiètent de plus en plus et le font entendre.
"La stratégie" de Dominique de Villepin "n'a pas de sens. On a fixé des règles (pour désigner le candidat à la présidentielle, lors d'un congrès le 14 janvier). Il n'y a aucune raison que ces règles soient remises en cause", s'est exclamé mardi Yves Jégo. "Un certain nombre de gens veulent jouer une autre partition que celle de l'UMP et de Nicolas Sarkozy. Tout cela n'est pas très raisonnable, si on ne veut pas courir à l'échec en 2007", a renchéri Dominique Paillé. Les députés villepinistes, comme Hervé Mariton ou Jean-Pierre Grand, revendiquent eux le "droit au débat".
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